vendredi 29 février 2008
Et le prix du riz ?

Bientôt 12 mois après l’arrivée du gouvernement dit de «  large consensus », les prix des denrées alimentaires restent toujours les mêmes ou presque. Jusqu’à ce jour, il faut encore compter cent cinquante mille francs guinéens pour s’acheter un sac de riz. Que sont donc devenus les espoirs nourris par le peuple au terme des sanglantes insurrections populaires de janvier- février 2007 ?

Parmi les revendications des grèves de janvier et février 2007, la révision à la baisse du prix des denrées alimentaires était l’une des priorités. Et pour qui connaît l’aliment de base du Guinéen, voir le prix du sac de riz de 50 kg baisser  était donc le souhait le plus ardent du peuple. On s’était donc lancé dans la bataille avec plein d’engagement. Puisqu’on songeait à un changement au bout du compte. Et comme un seul homme, le peuple s’est levé pour réclamer le changement. Les populations ont subi la répression militaro-policière. Avec à son comble plus de 150 morts et des milliers de blessés.

Ce fut donc une véritable tempête qui a secoué jusqu’à la dernière racine le baobab politique du pays. Le jeu se calma avec l’arrivée d’un Gouvernement qui a tant fait espérer le Peuple. Jamais, de mémoire de Guinéens, un gouvernement n’a été aussi acclamé et envié de la sorte. Les citoyens n’ont pas tardé à croire que le prix des denrées de première nécessité allait connaître une baisse spectaculaire. « Dans quelques jours, le sac de riz coûtera 50 000, 40 000 ou 25 000 FG », entendait-on hypothéquer dans les quartiers avec plein d’espoir. La rumeur selon laquelle le Premier ministre avait commandé des bateaux avec des tonnes de riz, a parcouru tout le pays. L’on avait foncièrement cru que la donne aurait changé dans quelques jours en faveur des rescapés de la grève.


Mais voilà ! Plus de 365 jours après la tragédie du 22 janvier, les Guinéens continuent d’acheter le sac de 50 kg de riz à 120 ou 150 000 FG selon la qualité. Les espoirs se sont donc envolés. La baisse du prix du riz est reportée aux calendes grecques. Le riz devient alors de plus en plus précieux. Dans un pays à 80% agricole, avec à sa tête un président réputé pour son attachement à l’agriculture. Quel paradoxe ! Que fait le gouvernement pour changer le prix du riz en faveur des populations qui n’ont d’ailleurs pas fini de panser leurs plaies de grève ? Surtout, que fait le ministre du commerce ?

En proie au monde très mafieux des opérateurs économiques, Mamady Traoré ne sait même pas sur quel pied danser avec les commerçants. Ces derniers se moquent toujours de la fixation du prix du riz.

D’ailleurs ce ministre du Commerce est l’un des ministres qui communiquent le moins dans l’équipe Kouyaté. Or le Peuple du 22 janvier 2007 continue d’avoir faim, parce que le riz se vend toujours aux enchères. Avant la grève on achetait le sac du riz à plus de cent mille. Après le même sac coûte plus de cent mille. Quelle est donc la portée de cette grève ? s’interroge-t-on dans les quartiers. A chacun d’observer les choses et de donner sa réponse.

Tonguino Faya Bernard

L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mamane Kaba, samedi 1 mars 2008
MOI JE PENSE TRÈS SINCÈREMENT QUE LA POLITIQUE AGRICOLE DE NOTRE PAYS EST À REVOIR. LA GUINÉE A DES TERRES FERTILES QU`IL FAUT, POUR NE PAS QUE LES GUINÉENS AIENT FAIM. JE PENSE QU`AU LIEU DE DEPENSER, CHAQUE MOIS, DES MILLIARDS DE FG POUR IMPORTER RIEN QUE DU RIZ, POURQUOI NE PAS INJECTER CET ARGENT DANS LE DEVELOPPEMENT EFFECTIF ET EFFICACE DES CULTURES TELLES LA POMME DE TERRE, LE FONIO, LE "DJABÈRÈ" ET "BANTARA" AU FOUTA DJALLON, LE "KOU", LA PATATE, LE MANIOC ET LE MAIS EN HAUTE GUINÉE, LE RIZ, LES DIFFÉRENTES SORTES DE BANANE EN GUINÉE FORESTIÈRE, ET EN BASSE GUINÉE: LES FRUITS, LA PATATE, LE RIZ, LE MANIOC, ETC. CELÀ PERMETTRAIS AUX GUINÉENS DE NE PLUS ATTENDRE, À CHAQUE FOIS, L`ARRIVÉE DU BATEAU, EN PROVENANCE DE L`ASIE. D`AILLEURS JE PENSE QU`ON DOIT CHANGER D`HABITUDE ALIMENTAIRE EN GUINÉE. NOUS DEVONS CONSOMMER PLUS DE PRODUITS CULTIVÉS EN GUINÉE QUE CES PRODUITS VENUS D`INDIENS, DE THAILANDAIS ET DE JE NE SAIT OU ENCORE. IL FAUT SORTIR DE CE PIÈGE, MIS EN PLACE PAR LES DIFFÉRENTS GOUVERNEMENTS MAFIEUX QUI CE SONT SUCCEDÉS EN GUINÉE, AFIN DE POUVOIR DETOURNER DE L`ARGENT. IL FAUT ABSOLUMENT QU`ON SORTE DE LÀ. LE GOUVERNEMENT DOIT SUBVENTIONNER LES AGRICULTEURS QUI S`IMPLIQUERONT DANS LA CULTURE DES PRODUITS CITÉS PLUS HAUT, CE QUI DIMINUERAIS LE PRIX À LA CONSOMMATION; LES PROTÉGER CONTRE TOUTE CONCURRENCE, EN INTERDISANT OU EN TAXANT TRÈS FORT TOUTE IMPORTATION DE PRODUITS SEMBLABLES CULTIVÉS SUR PLACE; RECOMPENSER ANNUELLEMENT LES MEILLEURS AGRICULTEURS ET CELÀ SANS DÉMAGOGIE ET SANS FAVORITISME; CHANGER, CHANGER ET SURTOUT CHANGER D`HABITUDE ALIMENTAIRE, LE RIZ DOIT DEVENIR UNE DENRHÉE SÉCONDAIRE ET CELÀ EST POSSIBLE EN GUINÉE, OÙ ON PEUT VIVRE SANS LE RIZ. NOUS NE MÉRITONS PAS D`AVOIR FAIM EN GUINÉE. DONC REFUSONS LE PIÈGE DE LA MAFIA POLITICO-COMMERCANTE QUI NE FAIT GRAND CHOSE POUR QUE CELÀ CHANGE, CAR ELLE GAGNE PLUS EN NE FAISANT QUE LE COMMERCE DU RIZ QUE DE S`IMPLIQUER DANS LE DÉVELOPPEMENT D`UNE QUELCONQUE CULTURE EN GUINÉE.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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