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 | Siguiri, ville de tous les dangers |
Voulant me rendre à Abidjan en Côte d’Ivoire pour rendre visite à ma famille, je me suis embarqué à bord d’un taxi le Mercredi 24 /11/ 2010 à 14 h. L’état de siège imposé par le 1er Ministre JMD, nous obligea à passer la nuit à Linsan, un village situé entre Kindia et Mamou, distant de 50km de Mamou. Tous les passagers des 80 taxis au minimum et gros camions occupèrent les tables vides du marché de Linsan pour chercher un sommeil qui ne peut arriver qu’en comptant les étoiles.
Jeudi 25 /11/ 2010 à 05h du matin commença la traversée du désert en direction de Siguiri pressé que nous étions d’arriver à Kouremalé à la frontière avant 18h. C’était un rêve pour qui connait le tronçon Dabola-Kouroussa où un véhicule en bon état ne peut faire plus de 17km/heure à cause du très mauvais état de la route.
A Kouroussa, le chauffeur n’osa même pas s’arrêter sous peine d’être surpris par les loubards qui déambulaient le long des routes.
A 17h nous arrivâmes au dernier pont à la rentée de Siguiri où était érigé un barrage constitué de gendarmes, policiers et militaires. Tous les passagers devaient descendre du taxi pour passer au contrôle des pièces d’identité. Faut-il rappeler qu’en Guinée les taxis urbains et inter urbains sont toujours en surcharge c'est-à-dire deux personnes avec le chauffeur devant, 4 personnes au milieu et 3 au siège arrière.
La sélection des passagers selon le dialecte parlé ou le nom sur les cartes d’identité était de rigueur.
Tu es peulh, tu es placé de côté, fouillé jusque dans le slip.
C’est ainsi que deux gendarmes armes au poing m’ont fouillé et subtilisé 150 000 FCFA et 75 000 FG menaçant de m’abattre si j’ouvrais la bouche.
Arrivé à Siguiri, le chauffeur me conseilla de parler malinké si je tenais à acheter quelque chose, à défaut de ne jamais parler poular à quelqu’un, sinon il ne prend aucune responsabilité de ce qui pourrait m’arriver.
Etant polyglotte j’ai demandé le prix d’un pain, d’un kg de sucre pour faire la comparaison de quelques denrées. A l’annonce 8000FG une baguette de pain et 15 000 FG le kg de sucre.
Nous arrivâmes à Kouremalé à 22h où le couvre-feu nous obligea à passer la nuit assis dans le taxi ou étalés sur le goudron.
Chers compatriotes, comment peut-on cicatriser cette blessure si béante lorsque dans ton propre pays tu es traité d’étranger ?
Certainement Le Tout-Puissant détient-il le remède et pourra-t-il ainsi rendre justice.
Diallo Madiou
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