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Du 20 mai au 19 juin 2008, un mois (30 jours) juste, l’Etat guinéen ne disposait que d’un gouvernement-bis car, dès lors que Lansana Kouyaté avait été limogé par le Chef de l’Etat, son gouvernement aurait dû automatiquement démissionner, conformément à l’esprit du protocole d’accord signé le 25 février 2007. Mais hélas! Le pouvoir est un vin qui ne produit d’effet qu’à la lice. Voilà, après cette période d’absence d’un exécutif légitime, excusez-moi, de « recréation » , que la liste du gouvernement de « large ouverture », sous l’autorité de tout-nouveau Premier ministre Dr. Souare, vient d’être rendu publique hier soir, le 19 juin 2008. La composition du présent gouvernement tant attendu, a provoqué plus de perplexité que de critiques ; aussi bien dans l’opinion nationale qu’internationale. Bien que les uns soient d’ores et déjà sceptiques sur l’efficacité de la nouvelle équipe gouvernementale en raison de l’omniprésence du même régime, d’autres poussent déjà un ouf de soulagement vu sa physionomie, reflétant, on dirait, toutes les structures sociales et politiques, qu’ils qualifient de la « première en république de Guinée ». Sans juger qui des deux groupes a raison ou tort, il sied de réfléchir sur la chance de la nouvelle équipe à combler les attentes de la population dans la perspective de la géopolitique du pays. Au fait, rien à démontrer que le pays traverse un moment tumultueux de son histoire dans la mesure où il y a une absence totale de l’autorité d’Etat, anarchie. Naturellement c’est la loi de la « jungle » qui règne avec ses corollaires d’impunité, de violence, de massacre humain et matériel, de malversation financière, bref de violation des droits fondamentaux de l’homme toujours au détriment des faibles que sont la population qui est muffée dans l’extrême pauvreté et l’incertitude d’avenir, ne sachant à quel sain se vouer, surtout chez la nouvelle génération. Dans cet état de chose, la responsabilité devient très délicate surtout quand la marge de manoeuvre est confinée à l’actuelle « constitution guinéenne » décrite comme « caduque » par beaucoup d’hommes du Droit. De surcroit, les législatives de fair-game, seul gage de la démocratie, peinent a avoir lieu. A cela s’ajoute la question de l’expérience et de la capacité des nouveaux promus de petit calibre, comme qualifient certains Guinéens, à assumer une haute responsabilité aussi défiante qu’ardue. De même, la longévité de cette nouvelle équipe est remise en question, parce que si jamais les grandes postures du clan présidentiel constatent le moindre déraillement du schéma de leur diktat, la sanction va tomber. C’est alors le retour à la case de départ, comme à présent, qui exigera la refonte de l’administration et la réémergence des caciques qui n’ont pas encore tiré leur épingle du jeu. D’ailleurs, d’aucuns avancent que la présente équipe gouvernementale serait le premier classement à amadouer l’opinion publique en vue de permettre à quelques anciennes figures ayant été mis hors-jeu par la grogne populaire de janvier-février 2007, de se repositionner et réapparaitre au temps opportun. A en croire, c’est un système de jeu du jamais vu sauf en Guinée. Mais n’oublions pas une locution proverbiale de Jean de la Fontaine qui dit « Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Donc, les conclusions se situent dans la perspective, car tout vient à temps pour celui sait attendre. Wait and see. Sekou A. CAMARA pour www.guineeactu.com
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