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Le départ de M. Lansiné Kouyaté (LK) a dévoilé une autre facette cachée du Pays bien que certains eurent déjà tiré la sonnette d’alarme et condamné ces attitudes qui divisent la Nation. En effet, le limogeage de ce PM a laissé libre cours à des comportements de tribus, plus répandus que nous ne pensions et montré que le PDG est bel et bien vivant en embuscade pour s’emparer du pouvoir. Aucun Premier Ministre auparavant n’avait suscité autant de prises de positions subjectives à la limite de l’irrationnel. Preuve, entre autres, que ce que disaient ceux qui parlaient de conspiration pour s’accaparer illégalement du pouvoir par le clan Kouyaté semble fondé. Le système PDGiste a réussi à infiltrer presque tous les secteurs de la société. Est-ce une pure coïncidence que certains militaires se rebiffent dans l’Armée après que le LK ait honteusement boudé la passation de service ? La toile s’était si bien développée au point que ceux chargés d’intervenir sur le Net ont vite envahi l’Internet, avec probablement différents noms, pour nous faire croire que le seul problème de la Guinée est Lansana Conté et que Kouyaté faisait tranquillement son travail (sic). Leur stratégie consiste à rendre le Président responsable de l’impéritie du PM alors que l’évidence saute aux yeux. Et cela a l’air de marcher dans une certaine mesure vu la faible proportion d’articles contredisant cette version trompeuse et manipulatrice des événements. Un internaute a même poussé le ridicule jusqu'à affirmer que LK aurait réduit le taux d’inflation : quel est le rôle de la BCRG alors ? Sans parler du spécialiste en la matière, le ministre M. Doré. Et puis tout le monde sait que cette réduction a été plus conjoncturelle qu’autre chose en réalité. Peut-être que LK est comme le Camarade Sékou Touré, omniscient, pas seulement diplomate mais économiste aussi (ah bon!). Façon habile de nous diviser, créer la confusion et détourner notre vigilance du scénario catastrophe qui aurait permis le retour du PDG. Le Général s’est imposé sur nous pendant plus de vingt ans avec la complicité de beaucoup d’entre nous. Nous savons tous à quoi nous en tenir maintenant. Quant à M. Kouyaté dont le mentor Kadhafi préconise que «les dirigeants visionnaires soient élus à vie » (sans dire ce que "visionnaire" veut dire pour lui) aurait ramené le pays à la période d’avant 1984 pour le malheur de la majorité des Guinéens. Les mois passés sous sa direction, son attitude, celle de sa femme, les arrestations arbitraires et sa prétendue gestion financière des deniers publics parlent à suffisance du péril auquel nous avons échappé. Par ailleurs, personne ne mentionne le fait que LK avec un peu plus de cran aurait pu mettre notre Général en chômage technique en mars 2007 en imposant la "fameuse" feuille de route avec l’appui populaire qui s’étendait jusque dans l’Armée (Dieu merci, il n’a pas osé). Il a plutôt contribué à la tuer dès le début par tergiversations, manque de détermination et surtout excès de calculs politiques. Cela ressemble désormais à une lapalissade de dire que le vrai problème est Lansana Conté : apparemment, certains viennent de réinventer la roue. Quel est le rapport avec les actions coûteuses et calamiteuses de Lansiné Kouyaté qui a en quelques mois réussi à diviser le Pays plus que Conté en plus de vingt ans et de ce fait a permis à ce dernier de reprendre la main pour notre malheur ? Nous attendons les autres solutions qu’ils proposent alors pour démettre le Général. A voir la manière dont la manipulation pro Kouyaté marche et la réaction de certains Guinéens qui semblent oublier le passé et l’histoire des dictatures, nous nous demandons (par analogie à ce qui est dit pour l’économie) : est-ce que l’Histoire serait aussi stupide ? Autrement dit, se répèterait-elle? Allions-nous encore contribuer à installer notre bourreau ? Continuer à penser après avoir pressenti les ambitions et intentions de Kouyaté, que le vrai problème est Conté est une erreur de jugement impardonnable : ce sont des épiphénomènes l’un par rapport à l’autre. Vouloir persister à parler de Conté pour protéger Kouyaté est intellectuellement malhonnête et manipulateur. Ce sont deux problèmes tout à fait différents. Chaque chose en son temps, le péril actuel était LK tandis que le cas du Général que nous n’arrivons pas à faire partir depuis plus de vingt ans est une "chronicité " à laquelle nous nous sommes adaptés à défaut de mieux. Et puis nous, au moins, notre obsession du PDG est raisonnée, consciente et maîtrisée. La stratégie est ingénieuse, inspirée de la tactique Bush (vous êtes avec nous, autrement vous êtes contre nous - avec l’ennemi) : si vous condamnez Kouyaté, c’est que vous êtes avec Conté. Et bien, nous disons : non ! Nous ne choisirons pas entre Charybde et Scylla pour fracasser le bateau Guinée, sur sa voie du "changement" vers la démocratie : nous avons buté sur Charybde (Conté) et avons envoyé des missiles pour dégager Scylla (Kouyaté) de notre route pour pouvoir naviguer sans soucis une fois que nous aurons surmonté Charybde. Voilà notre réponse à ceux qui comptent nous manipuler. Finalement, nous nous rendons compte que la propagande est une arme puissante pour anesthésier la raison et la mémoire. Quand on est sérieux dans sa mission pour le Pays, on fait comme M. François Fall lorsqu’on est empêché. En terme d’actions symboliques de compétence, M. Sidya Touré a prouvé et montré la voie dans un contexte politique beaucoup moins favorable ; et tout le monde a été témoin de l’interférence évidente du Général Conté pour le freiner. Pour Kouyaté, il est très aisé de désigner le Général comme bouc-émissaire pour couvrir les échecs et intentions cachées de son leader pour embrouiller le peuple. En ce qui nous concerne, continuer à parler de Kouyaté est désormais une perte de temps. Nous espérons qu’il appartiendra désormais au passé : un mauvais cauchemar heureusement qui n’est pas devenu réalité. Pour nous : les (…) aboient et la caravane passe ! Nous concentrerons nos efforts sur le prochain gouvernement (là est le vrai défi) qui devra avoir pour mission immédiate et principale l’organisation d’élections libres et transparentes pour tous. Les électeurs pourront alors pour une fois depuis 1958 enfin dire leur mot ; bien que sur le plan social et la nation à bâtir, le travail est titanesque tant l’instinct de tribus est fort et bien implanté dans les mentalités : la saga Kouyaté vient d’ouvrir nos yeux sur la réalité en Guinée. Toute autre alternative ne sera qu’une supercherie de plus envers le peuple. Ibrahima Diallo - "Ollaid", Londres, UK
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