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Comme des connivents allant opérer une razzia, la communauté du lobby international a condamné le nouveau pouvoir de Conakry, mais sans clairement élucider les vraies raisons qui les dérangent tant. On s’abrite derrière des principes universels qui, malheureusement, n’avaient plus cours en Guinée depuis 26 années. Tant que les intérêts protégés n’étaient pas écorchés, tout semblait bien se passer, en dépit de la misère, de la violation flagrante des droits les plus élémentaires de l’Homme.
Et subitement et brutalement, des patriotes et militaires, de surcroît, se sont invités à la table des convives du festin funeste. Mais ils ne veulent pas pactiser, parce qu’ils parlent un autre langage, dont le vocabulaire est « pauvrement » : la patrie, lutte contre l’impunité de la corruption, restauration de l’autorité, révision de certains contrats…. Quels diables, ces militaires !
Ça fait peur ! A qui et pourquoi ?
Oui, depuis la décolonisation, dès qu’un dirigeant africain veut se démarquer de la ligne de la condition imposée par des diktats des puissances économiques, il devient la pègre. On le diabolise. Les livres de tous les dogmes de la déclaration universelle des droits de l’Homme sont ouverts. Des considérants y sortent et s’alignent. On s’inquiète de la situation.
Or, ces crédos chantés et qu’on veut lui appliquer comme principes « éclaireurs » sont emballés dans une enveloppe d’obscurité, ici et là, où le Président est « l’ami » parce que vigile des investissements occultes de ces maîtres et érudits d’une autre humanité : celle qui ne protège par les populations, mais des intérêts.
Allons-nous pour cela abdiquer, pour offrir nos pays sur l’autel où on élève notre souffrance ?
Continuerons-nous à avoir peur des sanctions, en hypothéquant notre propre existence ?
N’est-il pas vrai que ce qui, de l’obscurité, va vers la lumière, finit toujours par être éclairé et donc discerné ? Il serait intéressant que les Guinéens prêtent attention aux différentes déclarations émanant des propriétaires ou Etats propriétaires des sociétés implantées en Guinée. Il est inutile de dire que ces derniers ont suffisamment et longtemps protégé le système Conté. Nous nous en étions étonné, nous les profanes. Lisons attentivement cette :
Déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères et Européennes. Paris, 22 janvier 2009
Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères et Européennes a fait les déclarations suivantes : « Nous avons appris avec inquiétude la multiplication des arrestations arbitraires de membres de la communauté d’affaires expatriée en Guinée.
Nous exprimons notre préoccupation face à cette situation et appelons les autorités guinéennes à respecter le cadre légal et les droits individuels, y compris dans leur lutte contre la corruption et l’évasion fiscale, qui constitue naturellement un objectif légitime et un élément nécessaire au redressement de ce pays » ./.
Que dire après la lecture ?
Ce n’est pas le bonheur des Guinéens qui intéresse nos juges démocrates. Sinon, les crimes les plus ignominieux ont été perpétrés contre les Guinéens, sous diverses formes, sans réactions, sous le système Lansana Conté. Même de simples déclarations comme c’est le cas maintenant ne nous auraient-elles pas soulagés ? Par contre, à l’époque, nous avions eu des carpes face à nos plaintes.
On «s’inquiète», « parle d’arrestations arbitraires ». Que veulent les auteurs de telles déclarations ?
Voilà la démocratie qu’on veut nous vendre forcément, sans dire, imposer !
Jacques Kourouma pour www.guineeactu.com
Paris, le 23 janvier 2009
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