|
« Si la Guinée tourne le dos à l’entente et au choix constructif pour marquer le pluralisme politique, il est évident que l’avenir ne sera pas brillant », dixit Oumar Ballet Diallo, leader de la nouvelle formation politique ADEGUI. Il s’est confié à Mohamed Aly Caissier Diallo à New York. Interview !
M. Diallo, pouvez-vous vous présenter aux lecteur ?
Je me nome Oumar Ballet Diallo. J’ai fais mes études supérieures à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée-ISSEG – Manéah et à l’université de Ohio Etats-Unis d’Amérique. J’ai travaillé au Corps de la paix américain en Guinée et au Sénégal, à l’UNICEF et dans les autres départements de l’état. Aux Etats-Unis, j’ai été organisateur politique pour les élections libres et transparentes en Floride, organisateur politique chargé des cartes d’électeurs à Cleveland, organisateur politique de campagne pour les élections législatives 2006 à Columbus Ohio. Ensuite, organisateur politique communautaire et recherche en Californie, organisateur international (syndicat) chargé des immigrants travaillant dans l’industrie des casinos dans le Mississippi. J’ai été co-chairman dans le Nord de Mississippi, de Barack Obama pour les élections présidentielles 2008. Je suis président et fondateur de l’ONG Communauté Internationale pour les Services Humanitaire qui facilite un partenariat de développement entre les Etats-Unis et l’Afrique. J’ai 42 ans. Je suis marié et père de deux enfants.
Quel est l’objectif de la création de votre parti politique ?
Lutter contre l’ethnocentrisme, instaurer une démocratie et l’état de droit. Le pays est riche mais la population est pauvre, cela est injuste. Donc, il faut inverser les données.
Le pouvoir politique guinéen se caractérise par l’injustice et le fait de conférer le droit de vote à tous les Guinéens de 18 ans ou plus, mais restructurer le droit au pouvoir à un groupe minoritaire refusant d’aller à la retraite au détriment des jeunes, aux femmes et aux plus méritants. Les partis politiques actuels sont à base ethniques.
Il est urgent de noter que la possibilité d’appartenir à un clan, à une ethnie, à une nation est légitime. Mais les volontés d’afficher l’une quelconque de ces entités comme étant le centre du monde ou une finalité est un leurre et un engagement dépassé.
Autrement dit, l’esprit du développement global ne se saurait accepter la volonté de placer une ethnie au-dessus de toutes les autres jugées inférieures. La voie la meilleure vers le salut réside dans le choix d’une ligne politique, économique et sociale clairement définie et correctement suivie au profit de tous les Guinéens. Car, un parti politique ne peut être l’image d’une ethnie qui se recherche à travers une identité culturelle. Il est plutôt le creuset où se fondent toutes les énergies pour conquérir le pouvoir politique pour le mettre au service du développement.
La Guinée a besoin d’une démocratie fondée sur un système politique respectant scrupuleusement les principes démocratiques, les textes fondateurs de l’Etat et de ses institutions, les libertés et droits fondamentaux des citoyens et le respect du bien public.
Lutter contre des discours politiques sans solutions, développer une idéologie guinéenne de travailler dur et honnêtement pour gagner sa vie, étudier dur avec des moyens à la portée de tous afin d’être compétitifs à l’échelle africaine et internationale. Nous devons donner de l’espoir et du courage à nos enfants en tant que Guinéen(ne)s pour se sentir confiants et fiers de dire aux enfants des autres nations « Oui, je suis Guinéen(e) ».
En particulier et plus important, si la Guinée tourne le dos à l’entente et au choix constructif pour marquer le pluralisme politique, il est évident que l’avenir ne sera pas brillant. Et ceux qui nous prêtent de gros défauts ne manqueront pas de célébrer la victoire de leurs arguments.
Quel est votre projet de société ?
Notre projet de société est de développer les services sociaux de base : l’eau, l’électricité, la santé, l’éducation, l’agriculture et la justice. Développer un environnement politique favorable aux investissements pour éliminer le pays à haut risque. Car, la politique et l’économie sont complémentaires, l’une ne peut pas se développer sans l’autre. Il faut amener des sociétés capables et qui ont l’expérience pour fournir l’eau et l’électricité à tous les Guinéens dans les quatre ans qui suivent, nous avons ces contacts et nous savons comment le faire au bénéfice de notre pays. Après 50 ans d’indépendance, le courant et l’eau ne doivent plus être un luxe pour le Guinéen.
