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Des sources concordantes en provenance de Conakry affirment que Chantal Cole aurait été expulsée mercredi soir vers la France. C’est un arrêté du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité qui aurait été mis en application. Cette expulsion du territoire national de la protégée du Président Conté s’effectuerait en dehors de tout cadre juridique. La question fondamentale qui se pose, c’est de savoir si le président guinéen a donné son aval pour cette décision. S’il est au courant ou pas. Dans le premier cas, on se dit à Conakry que les adversaires de Chantal Cole auraient eu raison d’elle. Dans le second, on parie que la riposte pourrait venir d’un moment à l’autre. Un fait qui inquiète plus d’un, en Guinée et à l’étranger, c’est le fait que, par décision gouvernementale, on puisse expulser quelqu’un qui a la nationalité d’un pays. A moins que Madame Cole ne le soit pas. Ce qui paraît très peu probable si l’on sait qu’elle est née en Guinée. Du moins, selon ses dires. En outre, si elle était française tout court, on se doute fort bien qu’une expulsion ne soit possible sans l’aval du Consulat de l’Ambassade de France. Sans décision de justice, cela serait pratiquement impossible. Dans les deux cas de figure que je viens d’évoquer, à savoir que le président Conté soit au courant ou non de l’expulsion, cela voudrait tout simplement dire que M. Kouyaté a tout le pouvoir. Qu’il l’a réellement pris. Qu’on l’admette ou non ! Si cette dernière hypothèse se révélait exacte, cela signifierait que plus personne n’est à l’abri en Guinée. Ce message-là devrait être pris au sérieux par toute personne opposée au système dit Kouyaté. Les leaders politiques devraient prendre conscience de cet état de fait. Enfin, le président guinéen, lui-même, ne pèserait plus lourd devant son Premier Ministre. Mais, l’avenir nous dira qui de MM. Conté ou Kouyaté dirige la Guinée. Il reste entendu que Chantal Cole, par ce qui lui arrive, semble s’être fait beaucoup d’amis parmi les populations guinéennes qui n’approuvent pas, comme elle, l’absence d’action du gouvernement. Qu’elle soit lâchée par « son père » est une autre paire de manche. Enfin, le président guinéen ne risque-t-il pas de jouer un autre tour de magie dont il manie si bien la baguette ? A moins qu’il ne soit réellement impuissant devant son « Premier Ministre » ; et dépossédé de son pouvoir ! Lamarana Petty Diallo, professeur de Lettres - Histoire, France pour www.guineeactu.com
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