Notre Général est parti de la manière qu’il était devenu notre Président. Ce qui me fit reprendre : « Qui prend l’épée, périra par l’épée. »
Désormais, c’est vers un avenir meilleur que les Guinéens se tournent afin que cinquante années de calvaire se résument en cette phrase : Nos souffrances n’ont pas été inutiles. Pour cela, nous devons inventer une nouvelle Guinée, et c’est possible !
C’est possible, si nous nous donnons les moyens et l’intelligence nécessaires. Il ne s’agit plus de s’arc-bouter à des relents ethniques. Un monde égocentrique dont le socle est la seule ethnie qui ne serait que la nôtre n’est que chimère. N’oublions pas très vite certaines ethnies ont fourni plusieurs ministres à notre pays et d’autres mêmes deux Premiers ministres. Ils ont aidé à vivifier la République aux gouvernements criminogènes. C’est inscrit dans les pages de notre histoire.
C’est possible, si nous ne versons pas dans l’excès face à l’interprétation ou l’analyse superficielle des faits dont la réalité échappe généralement à un grand nombre des troubadours qui s’improvisent muezzin d’un groupe social qui ne partage pas forcément leur démarche.
La politique n’est pas un parcours linéaire. Le discours qui la véhicule n’est pas parole biblique, ni coranique. Des dérapages, des bavures voire des fautes graves peuvent entacher sa production. Parce que l’Homme est mortel et que son œuvre n’est pas parfaite, quelle que soit sa politique, elle est estampillée par le caractère d’imperfectibilité. C’est à ce titre que les Hommes, qui prennent la lourde responsabilité de porter la conduite de la Nation, deviennent un symbole devant incarner des valeurs partagées par tous. Ils ne le peuvent l’être que si leurs compatriotes les soutiennent, qu’ils leur concèdent cette part humaine dans l’agir. Il faut régulièrement leur rappeler leur engagement.
Les valeurs républicaines et démocratiques sont une conquête permanente. Elles sont créatrices de la paix dans un climat de justice sociale, de partage du fruit du travail mérité soutenu par une solidarité entre les groupes sociaux, régions et les générations, de sécurité invitant à l’équité dans les échanges fertiles entre tous les citoyens afin que le pays devienne et demeure un vrai havre de paix.
Ce n’est pas parce qu’un individu d’un groupe, et d’ailleurs de passé trouble et troublant, a reçu la visite de militaires que son groupe social originaire serait marqué au pilori ? La nation à la saveur démocratique que les uns et les autres évoquent n’est pas malheureusement ce qu’expriment ces dernières réactions si disproportionnées, si graves quand elles appellent à la guerre. Il y a là un manque de responsabilité dans la lecture des faits et dans les prises de position à vouloir la démocratie. Ces dernières, après que Cellou Dalein soit abusivement visité par des militaires, trahissent, à bien des égards, la véritable raison indicible qu’une circonstance malheureuse a finie par faire éclore.
Cellou Dalein est un produit fini du système qui l’a nourri grassement et dont il s’est servi avec trop de gourmandise. Je voudrais que les audits annoncés me contredisent sinon me démentent demain !
Le Peulh que l’on voudrait défendre n’est pas celui-là ! Mais attendons de voir !
C’est avec amertume et écœurement jusqu’à frôler un dégoût que j’ai lu des hasardeuses sorties qui n’honorent pas les auteurs. Avant Cellou, il y a eu Mamadou Sylla. Avant ce dernier, il y a eu des anciens ministres. Nous n’avons vu, ni obtenu des réactions de qui que ce soit. Et pourtant la justice est universelle ! Parmi les tribuns de la fin de semaine écoulée, il y en a qui avaient applaudi des deux mains lorsqu’ils ont appris que Mamadou Sylla a été inquiété. Certains réclamaient son arrestation arbitraire, d’autres se tordaient ne le voir déjà dépouillé de ses biens. Pourquoi s’offusquer jusqu’à souhaiter une rébellion ethnique quand Cellou Dalein, vrai servant et serviteur de l’assassin des valeurs républicaines, reçoit la visite dite « musclée » des militaires ?
La Guinée est le bien à nous tous. Ce principe doit nous faire garder raison face aux événements. C’est bien pourquoi, en restant exigeants et intransigeants quant à la gestion des biens et de la sécurité de l’intégrité physique de tout citoyen, nous avons à adopter une attitude responsable avec des propos citoyens. Dans la logique, dénoncer les travers des gestionnaires de la chose publique, leur proposer des voies et moyens, surtout les canaliser pour qu’ils conduisent avec droiture la Guinée, restent une voie. Celle du tribalisme est la plus mauvaise parce qu’il dénature le débat et le vide de toute substantialité.
Il ne sert à rien de stigmatiser ou de se rendre victime. Le repli sur soi ou sur sa communauté n’est qu’une production stérile, car la construction de la nation appelle tous ses enfants à l’ouvrage.
Cette vérité engage chaque Guinéen à soutenir les nouvelles autorités dans un esprit de critique constructive et productive. Elle nous évite des velléités guerrières ou grégaires qui sont du registre moyenageux.
Donc ensemble, inventons le meilleur avenir pour la Guinée par une participation active et sans réserve à sa renaissance.
Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com