Pour la santé par exemple, tous les enfants de 0 à 5 ans doivent avoir accès aux soins médicaux gratuitement et les accouchements doivent être gratuits sur toute l’étendue du territoire national, il faut construire des hôpitaux modernes à l’intérieur du pays mais pas seulement à Conakry, et doter les hôpitaux des matériels logistiques avec des ambulances pour facilite le transport des malades. On doit arrêter de renouveler ou acheter des voitures 4X4 à tout moment pour les membres du gouvernement alors qu’il y a des hôpitaux ou centres de santé qui n’ont même pas des ambulances.
Développer un programme d’assurance médicale pour tous les Guinéens.
Il faut restructurer la justice et les services de la police. Il faut une justice indépendante, responsable, transparente et équitable pour lutter efficacement contre la corruption, le banditisme, le détournement des biens publics ou la mauvaise gouvernance. La police doit être dotée des véhicules et des moyens de communication performants pour servir le pays en protégeant les citoyens et leurs biens.
L’agriculture est une priorité dans notre programme pour garantir l’autosuffisance alimentaire. L’Etat doit montrer l’initiative et subventionner les agriculteurs nationaux. L’Etat doit faire un programme d’exonération pour les agriculteurs afin d’encourager la production et l’exportation. Encourager les agriculteurs de développer un partenariat entre eux nationaux et ceux de l’étranger.
L’éducation primaire doit être obligatoire sur toute l’étendue du territoire national pour tous les enfants de 7 à 13 ans. Un service national chargé de patrouilles pendant les heures de classe doit être créé pour l’efficacité du programme. Construire des écoles, recruter des enseignants et promouvoir l’enseignement professionnel pour éviter de donner des contrats de constructions ou autres à des expatriés pendant que des Guinéens n’ont même pas à manger.
Le transport, public et privé, doit disposer d’infrastructures dignes de ce nom pour faciliter non seulement le transport des productions d’une ville à une autre mais aussi le mouvement de la population dans le pays. Pour la protection des travailleurs, il faut subventionner les organismes syndicaux et ONG ou association pour la protection des investissements privés et l’intérêt des employés. Instaurer un système informatique dans tous les départements pour faciliter le contrôle des biens publics et faire de l’administration de la Guinée une administration transparente dont les informations doivent être accessibles à la population. Développer une idéologie de responsabilité et de respect de la loi.
Quels sont les moyens financiers que vous avez pour faire face a une compagne qui s’annonce imminente ?
Ce parti a été crée par des Guinéens patriotes qui se trouvent partout dans le monde : en Guinée, dans les autres pays d’Afrique, en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. Nous avons mis à la disposition de notre parti les moyens que nous avons pour faire face aux activités de campagne. C’est un parti de mouvement irréversible pour le changement en Guinée et pour tous les Guinéens et surtout lutter contre l’ethnocentrisme instauré par nos politiciens. Car, tout Guinéen doit comprendre que ces élections prochaines représentent une opportunité à ne pas rater pour garantir l’avenir de nos enfants. Nous recevons des dons de la part d’autre Guinéens qui soutiennent ce mouvement patriotique et l’achat des cartes de membres. Nous demandons à tous les Guinéens de nous rejoindre dans ce combat noble et patriotique. Donc, nous sommes prêts à faire face à nos prochaines activités de campagne.
Après la mort du général Lansana Conte, des soldats guinéens ont pris le pouvoir par la force en violation flagrante de la loi fondamentale qui régit la constitution. Des leaders politiques qui aspirent à prendre le pouvoir par les urnes se rendent dans une garnison militaire pour féliciter ceux-là mêmes qui l’ont pris par les armes. Êtes-vous du même avis qu’eux ?
Un coup d’état n’est pas bon pour un pays et surtout un pays comme la Guinée. Mais, il faut se demander s’il y avait une constitution en Guinée. Et même s’il y en avait une, était-elle au bénéfice du peuple ou au bénéfice des clans au pouvoir, est-ce qu’elle était respectée ?
Dans la constitution, il n’est pas écrit qu’après la mort du Président de la République, il faut décréter un deuil national de 40 jours. Plutôt, il était écrit d’organiser des élections libres et transparentes dans les 60 jours qui suivent. Donc, si les membres du gouvernement, l’Assemblée Nationale et la Cour Suprême ont décrété un deuil national de 40 jours, s’il vous plait dites-moi quel est le pays dans le monde entier qui peut organiser des élections présidentielles crédibles en 20 jours. Ainsi, s’il y avait une constitution, elle a été violée par les gouvernants eux-mêmes avant que les militaires ne la violent aussi. Ensuite, les élections législatives auraient dû se tenir il y a des années de cela et chaque année le Gouvernement nous dit qu’ils ne sont pas prêts, qu’ils n’ont pas d’argent et si les militaires n’avaient pas pris le pouvoir, les élections présidentielles n’auraient pas vu le jour en Guinée avec les clans mafieux du défunt président.
