mercredi 24 février 2010
Esquisse d’un programme de transition démocratique pour la Guinée
Diaby Kalifa

Diantre, qu’il est difficile de faire entendre une autre voix dans ce concert d’hypocrisie et d’opportunisme politique et social !

Il faut faire des élections présidentielles dans 6 mois, pour le reste, circulez il n’y a rien d’autre à voir ni à dire.

Et pourtant, aucune société qui se voudrait démocratique, ne peut faire l’économie du débat, n’en déplaise aux prophètes de la pensée mécanique.

Que faire pour faire comprendre à cette prétentieuse élite politique, intellectuelle et économique guinéenne que l’obsession présidentielle est un handicap dangereux pour une démocratisation sereine et effective de la Guinée?

Il faut noter que derrière cette obsession se cache toujours le malaise d’un peuple qui au lieu d’apprendre à se responsabiliser et à se prendre en charge, est toujours à la recherche d’un improbable messie.

L’homme providentiel. L’homme magique. Ce président mi-humain mi-Dieu qui va comme par magie donner aux Guinéens tout ce qu’ils attendent et tout ce qui leur manque. Cet homme n’existe pas! Il n’existera jamais !

Un pays, une nation se démocratise et se développe par une dynamique d’ensemble. Un processus cohérent et harmonieux, qui prenne en compte la globalité des problématiques.

Il n’est pas question de faire preuve d’une quelconque naïveté ou extrémisme politico-philosophique.

Mais les réussites démocratiques se conçoivent et se perçoivent à travers le processus politique et social qui les enclenche.

Ce qui n’est à mon sens pas le cas avec cette hystérie et monomanie électoraliste et présidentialiste.

Un programme de transition qui ne tourne qu’autour de l’élection présidentielle prouve si besoin en était à quel point la surdité politique et sociale ( supplantée par une idéologie internationale) est en train de mener ce pays dans l’impasse et vers une démocratie purement formaliste qui met sous le tapis les véritables enjeux politiques et sociaux auxquels notre pays doit faire face s’il veut construire une démocratie solide, paisible et prospère.

La démocratie plus que son contenu, demeure avant tout comme un processus singulier qui consiste à donner à chaque citoyen la légitime possibilité de participer à la définition et à la mise en œuvre de ce qui concerne son destin. Car la démocratie est une philosophie qui donne autant d’importance au fond qu’à la forme, autant au contenu qu’au contenant !

Il y a pourtant des Guinéens qui pensent autrement que les monomaniaques de l’élection présidentielle, et qui ne sont motivés par aucun intérêt singulier autre que celui d’apporter leur petite pierre à l’édification d’une société démocratique respectable et effective.

C’est pourquoi je pense que, vu la situation guinéenne, vu sa fragilité, vu son histoire il conviendrait d’adopter une démarche qui permettrait de mieux réussir cette transition si capitale pour la Guinée.

Il faut structurer cette transition en cinq phases.

Comme je l’ai toujours dit et défendu, si la volonté des autorités de transition est sincère, si ces autorités font preuve de neutralité et d’impartialité, alors pourquoi prendre le risque d’une précipitation dangereuse?

Vu que la Guinée s’est déjà dotée d’un gouvernement de transition nationale et qu’elle s’apprête à mettre sur pied le conseil national de la transition, il sera préférable de ne pas hâter les choses et de créer les conditions nécessaires pour une démocratisation sérieuse et profitable à tous.

C’est pourquoi je m’en vais proposer les différentes étapes qui permettront de mieux réussir cette rupture historique:

1° étape : Le référendum constitutionnel.

Ici nul besoin de rentrer dans d’interminables querelles juridiques pour savoir si le conseil national de la transition a la légitimité ou pas d’adopter la nouvelle Constitution guinéenne. Différents points de vue gardent leur logique. En ce qui me concerne, je n’ai jamais été favorable à la possibilité de donner au CNT ce droit fondamental d’adopter la nouvelle constitution. Ma position, au delà des arguments juridiques, se base surtout sur une logique politique et symbolique.

Il me semble qu’au regard de l’histoire guinéenne, il serait hautement nécessaire de saisir cette occasion afin de faire participer librement et démocratiquement tout le peuple guinéen à ce moment historique et symbolique qu’est l’adoption du corpus fondamental de notre vivre ensemble.

