jeudi 20 novembre 2008
Ensemble nous sommes plus forts
Saïdou Nour Bokoum

Du 17 au 20 mars 2006, 25 Partis ont organisé des journées de Concertation qui ont abouti à l’adoption d’une importante résolution politique qui proposait des voies et moyens de sortie de crise. En juin 2006 et surtout en janvier-février 2007, le pays a été secoué par une véritable insurrection populaire qui s’est soldée par des accords tripartites. On connaît la suite. La montagne a accouché d’une souris : un gouvernement dit de consensus inaugurant un Premier ministre chef de gouvernement, qui a très vite été mis en touche par la reprise en main par le Président de la république et des clans qui gravitent autour de lui.

Nouvelle donne qui s’est consolidée par la mise en place d’un gouvernement dit de large ouverture. Ouverture qui s’est révélée être la porte ouverte à tous ceux qui avaient été censurés par le peuple debout de janvier-février, qui avait en vain réclamé un changement radical.

Aujourd’hui, il est temps que les Guinéens de l’Extérieur, marginalisés par les deux républiques, prennent ce qu’on leur refuse, qui est essentiel à la recomposition du tissu national, c’est à dire la place qui leur revient. Ils sont près de 3 millions, sinon plus, donc le tiers de la nation, avec les avantages collatéraux subséquents, notamment la contribution pour le tiers des revenus privés des ménages des Guinéens vivant sur le sol national.

Les Guinéens de l’Extérieur participent du dehors, au maintien difficile de la paix sociale, pendant que les ingrédients de la marmite sociale bouillent à près de cent degrés. Leur contribution à l’ébullition intellectuelle sur l’Internet a notablement nourri le débat et la réflexion politiques qui ont soutenu la « révolution » de janvier-février, sans parler de la solidarité financière substantielle qui a accompagné ce débat lors des journées mortes, journées de plomb. Pourtant contrairement aux légendes malveillantes « des Guinéens qui coulent des jours tranquilles au bord de la Seine à Paris ou du Potomac à Washington », ce sont d’humbles tresseuses d’Atlanta (U.S.A.), de Strasbourg Saint-Denis, de modestes tailleurs de Barbès à Paris, des « bana-banas » de Sandaga à Dakar qui, en ces circonstances historiques, ont vidé leur tire-lire, se sont dépouillés de leur minimum vital mensuel voire annuel, pour être dignes de la « Grève des battus » guinéens.(1)

Mais les choses ne seront plus jamais comme avant.

A preuve les émeutes récurrentes du « Golfe persique », dont on sait maintenant qu’elles s’étendent à tous les faubourgs du pays profond quand Bambéto, Cosa, etc., maintiennent la pression plus de 48h ou même certaines préfectures du pays profond qui donnent le ton (Dinguiraye, Labé n’avaient pas attendu ce fameux vendredi noir, le mot d’ordre de l’inter-centrale pour rallumer la torche des journées chaudes de janvier-février 2007.).

Bref, toutes les composantes de la nation ont joué leur partition sans qu’on voie le bout du tunnel. Il est donc temps que le tiers de la nation joue la sienne d’une seule voix, dans la diversité, la tolérance des différences d’approche. Surtout, il faut que la diaspora fasse entendre cette singulière note qui se fait attendre depuis la chute peu glorieuse de M. Kouyaté.

En effet il n’est pas honorable qu’après l’incompréhensible pause (ou pose ?) des Partis, des Syndicats et de la Société civile, de laisser le peuple sombrer la mort dans l’âme, dans le fatalisme grabataire. Devant la désespérance violente de la jeunesse des faubourgs, après tant de villes mortes, ce serait de la forfaiture de laisser faire la reprise en main par les forces conservatrices pendant qu’on assiste à la fragmentation, à l’ensablement des forces du progrès qui avaient accompagné le vaste soulèvement de janvier-février 2007.