Maintenant, nous devons oublier le passé pour se lever tous comme un individu pour que des élections libres, transparentes et crédibles aient lieu en Guinée dans les meilleurs délais.
Aujourd’hui des Guinéens applaudissent le CNDD et son président autoproclamé. Vous, en tant que leader politique, quelle est votre appréciation concernant la démolition des constructions des opérateurs économiques et la reprise par la force de ces domaines légalement achetés ?
Vous savez, il est toujours facile de détruire mais très difficile de construire. L’Etat ne doit pas démolir des constructions des citoyens et récupérer leurs domaines légalement achetés sans les dédommager. Pour moi, il est de la responsabilité de l’Etat de rembourser entièrement ou dédommager tous les citoyens guinéens qui ont été victimes de cette démolition depuis le temps de Lansana Conté jusqu’au CNDD. Si l’Etat ne peut pas construire pour ses citoyens et qu’il a mis des dirigeant irresponsables qui ont vendu les terrains de l’Etat à des citoyens guinéens, le gouvernement doit s’attaquer à ceux qui ont vendu les domaines mais pas démolir les constructions du Guinéen. Et cela n’importe pas que ce Guinéen soit opérateur économique, enseignant, médecin ou autre. Ce Guinéen a reçu des documents légaux du président de la CRD, président du district et/ou du ministère de l’urbanisme et de l’habitat. Donc, il incombe l’état guinéen de les rembourser tous. Et moi, si je suis président de la république, tous ceux qui ont des domaines légalement achetés et qui ont été victime des démolitions des deux régimes seront dédommagés. Je sais comment le faire, je sais où chercher les fonds et je le ferai.
La loi guinéenne interdit à ceux qui ont la double nationalité d’être candidat pour un poste électif. Êtes-vous prêt à renoncer à la nationalité américaine ?
Je n’ai jamais eu une double nationalité car mon ambition a toujours été de venir étudier, avoir de l’expérience et me retourner en Guinée pour mettre mes expériences au service de mon pays. Je peux être résident mais pas de nationalité. Donc, je suis Guinéen et resterai Guinéen.
Votre dernier mot.
Mon dernier mot est un message s’adressant à tous les Guinéens où qu’ils se trouvent dans le monde sans exception. C’est un message de patriotisme, de changement et d’espoir pour la prospérité de la Guinée toute entière sans distinction d’ethnie, de race, de religion, de région ou d’âge. Les Guinéens ont eu la meilleure chance de notre histoire et il faut que nous profitions au maximum de faire sortir ce pays de sa souffrance actuelle. Que les Guinéens ne soient pas manipulés ni par l’argent, ni par l’ethnie, ni par l’amitié ou par les relations familiales. Nous devons saisir cette occasion et la mettre en valeur pour les futures générations. Nous devons oublier le passé pour construire l’avenir comme l’ont fait les autres pays du monde. Nous devons nous pardonner.
Certes bien des mérites sont à constater quand on sait que tout système de gestion a ses erreurs et ses mérites.
Actuellement le regard ne doit plus être tourné fondamentalement sur le passé mais ce dernier doit constituer un repère dans l’histoire des deux Républiques pour permettre à chaque entité de tirer les leçons et de les transformer en projets de société pour bâtir une Guinée libre, responsable et fière de ses acquis.
Il serait bon pour chaque Guinéen de réaliser la meilleure récolte en transformant les semences pourries en semences rentables pour permettre au peuple de se nourrir, se soigner, se vêtir et envisager l’avenir sous de nouvelles auspices. Ces responsabilités incombent à tout Guinéen sans exception pour redonner à notre pays le visage et le contenu d’une nation prospère.
Si nos devanciers politiques ont des mérites certains et des faiblesses reconnues, les successeurs doivent dans tous les cas avancer en faisant des obstacles les solutions à nos problèmes, de nos différences un outil de dialogue et de nos ambitions une cause commune : le développement et l’unité nationale.
QUE DIEU BENISSE LA GUINEE – AMEN !
Propos recueillis par Mohamed Aly Caissier Diallo pour www.guineeactu.com
|