Et quelle meilleure occasion que le référendum constitutionnel. C’est pourquoi je plaide pour que le CNT soit l’organe chargé d’ouvrir le débat constitutionnel de mettre en ordre les idées pour laisser au final le peuple décider par un vote référendaire de son adhésion ou pas à notre nouvelle Constitution.

2° étape : Les élections locales.

Toute meilleure démocratisation se façonne à partir de la base. Et quoi de mieux que les élections locales pour ancrer les fondements, tant sociologiques que culturels, d’une nouvelle société libre.

Le local est un élément essentiel de toute démocratie nationale. Avant l’élection présidentielle il serait souhaitable de permettre d’abord aux Guinéens de choisir pour la première fois et de façon totalement démocratique avec toute la liberté qui sied à cette démarche, leurs représentants locaux (toutes les institutions électives locales déjà existantes et éventuellement celles auxquelles la nouvelle Constitution pourrait donner naissance…).

Et cela pourrait être une preuve donnée aux Guinéens de la rupture politique qui s’engage. Par ailleurs les élections locales permettront aux différentes formations politiques de mesurer leur assise locale.

3° étape : Les élections législatives.

L’Assemblée Nationale demeure par excellence le lieu d’incarnation de la souveraineté populaire.

Il serait donc plus cohérent et plus logique de désigner des représentants de la nation chargés de voter les lois et de contrôler l’exécutif avant l’élection présidentielle.

Il semblerait incongru de laisser une structure en l’occurrence le CNT, à la légitimité moindre et fragile, contrôler et juger les choix et les actions d’un organe (l’exécutif) objectivement et souverainement investi par un vote populaire.

Par ailleurs, un des avantages de cette démarche est de sortir les Guinéens de l’obsession présidentialiste en leur faisant comprendre que les nations ne sont jamais faites par un seul homme mais par un ensemble de structures, de logiques, de principes et de symboles.

Les querelles présidentielles sont les poisons des politiques africaines !

4° étape : L’organisation d’un forum de réconciliation et de consolidation nationale.

Les Guinéens ont besoin de parler. Les Guinéens ont besoin de se parler.

Ce forum pourrait être l’occasion sans chercher de bouc émissaire, pour le peuple de Guinée de tout mettre à plat afin de se pardonner et de partir sur de nouvelles bases.

Je pense qu’au regard de l’histoire guinéenne tout projet d’audits, d’accusations, ne ferait que fragiliser et envenimer la situation. Ce d’autant plus que tout audit sérieux en Guinée n’épargnera quasiment personne.

Et pour cela, il nous faudrait une prison géante pour y mettre la quasi-totalité des Guinéens pour corruption passive et/ou active.

Sans vouloir manquer de respect à personne, ni accuser personne, il serait extrêmement difficile de trouver en Guinée, parmi ceux et celles qui ont eu à occuper des hautes fonctions publiques ou privées, à qui on ne trouvera rien à reprocher (par activisme ou par passivité).

Et d’ailleurs comment auditer dans une société qui à fouler au pied les pratiques étatiques les plus élémentaires? Un pays dans lequel, par courtisanerie et par lâcheté, un fonctionnaire peut signer, ou faire disparaître n’importe quel document sans savoir ce dont il s’agit !

A la place des audits, il serait préférable d’opter pour ce forum qui permettra à tout un chacun de se faire entendre si nécessaire et de se faire pardonner si besoin en était.

Les grandes nations pour avancer ont eu besoin de tourner sans jamais les oublier les pages les plus sombres et les plus dramatiques de leur histoire.

Il me semble même qu’il devrait revenir à ce forum de définir de façon transparente et démocratique quels sont les faits et gestes qui pourront bénéficier du pardon national et ceux qui devraient faire l’objet de traitements judiciaires civils et pénaux.

En ayant à l’esprit cette règle capitale qui sera d’éviter de désigner à la vindicte populaire des boucs émissaires idéaux.

5° étape : L’élection présidentielle.

On y est, c’est le cœur, malheureusement, de tout le conflit politique guinéen. Cette élection pourrait avoir lieu une fois que les trois précédentes étapes auraient été franchies avec succès.