Saïdou Nour Bokoum
Signataire de l’Appel pour des Assises des Guinéens de l’Extérieur
pour www.guineeactu.com

(1) « La grève des battus » (mendiants en wolof), titre d’un célèbre roman d'Aminata Sow Fall

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Pour signer la pétition, allez sur le lien URL suivant : http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=3333

Pour voir les signataires, allez sur le lien URL suivant : http://www.lapetition.be/list_signs.php?petid=3333&page=1

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Vos commentaires
Ibou, lundi 24 novembre 2008
Désolé cher Monsieur, ce n`est pas à vous de clore le débat. Vous ne l`avez pas ouvert, soyez donc cool et modeste d`autant plus que le grand frère Bocoum n`a toujours pas reconnu que son équation battùu= mendiant ne reflète pas la vérité. Soyez donc modeste
Ansoumane Doré, dimanche 23 novembre 2008
Saïdou Nour Bokoum a l`habitude de faire de bons textes et il a raison de dire qu`ensemble nous sommes forts.Il faudrait que nous en arrivions là.
Couleur-Tropicale, dimanche 23 novembre 2008
Je veux tout simplement dire que le débat est clos.
Ibou, dimanche 23 novembre 2008
Que voulez-vous dire couleur tropicale ? Merci de préciser le fond de votre pensée (histoire de clarifier davantage les choses, au risque de me répéter...).
Couleur-Tropicale, samedi 22 novembre 2008
Ô toi qui liras ces quelques maigres lignes! reviens sur terre en visitant le lien suivant : http://aflit.arts.uwa.edu.au/AMINASowFall79.html
Ibou, samedi 22 novembre 2008
Calebasse signifie aussi lékétt (c`est le mot qui est couramment employé par tout le monde ou presque). il fallait que je le précise pour ne pas déboussoler ceux qui, sur ce site, parlent ouolof. Merci
Ibou, samedi 22 novembre 2008
Bonjour Grand frère Bocoum (bonjour également à Couleur Tropicale qui a, manifestement, le sens de l’humour comme vous) Je maintiens ce que j’ai dit sur la signification de battù (qui se prononce battou). J’ajoute que ce mot signifie aussi gamelle ou encore calebasse en woloff pur,... Il ne signifie nullement mendiant. Pour désigner un mendiant, on dit yélwannkat (ou de façon impropre on dit Taliba (talibé) qui signifie normalement disciple ou élève en woloff pur…). Je suis évidemment sûr de ce que je vous dis car, malheureusement, je suis beaucoup plus à l’aise en ouolof que dans ma propre langue peule. Bref… Une petite précision pour finir : Mariama Bâ n’était pas ma tante. C’était la tante d’un de mes meilleurs copains d’enfance au Sénégal. C’est pourquoi en parlant d’elle, je dis souvent Tantie comme à l’époque (entre 1976 et 1980) où j’étais tout petit… Merci Doyen pour votre combat. Vous faites partie des rares personnes que j’ai plaisir à lire sur la toile. Jâam ak salaam (ak khéweul !)
Saïdou Nour ¨Bokoum, vendredi 21 novembre 2008
Mon cher Ibou, voici un extrait de "La grève des battù" : "Mour Ndiaye n`hésite pas à prendre des mesures draconiennes à l`endroit des MENDIANTS (souligné par moi,snb) qui encombrent les rues de Dakar, cela afin d`obtenir les faveurs du Président. Chassés hors de la ville, les MENDIANTS (souligné par moi, snb) se regroupent et s`organisent. Du coup, il devient de plus en plus difficile pour les habitants de la capitale de respecter les consignes du Prophète et de faire l`aumône aux pauvres, ce qui entraîne indirectement la fin de la carrière politique de Mour Ndiaye." Je crois bien que Aminata Sow Fall a lu au moins une fois son texte. Texte qu`elle a écrit directement en FRANCAIS et non en ouolof, enfin, je crois, vous êtes tellement tenace fiston avec votre doyen, que je doute de tout maintenant : qui a écrit ce texte, un nègre, maîtrise-t-elle le français et/ou le ouolof,y aurait-il une version ouolof, etc. , etc. A moins que ce soit la version filmée qui ait mal traduit le vocable battù ?
Saïdou Nour ¨Bokoum, vendredi 21 novembre 2008
OK,fiston ,c`est comme vous l`avez orthographié ! Merci pour votre pugnacité.
Couleur-Tropicale, vendredi 21 novembre 2008
