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C’est la question que l’on serait tenté de se poser au regard des tiraillements et des querelles de clocher, à n’en pas finir, entre les partisans de Mamadou Sylla et ceux de Youssouf Diallo pour le contrôle du Conseil national du Patronat guinéen. La cacophonie et la confusion qui règnent, aujourd’hui, au sein du Conseil national du Patronat guinéen amènent beaucoup d’observateurs à se poser une foule de questions pertinentes. Les autorités guinéennes ne devraient-elles pas prendre leurs responsabilités en amenant, par la persuasion, les Patrons du pays à parler d’une seule voix et accepter d’enterrer définitivement la hache de terre ? Ne faudrait-il pas accepter qu’il y ait plusieurs organisations patronales en Guinée, comme c’est le cas au Sénégal par exemple ? En tout cas, des mesures concrètes devraient être prises pour remédier à cette situation qui est loin d’honorer notre pays. Dans un passé plus ou moins récent, tous ceux que l’on présentait comme des patrons, donnaient l’impression d’une relative cohésion dans leurs activités. Un président élu, en la personne d’Elhadj Mamadou Sylla, PDG du Groupe Futurelec, dirigeait tant bien que mal le Conseil national du Patronat. Mais lorsque ce dernier a commencé à avoir des ennuis judiciaires, certains membres du Patronat ont estimé que, pour une question de crédibilité de leur organisation, il fallait laisser l’Homme d’affaires de Dixinn-Bora régler ses affaires avec la Justice, au lieu de faire de la présidence du Patronat une quelconque préoccupation. Ces « dissidents » se sont ensuite retrouvés en assemblée extraordinaire pour élire un nouveau bureau exécutif. Elhadj Youssouf Diallo, jusqu’alors vice-président du Patronat, a été propulsé à la tête de l’organisation patronale. Une élection que les partisans de Mamadou Sylla ont qualifiée d’illégale. Et depuis cette « Révolution de palais », force est de constater, avec beaucoup de regrets, que la vie du Conseil national du Patronat rime de jour en jour avec la cacophonie et la confusion. Les deux camps antagonistes, avec leurs soutiens respectifs dans l’administration publique et au niveau des syndicats, continuent de se livrer une guerre de tranchées qui ne dit pas encore son nom. Les observateurs indépendants, les institutions nationales et internationales, les médias publics et privés, les ambassadeurs accrédités en Guinée ne savent plus à quel Patronat se fier. Chaque cérémonie devient aussitôt un véritable casse-tête pour les organisateurs, dès lors qu’il est question pour eux, d’inviter un ou des membres du Patronat guinéen. Aujourd’hui, quand on parle du Patronat guinéen, la première question qui vient automatiquement à l’esprit est celle-ci : « Patronat tendance Mamadou Sylla ou version Youssouf Diallo ? ». Il serait vraiment souhaitable qu’une solution définitive soit trouvée à cette situation qui contribue, dans une certaine mesure, à ternir davantage l’image de la Guinée. Si les partisans de Mamadou Sylla et ceux de Youssouf Diallo choisissent de ne plus fumer le calumet de la cohésion et de l’entente, les autorités compétentes devraient tenter, par tous les moyens légaux, de mettre de l’ordre dans le fonctionnement du Conseil national du Patronat guinéen. Le cas échéant, l’on pourrait par exemple encourager la création de plusieurs organisations patronales dans le pays, pourvu qu’elles veuillent toutes respecter scrupuleusement les règles et principes en vigueur dans le monde du travail et des affaires. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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