Ce choix permettra d’une part dans cette période si fragile de reporter (et pourquoi pas d’éviter !) les conflictualités politiques futiles et dangereuses ; et d’autre part de permettre à la Guinée d’avoir une assise politique et démocratique qui lui donnera les moyens de résister aux dangers que recèlent les compétitions présidentielles en Afrique.

Il est d’ailleurs impensable et inadmissible d’imaginer que la Guinée puisse exclure du vote qui permettra de désigner son futur président démocratique, ses citoyens vivant à l’étranger.

 

Cette hypothèse prouve d’ailleurs si besoin en était à quel point les responsables politiques guinéens sont prêts à sacrifier les principes les plus élémentaires de toute société démocratique qui se respecte pour avoir leur fameuse élection présidentielle.

Et comment la communauté internationale qui dit se battre pour la démocratie pourrait accepter qu’on puisse exclure des millions de personnes au seul motif de respecter un délai qui a été fixé sans jamais prendre en compte tous les éléments de la problématique guinéenne.

Sauf à croire qu’en bons nègres les Africains en l’occurrence les Guinéens ne méritent pas mieux que cette démocratie au rabais. Une démocratie de façade !

En respectant ce processus de transition ainsi que les étapes mentionnées, la Guinée peut se donner le temps de se préparer sérieusement pour la réussite de cette transition.

Dés lors, le gouvernement en accord avec le CNT pourrait prononcer la dissolution de toutes les institutions électives locales et annoncer des nouvelles élections dans les 6 mois à venir.

Trois mois plus tard pourront avoir lieu les élections législatives.

Les élections présidentielles pourront intervenir 3 autres mois plus tard après la fin d’une conférence de réconciliation nationale qui sera constituée par les représentants de toutes les collectivités locales élues et de l’ensemble des députés, etc.…

Il est légitime pour les partis politiques de vouloir conquérir et accéder aux plus hautes responsabilités publiques. Et l’élection reste le moyen le plus souhaitable à cet effet.

Mais les élites politiques, économiques et intellectuelles ne doivent pas prendre la Guinée et les Guinéens en otages en leur imposant leur calendrier sans aucun débat ni alternative possibles.

Et malheureusement on a parfois l’impression que c’est le cas !


