dimanche 1 février 2009
Entretiens : « Comprendre l’Economie » (suite)
Ansoumane Doré

I. LE PRODUIT NATIONAL BRUT (suite)

 

Avant de parler des utilisations du produit national, situons le poids économique de la Guinée dans le cadre de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), quinze Etats.

 

Ce classement peut être fait en PNB ou en PIB. Je vais le faire ici, pour l'année 2006, en PIB par tête d'habitant en dollars USA, selon la Banque Mondiale. Les rangs de classement n'ont pas dû changer notablement. Ces rangs sont les suivants, (PIB/habitant en dollars) :

 

1. Cap-Vert...........           2130,

2. Côte d'Ivoire......            936,

3. Sénégal............               750,

4. Nigéria.............              640,

5. Bénin...............               540,

6. Ghana.............                 520,

7. Burkina Faso....              460,

8. Mali.................               440,

9. Guinée...........                410,

10. Togo.............                350,

11. Gambie........                 310,

12. Niger............                260,

13. Sierra Leone....            240,

14. Guinée-Bissau...          190,

15. Liberia................          140.

 

Quelle que soit la valeur de ces chiffres, on note que seule la mauvaise administration économique de la Guinée, justifie ce 9e rang, compte tenu de ces potentialités économiques, que les dirigeants guinéens n'ont cessé de clamer sur tous les tons.

 

Des pays classés, ci-dessus, après la Guinée, disposent aujourd'hui, de meilleures infrastructures qu'elle, dans nombre de domaines comme le réseau routier par exemple. C'est le lieu de se demander quels ont été les emplois du produit national guinéen.

 

II. LES UTILISATIONS HABITUELLES DU PRODUIT NATIONAL

 

Il s'agit des utilisations habituelles faites du produit national. Les biens dont dispose une nation chaque année, proviennent soit de la production nationale, soit de l'importation. Ils peuvent avoir quatre utilisations : les exportations, les investissements, la consommation des administrations, la consommation des ménages, c'est-à-dire des particuliers. 

 

1) Pourquoi faut-il exporter ?

 

Une partie du produit national guinéen, comme les produits miniers, est exportée pour nous permettre de nous procurer les monnaies étrangères (devises) avec lesquelles nous payons nos importations (pétrole, produits de consommation, automobiles, biens d'équipement, etc.).

 

L'augmentation du prix des biens importés constitue à cet égard un défi et une raison supplémentaire de développer les exportations guinéennes. Mais la corruption et l'opacité développées volontairement au sommet de l'Etat font que les exportations d'or et de diamants qu'on situe respectivement autour de 160 et 50 millions de dollars sont très mal connues mais constituent des lieux d'enrichissement illicite.

 

L'exportation de bauxite et d'alumine, même en baisse en terme de revenus depuis quelques années, semble plus sûre, en raison de la présence de partenaires étrangers. L'évolution d'ensemble des échanges économiques avec l'étranger se traduit d'année en année par une balance déficitaire. La valeur des exportations n'arrive pas à couvrir la valeur des importations. C'est ce qui contribue à alourdir la dette. Le commerce extérieur ne se traduit pour la Guinée que par une certaine dépendance, ne serait-ce que sur le plan alimentaire alors que le pays a besoin d'équipements pour la mise en valeur de ses ressources naturelles.

 

2) Pourquoi faut-il investir ?

 

Il faut investir pour maintenir en état, pour accroître et moderniser les équipements productifs, les équipements collectifs et les logements guinéens. Cet investissement doit être réalisé par les entreprises qui achètent du matériel ou de nouvelles installations, d'où la nécessité pour l'Etat de contribuer au développement du secteur privé. Mais l'administration doit aussi réaliser des investissements en construisant des routes, des écoles, des hôpitaux et d'autres équipements collectifs. Enfin les ménages (les particuliers) qui construisent des logements participent à l'investissement global du pays, source directe ou indirecte de production.

 

3) Que consomment les ménages ?

 

En économie, on appelle "ménage ", non seulement les ménages au sens courant du terme, mais aussi les personnes vivant seules (célibataires, toutes autres personnes vivant seules), ou en collectivité. Au fond les ménages constituent les unités de consommation. Les ménages concernent toute la population d'un pays perçue sous l'angle de la fonction économique de consommation.

 

La structure de cette consommation s'analyse à l'aide de coefficients budgétaires. Ce coefficient d'un bien donné dans la consommation globale est le rapport exprimé en pourcentage de la consommation du bien dans l'ensemble de la consommation. Les principaux postes examinés sont: alimentation, habillement, habitation, hygiène et santé, transports et télécommunications, culture-loisirs-distractions, divers. On peut par exemple dire que sur 100 francs consacrés à la consommation, 22 francs vont au logement, etc.

 

Dans l'utilisation du produit national guinéen, la consommation du plus grand nombre des ménages a toujours été sacrifiée à l'égoïsme de quelques uns qui sont précisément ceux qui sont aux commandes de la politique économique et sociale du pays car il n'y a jamais eu de véritable politique des revenus.

 

4) Que consomment les administrations ?

 

Les administrations utilisent une partie du produit national pour mettre à la disposition de la population des services comme l'Education-culture, la Santé-emploi, la Défense nationale, les Pouvoirs publics et l'Administration générale etc. Le coût de ces services peut être très élevé. En Guinée c'est lors de l'utilisation de la partie du produit national qui revient à l'Etat que s'organisent à grande échelle, les détournements de toutes sortes visés par les audits en cours.

 

Quoi qu'il en soit, le produit national guinéen n'a jamais vraiment bénéficié aux Guinéens, depuis cinquante ans.

 

Sous la Première République (1958-1984), il était pour l'essentiel consacré à la politique de prestige d'un homme, le Président de la République. Sous la Seconde République (1984-2008), il a servi à l'enrichissement personnel du Président de la République et de ses affidés.

 

(A suivre)

 

 

Ansoumane Doré

pour www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Bangaly Traore, lundi 2 février 2009
Tous ceux qui ont bouffe l`argent de l`etat vont rendre gorge,nous n`avons pas pris le pouvoir pour nous amuser,prevenait le president Moussa Dadis.Il faut pour notre pays,un systeme de recouvrement transparent,et un comite d`audit de surveillance des secteurs strategiques de l`economie.EN 50ans d`existence,le peuple n`est pas satisfait dans tout les secteurs de developpement,l`economie,l`education,la sante,l`eau,l`electricite,les transports,l`agriculture etc.A regarder la geographie de la guinee ,sans la corrpution et l`impunite le developpement est bien possible.les bailleurs de fontds sont des partenaires importants et incontournables,ils constituent un point d`appui pour notre pays.la solution pour le nouveau regime,c`est d`etre en accord avec les partenaires au developpement,pour recadrer la dette,maintenir la bonne gouvernance dans la gestion des ressources de l`etat

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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