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Aboubacar Sylla, ancien ministre de l’Information et fondateur du Groupe de presse L’Indépendant-Le Démocrate et du Groupe scolaire Sylla Lamine n’est plus un homme à présenter. Aujourd’hui président de l’Union des Forces du Changement (UFC nouvellement agréé et dont le baptême du feu a eu lieu le lundi 27 juillet dernier, M. Sylla aspire à la présidence de la République. Il a expliqué par le menu les ambitions de son parti tout en se prononçant sur certains sujets brûlants de l’actualité nationale.
Au cours de cette conférence de presse, tenue dans un réceptif hôtelier de la place, le président de l’Union des Forces du Changement a explosé devant un parterre de journalistes les lignes de force de son engagement politique. Entouré par les membres de son Bureau politique, Aboubacar Sylla a expliqué que la Guinée a besoin d’un leadership avant de laisser entendre qu’il répond bien à ce portrait. « Nous sommes déterminés à faire la politique autrement », mentionne-t-il d’entrée. Selon lui, faire la politique autrement, repose sur quatre postulats. Il s’agit de promouvoir la démocratie au sein du parti avant de prétendre le faire à l’échelle nationale, rassembler les Guinéens sans distinction d’ethnie ni de région, promouvoir la promotion de la femme et des jeunes, et, enfin adopter une posture critique vis-à-vis de la gestion des autorités politiques actuelles.
Dans son exposé, le nouveau leader politique déplore la crise socioéconomique qui sévit dans le pays depuis plus d’un demi-siècle. Pour lui, le destin de la Guinée semble incertain et son avenir précaire. « …la Guinée n’a jamais connu une situation de crise aussi aiguë et profonde. Jamais le pays ne s’est rapproché à ce point de l’abîme et le désespoir a déjà gagné la quasi-totalité des populations », fait-il constater. Il indique en substance que tous les secteurs de développement sont affectés suite à des travers sociaux qui ont toujours gangrené l’administration guinéenne. Notamment, la corruption, les détournements, l’impunité, la gabegie financière et entre autres. « La démagogie et la corruption sont devenues les deux mamelles de notre pays qui sombre inexorablement dans la décadence… », Martèle le président de l’UFC.
Pour Aboubacar Sylla, si l’avènement de la junte au pouvoir a suscité au départ beaucoup d’espoir chez bon nombre de Guinéens, aujourd’hui force est de reconnaître que cet espoir s’amenuise du fait que le nouveau pouvoir ne « semble pas encore s’armer de la détermination à toute épreuve (…) capable de donner un sens au sacrifice ultime consenti lors des évènements de 2007 ». Ainsi pour lui, la Guinée a besoin d’un leader charismatique, intègre qui pourra soigner les maux dont souffre inéluctablement le Guinéen lambda. Il explique que l’UFC s’inscrit dans ce cadre pour amener la Guinée à faire son histoire et non de la subir. Le leader a mis l’occasion à profit pour revenir sur son passage à certains postes clés de l’administration qui a été couronné de succès.
Il renchérit que son parti se fixe de nombreux objectifs dont l’exécution pourra sortir la Guinée de son marasme économique et donner un nouveau souffle au développement de la Guinée. Ces objectifs se résument à la restauration de l’autorité de l’Etat, à la fondation d’un Etat moderne, la lutte contre la mal gouvernance, au maintien et à la promotion de l’économie libérale, au rétablissement des mœurs, etc.
Après cette présentation laconique du parti et de ses ambitions politiques, le leader de l’UFC s’est prêté aux questions des journalistes. Ainsi, s’agissant de la position de son parti par rapport au chronogramme, il dira que l’UFC est partant pour les élections en fin 2009. Toutefois, il fustige le comportement moribond des partis politiques qui n’arrivent pas à dénoncer les dérapages du pouvoir en place. Toute chose que son parti ne pourrait cautionner, confie-t-il. Il affirme par ailleurs que l’UFC montera au créneau pour fustiger tout comportement pervers des nouvelles autorités en place. « On ne peut pas nous bâillonner », confie le leader de l’UFC.
S’agissant de la problématique de l’armée guinéenne, Aboubacar Sylla est catégorique. Pour lui, la priorité des priorités de la transition politique c’est la refonte de l’armée. Selon lui, il faut faire des réformes profondes au sein de l’armée pour espérer bâtir un Etat démocratique en Guinée. Sinon, à l’en croire, rien ne servira d’aller aux élections au lendemain desquelles le président élu pourrait se voir un jour débarquer du pouvoir par un groupe de militaires.
Samory Keita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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