Diaby Kalifa
Juriste


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Sékou Oumar Camara, samedi 27 février 2010
Chère Madame Safiatou, je comprends votre agacement face à ma disgracieuse et longue réaction! M`adressant à une dame, mon discours et moi-même aurions dû être plus polis! Toutes mes excuses donc si les termes employés ont pu vous choquer. Cette précision étant faite, permettez-moi d`attirer galamment votre attention sur le fait que `jouer tout rôle législatif en rapport avec le processus de transition` ne saurait signifier "adopter la constitution". Si les membres du CNT adoptent une Constitution en lieu et place du peuple, ils auront tout simplement ravi la souveraineté nationale au peuple. Ce qui, vous en conviendrez avec moi, serait inacceptable. En ce qui concerne les textes juridiques, je voudrais effectivement que vous leur accordiez leur juste place. La loi, c`est comme la morale ou la religion. Ce sont des règles faites pour les hommes. Or, autant nous avons des gens qui n`ont pas de morale, des gens qui ne respectent pas la religion mais aussi des gens qui violent la loi. Et, justement, ce qui s`est passé au Niger entre 2008 et 2009 est très illustratif de cette situation. A chaque fois qu`il a voulu s`acharner contre la Constitution, Tandja a été obligé de violer la loi parce que des HOMMES ont refusé de le suivre...Ce sont donc les députés et les juges de la Cour constitutionnelle qui ont "sauvé" la Démocratie nigérienne. Bien entendu, sur la base des textes juridiques! Pour ce qui est du reste, je vous prie de ne pas comprendre la phrase "les nigériens sont des gens..." comme signifiant que "les guinéens ne sont pas des gens...". Je n`ai pas entendu faire le parallèle sur cet angle. Nous, guinéens, sommes aussi des gens fiers et courageux...même si, jusqu`à présent, nous avons eu moins de chance que les nigériens. Nous pouvons donc légitimement les envier... Il n`y a aucun mal à cela. Bien à vous, chère Madame.
salimatou, vendredi 26 février 2010
Monsieur Sekou Oumar, c`est ma lecture de la lettre de mission adressée à la présidente du CNT qui me fait dire que le toilettage de la constitution fait partie de ses prérogatives ``jouer tout rôle législatif en rapport avec le processus de transition`` Est-ce que l`on peut aller aux élections sans constitution. D`autre part si les textes ne garantissent rien je me demande pourquoi les hommes déploient tant d`efforts pour les produire. Je suis contente de savoir que le Niger est ``un pays de gens fiers et courageux `` Pour ma part je suis entourée de guinéennes et de guinéens qui n`éprouvent aucun sentiment d`envie envers les nigériens.
Aziz Bah, vendredi 26 février 2010
Mr. Diaby, je suis entièrement d’accord avec vous la démocratie se construit à la base et non dans la précipitation. Mais seulement, la guinée n’a pas les moyens financiers d’organiser toutes ses élections suivant votre chronologie. Et puits, la situation actuelle nous interpelle tous en tant que guinéens de soutenir Sekouba pour la réussite de cette transition. Il est bien possible d’organiser les présidentielles en Juin et d’ailleurs c’est la meilleure des possibilités pour garantir une démocratie forte et réussie. Mon seul problème est de savoir pourquoi ne pas organiser les législatives et présidentielles à la fois, vu que nos moyens sont limités. Rien ne nous empêche d’organiser ces deux à la fois. NB : Depuis les USA, un promotionnaire du lycée 28 septembre et Wossou de Kindia.
Lamine Camara, Columbus, Ohio, vendredi 26 février 2010
A Mr. Sékou O. Camara, Autant pour moi, l’accord de Ouagua est l’œuvre du facilitateur Blaise et de la junte militaire. Cet accord a été approuvé par la classe politique et la société civile. Par ailleurs je vous trouve très optimiste avec le ‘RDV avec Mme Démocratie dans 25 ans’. Ca vous dit quelque chose la République de Haïti ?
Sékou Oumar Camara, jeudi 25 février 2010
A Mme Salimatou, je suis d`avis avec vous sur le fait que nous ne pouvons être d`accord avec la méthode pour sortir notre pays de l`ornière. Mme, vous oubliez, en effet, 2 choses. 1° Nulle part, vous n`avez lu que le CNT va élaborer une nouvelle constitution. 