Ô toi qui liras ces lignes ! j`avais cru un seul instant que j`étais le seul à faire le hululement du h(IBOU) sur le web.
Moussa Konate@ Toronto, Canada, vendredi 21 novembre 2008
Doyen Bocoum, Je n`ai nullement l`intention de polemiquer avec vous et mieux je vous vous voue un respect profond pour l’ainé et l’intellectuel que vous etes. Vous avez effectivement trouvé la reponse pour nous qui sommes de l`autre coté de l’atlantique. Il n’est pas aisé d’ecrire dans la langue de Moliere mais, nous faisons quand meme des efforts pour que le message passe et je crois que c’est l’essentiel. L’anglais occupe Presque 90% de ma vie de tous les jours et ça ne me derange pas. Pour revenir a la Greve des battus, c’est un roman que j’ai lu comme une si longue lettre de Mariama Ba (j’ecris le Ba avec accent parceque le nom de l’auteur s’ecrit ainsi). Quand à la correction de mon “S” dans rectification, je l’accepte et vous dis aussi que les erreurs de frappe ne denaturent pas un texte. Ce qui est prejudiciable, c’est citer un auteur en ne lui attribuant pas la bonne formule. Pour finir, je felicite tous ceux qui vivent dans des pays dont le français n’est pas la langue premiere. C’est un exercice difficile dont il faut saluer l’effort
Ibou, vendredi 21 novembre 2008
Permettez-moi de vous importuner une deuxième fois : tantie Marie ou Mariama Bâ (Paix à son âme) ne s`appelait pas Mariam. Vous le savez évidemment puisque vous êtes allé cette fois-ci sur google... Merci donc, si possible, d`écrire correctement son prénom et nom d`auteure pour permettre à la jeune génération qui n`a pas eu la chance de la connaître (voire, de la lire) de retrouver facilement son oeuvre : un prénom mal orthographié peut brouiller le lecteur potentiel. Jâam akh salaam !
Th.Hamidou Barry USA, vendredi 21 novembre 2008
Soyez modeste Mr Konate!Meme un Iman se trompes pendant la recitation de la fathia...seul jah est omniscient! take care!
Saïdou Nour ¨Bokoum, jeudi 20 novembre 2008
Pan sur mon bec ! Vous avez parfaitement raison M. Konaté. « La grève des battù » est bien de Aminata Sow Fall. Je crois que c’est « Une si longue lettre » qui est de Mariam Bah. Il suffisait d’un clic sur Google ! Je ne vous promets pas de ne plus m’emmêler les méninges à propos des auteurs et des titres. Je ne vous promets pas non plus de ne plus me livrer à des « dénonciations », à moins que vous m’en démontriez le rapport ( policier). Ah oui, j’attends de votre part la rectification de votre « rectification(s). Le clavier américain si c’en est un que vous utilisez, vous dispense des accents, pas des S. Enfin, vous semblez démontrer malgré vous, que la critique est facile, mais l’art difficile. Quant à la grammaire française, vous n’êtes pas le seul à en être tracassé, c’est dramatique chez les Anglo-saxons, les enfants coco la la, et j’en passe.. Merci quand même.
Moussa Konate @ Toronto, Canada, jeudi 20 novembre 2008
Mr Bocoum, la greve des battus n`est pas de Mariame Bah comme vous l`avez ecrit. Ce roman est plutot de Aminata Sow Fall. Une telle erreur de la part d`un ecrivain est aussi grave que vos denonciations. Nous attendons la rectifications.
Ibou, jeudi 20 novembre 2008
Bonjour Doyen, c`est juste pour vous préciser que "la grève des battu" est une oeuvre écrite par Aminata Sow-Fall et non pas par Mariama Bâ (vous avez écorché son joli prénom, ...Paix à son âme). En fait, Battu se prononce battou en woloff (vous savez, le petit récipient que les mendiants tendent aux passants...). Le battu ne signifie donc pas mendiant. bref...j`en profite pour vous faire part de mon admiration pour votre combat. Bonne continuation!
Moussa Konate @ Toronto, Canada, jeudi 20 novembre 2008
Revoyez votre copie M Bokoum. La greve des Battus n`est pas de Mariam Bah comme vous le pretendez, c`est plutot de Aminata Sow Fall. Cette erreur d`appreciation est grave pour un ecrivain. Faites attention prochainement avant de citer les auteurs. Merci

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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