|
Au sein de l’état-major des forces armées, certaines voix s’élèveraient contre le déploiement d’un contingent de soldats guinéens dans la capitale somalienne, à la demande de l’Union Africaine. Comment dissuader le chef de la junte par intérim de tout envoi de troupes dans ce bourbier, telle serait en ce moment la démarche menée par des officiers auprès du général Sékouba Konaté.
Le président de la Commission de l’Union africaine M. Jean Ping compte sur la Guinée pour renforcer le contingent qui se trouve sur le front de guerre en Somalie. Les troupes de l’AMISOM qui comptent en ce moment 6000 hommes pourraient ainsi se retrouver à 8000.
De quoi tenir tête à la menace islamiste, avec des chabaab de plus en plus organisés et prêts à en découdre avec le gouvernement central et ses protecteurs.
Le diplomate a évoqué la question à la veille du Sommet de Kampala qui s’est déroulé en juillet dernier. Et le président Yowery Museveni avait profité de cette grand-messe des chefs d’Etat du continent, pour inviter ses pairs à ne pas mettre trop de circonspection dans le règlement de la crise somalienne.
Et qu’il fallait déployer des renforts pour bouter les milices Al-chabaab hors d’Afrique, étant quasiment tous originaires de l’Asie, selon le président ougandais encore sous le choc suite aux attentats perpétrés le 11 juillet dernier à Kampala. Des attaques revendiquées par les islamistes radicaux somaliens qui ont fait 73 morts.
Si cet envoi de troupes en Somalie est censé redorer le blason de notre armée, après les massacres du 28 septembre, qui se sont soldés par 156 morts et des dizaines de femmes violées, il n’en demeure pas moins que la question divise aujourd’hui l’état-major de l’armée, selon nos sources.
En effet certains officiers proches du général Sékouba Konaté, bien au fait du calvaire auquel la mission de l’Union africaine fait face, à Mogadiscio ; harcelée qu’elle est en permanence par les islamistes radicaux, tenteraient de dissuader le président de la Transition de toute idée de déploiement de nos hommes dans ce pays déchiré par la guerre civile depuis près de deux décennies.
Ces officiers dont nous nous garderons de citer les noms, craignent que nos soldats ne soient la cible d’attaques meurtrières de la part des terroristes. Chose qui pourrait aussi placer la Guinée sur la liste noire de ces bandes d’assassins, qui ne reculent devant rien.
Car bien qu’aguerrie dans l’imposition et le maintien de la paix à travers le continent, l’armée guinéenne une fois en Somalie, va s’essayer à l’épreuve de la guerre non conventionnelle. Qui est de combattre des terroristes.
Quand on sait que même la meilleure armée du monde peine à venir à bout des insurgés islamistes en Afghanistan et en Irak.
Pour ce qui est de la Somalie, les « boys » en ont gardé un souvenir amer.
Certains observateurs s’en souviennent encore, lorsque les milices avaient dans les années 90 tendu une embuscade à des marines américains dans les rues de Mogadiscio. Tuant des soldats américains dont les corps mutilés furent exhibés sur des chaînes de télévision aux quatre coins du monde.
Des images qui avaient choqué l’opinion américaine, de sorte que les GI’S furent rappelés à la maison.
Aujourd’hui, le commandant en chef des forces armées se trouve devant un dilemme cornélien, confie un habitué du palais.
Comment faire marche arrière, après avoir rassuré Jean Ping, qui compterait énormément sur l’expertise guinéenne, ou faut-il cependant exposer la vie de nos hommes, avec tout ce que cela comporte comme risques ?
Il revient donc au général de prêter ou pas une oreille attentive à ces « remarques et suggestions » de certains membres du commandement militaire.
MD Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|