2° Si jamais le CNT devait être installé, disons demain matin pour gagner quelques heures, il devra avoir fini son travail dans un délai maximum de 2 mois. La CENI ayant choisi le 27 juin 2010, comme date du premier tour de l`élection présidentielle, il faudra que la campagne puisse s`ouvrir au plus tard le 26 mai; il faudra, logiquement, qu`à cette dernière date, nous ayons une constitution...Vous voyez bien que ce n`est pas gagné d`avance. Au surplus, vous faites erreur quand vous affirmez que les textes juridiques garantissent la démocratie. Ce n`est pas vrai! Ce sont les hommes qui font la démocratie, pour eux et par eux. Ce qui s`est passé au Niger n`était pas surprenant pour ceux qui connaissent un tout petit peu l`histoire et la sociologie de ce pays. C`est un pays de gens fiers et courageux. Naturellement, des ordures vous en trouverez partout. Même au Saint-siège! Ceux qui ont encouragé Tandja à se fourvoyer ont eu en face d`eux une classe politique, une société civile et une armée responsables et républicaines. En Guinée, l`activisme de la société civile est récent. Dans le temps, il remonte à 2006; Quant à la classe politique, que la société civile est justement venue épauler, le temps a fait son œuvre: des leaders de qualité (BA Mamadou, Siradiou, Alpha SOW) ont disparu sans que ALLAWALLAM n’est apprêter leurs remplaçants ; d`autres, comme Alpha Condé, Bah Baadiko, Bah Oury et Ahmed Tidjane Cissé sont, en quelque sorte, à bout de souffle et sont obligés de composer avec de nouveaux venus, qui n`ont pas nécessairement le même agenda que les pionniers de la lutte pour la bonne gouvernance...Quant à l`Armée, vous savez très bien que vous ne pouvez pas compter sur elle. Au Niger, c’est l’Armée qui a arbitré en dernier ressort. En Guinée, les événements tragiques du 28 septembre 2009 sont encore frais dans nos mémoires pour que l’on se rappelle les « hauts faits d’arme » de l’Armée Guinéenne ! Donc, aller aux élections pour aller aux élections, c`est nous jeter à nouveau dans une eau saumâtre. Qu’allons-nous y trouver? Dieu seul le sait. Mais mon petit doigt me dit que la baignade risque de se transformer en noyade ! N`oubliez jamais, Mme, que les textes juridiques ne valent que ce que les hommes veulent qu’ils valent ! Ils peuvent être des valeurs de référence comme on peut les fouler aux pieds. Un texte fut-il juridique reste un texte. C’est du papier. Les uns l’utilisent comme emballage de fortune pour toutes sortes de choses. D’autres s’en servent comme substitut bon marché au papier-toilette ! Nos gouvernants ne se sont jamais "laissé emmerder" par la loi. Sékou Touré et Lansana Conté n`ont eu de limites que celles qu`ils se sont eux-mêmes fixés! Dadis lui n`a pas eu de limites du tout! En tout cas, s`il en a eu, c`est celle que Toumba lui a fixée. Avec lui, les portes de l`enfer allaient certainement s`ouvrir en Guinée (Makanera)...Quant aux 2 premiers, seul Azraël a eu raison d’eux… A Lamine, je dis qu`il n`y a pas d`Accord de Ouaga, sauf à considérer que Sékouba a fait de la stipulation pour autrui (ce qui, à ce niveau macro-politique, serait anachronique) ou qu`il était le mandataire des Forces Vives (ce qui n`est manifestement pas le cas puisque le porte-parole du FFV à l`époque, JMD, a dit qu`il ne reconnaît pas la déclaration de Ouaga comme acte juridique)...Donc, ne mélangeons pas les choses. Si nous voulons effectivement aller de l`avant, il n`est pas encore tard pour bien faire. L`idéal serait que le CNDD cède pacifiquement le pouvoir à un nouvel organe de Transition...sous les auspices de la CEDEAO et des autres amis de la Guinée. C`est cet accord qu`il convient de chercher à signer...A Mme Salimatou et Lamine, je pense que comme moi vous observez justement que, ni le Président de la Transition, ni les 2 leaders du FFV désignés pour diriger les organes de la transition ne s`encombrent d`aucun scrupule vis-à-vis de ce qui est censé être la loi ou les "accords de ouaga". Sékouba nomme une syndicaliste à la place du religieux prévu par les textes. La syndicaliste bénéficiaire de la violation nous dit "c`est pas important; c`est le terrain qui compte...". Or, je parie que si c’était l’Imam de la Mosquée Fayçal ou l’Archevêque de Conakry qui avaient été nommés, il y aurait beaucoup de cris. Et pourtant, ce sont des religieux… Quant à l’Intelligent JMD, il ne reconnaît pas les "accords" mais il accepte d`être PM...RDV avec Mme Démocratie dans 25 ans, inch`Allah!
Amadou Damaro Camara, jeudi 25 février 2010
Le débat est biaisé par : Premièrement la consigne ferme donnée par certains leaders d’aller coute que coute aux élections et le plus rapidement possible, croyant en leur chance de les remporter. Ils oublient qu’il n’y a pas de banc présidentiel mais un seul fauteuil réservé pour un seul. Deuxièmement une prétendue haine contre la transition militaire qu’ils ont pourtant recommandé comme passage obligé. Et enfin le peu de souci pour ce qui pourra advenir du pays et de ses habitants. Je crains que les conséquences d’une élection bâclée soient pires que tout ce que nous avons connu jusque la. Je fais plus confiance à une assemblée des élus du peuple pour élaborer le portrait robot du futur président, de ses ministres, des institutions qui doivent être des contrepoids que de laisser cette tache à un président élu. Il m’est difficile de comprendre qu’on veuille aller au plus vite aux élections et au même moment on s’entredéchire pour des postes dans un gouvernement dont l’espérance de vie est estimé a 6 mois. Par ailleurs d’un point de vu purement logistique, c’est une aberration de vouloir organiser des élections équitables en Guinée au mois de juin. J’étais en Guinée du 15 Juillet au 7 octobre 2009.Il m’a pris 8 heures pour faire les 145 km qui séparent Kankan de Kérouané (route nationale No 1) dans une 4x4. Imaginez le reste du processus. Damaro
Lamine Camara, Colmbus, Ohio, jeudi 25 février 2010
Très belle analyse Mr Diaby! Mais le hic est que vous sembler oublier le politique. Le cadre politique de la transition est l`accord de Ouagua signé par le pouvoir militaire et co-signé par la classe politique. Toute déviation majeure de cet accord va nous plonger dans une transition sans fin dans laquelle de petits politiciens malins sans assises vont diriger le pays pendant des années en le pillant comme toujours. Un gouvernement élu démocratiquement (même dans 6 mois) n’est peut-être pas la meilleure forme de gouvernement, mais elle est meilleure à un gouvernement militaire et a un gouvernement de transition. Pour le reste, la démocratie est long processus surtout pour un pays comme la Guinée qui n’a aucune tradition démocratique.
salimatou, jeudi 25 février 2010
Mr Amadou Damaro Camara, je comprends votre inquiétude, nous voulons tous le bien de ce pays mais nous avons des approches différentes. La constitution que proposera le CNT pour le referendum déterminera le mode de gouvernance, ainsi aucun président ne fera de la guinée ce qu`il veut. Il faut donc que les pressions soient mises sur cet organe, afin qu`il accouche des textes qui vont nous éloigner des problèmes. Ce sont les textes juridiques qui ont fait échouer le président nigérien dans sa tentative de s`accaparer le pouvoir par ce que partout on s`est opposé à la modification de la constitution. Les institutions fortes mises en place par la constitution seront garantes de la pérennité de celle-ci. Encore une fois À mon avis le sort de notre pays dépend du travail de l`organe législatif de la transition le CNT ce dernier doit élaborer les textes juridiques aptes à doter notre pays d`institutions solides et efficaces
Amadou Damaro Camara, jeudi 25 février 2010
Mme salimatou avec tout le respect que je vous dois, je vais poliment m`opposer a votre argumentation. Vous croyez vraiment qu`il faille laisser au president d`un pays que vous meme traitez d`anormal initier la democratisation du pays? Par un revers de la main vous ballayez toutes les inperfections actuelles,vous vous refusez a toute sorte de balisage de la voie vers la democratie.C`est bien curieux merci Damaro
Mohmed Keita, jeudi 25 février 2010
M. Diaby tout ce que vous dites est vrai. Mais à Conakry vous savez le sieur Alpha Condé est en train d’embobiner le groupe de contact. Aller aux élection, élection, élection !!!!!!!!!!!!!!¨¨
salimatou, jeudi 25 février 2010
Monsieur Diaby, votre lutte pour la construction d`un système politique solide et viable dans notre pays est louable, ce pendent, vouloir tout régler avant la tenue des élections dans un pays comme le notre, risque de compromettre le processus de transition. Vous vous êtes demandé dans un premier article si les candidats malheureux reconnaitront le verdict, cette question et le fait que la plupart des partis politiques de notre pays soient des partis ethniques, ne peuvent pas être réglés à l`avance. Je suis parfaitement d`accord qu`il faut soumettre la constitution au référendum, et c`est faisable dans deux mois à mon avis, mais tenir les élections locales et législatives avant les présidentielles, me laisse perplexe, cela se fait dans un pays normal, la guinée n`est pas un pays normal. À mon avis le sort de notre pays, dépend du travail de l`organe législatif de la transition le CNT ce dernier doit élaborer les textes juridiques aptes à doter notre pays d`institutions solides et efficaces le reste sera fait par le gouvernement qui va être formé après les élections.
Amadou Damaro Camara, mercredi 24 février 2010
Mr Diaby je crains que vous ne soyez, comme meme d`ailleurs entrain de precher dans le desert. Plus le temps passe, la demonstration est faite que les politiciens dans leur grande majorite ne sont preoccupes que par la prise du pouvoir. Quand a la democratisation du pays ,elle attendra.Cependant il faut continuer de crier au scandal de la mafia politicienne qui est entrain de mettre le pays en coupe reglee.
Sékou Oumar Camara, mercredi 24 février 2010
Discours d`un citoyen de bonne foi préoccupé par l`avenir de son pays. Je trouve cette contribution très pertinente. Le seul hic, c`est que malheureusement, dans notre pays, bonne foi est synonyme de naïvété. Je ne pense que parmi les acteurs de la Transition beaucoup pensent comme M. DIABY. Tout ce beau monde veut aller aux élections, sans même savoir COMMENT Y ALLER. Notre situation est très préoccupante...

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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