mercredi 20 mai 2009
Elhadj Bah Ousmane Président de l’UPR : « Nous ne voulons pas d’élections bâclées »
Bah Ousmane

Le leader de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) donne sa vision sur le processus de transition, notamment le Conseil national de transition (CTN). Bah Ousmane aborde également la question relative à la suspension de l’enrôlement des électeurs dans cet entretien.

 

Le Démocrate : Quelle analyse faites-vous du projet d’ordonnance portant attribution, création et fonctionnement du conseil nationale de la transition (CNT) ?

 

Elhadj Bah Ousmane : Je voulais donc préciser d’abord qu’on a reçu un projet d’ordonnance qui nous a été distribué par le ministre secrétaire permanent du CNDD à la suite de la publication de l’ordonnance 50 qui portait déjà création du CNT. Je pense que le document nous a été remis pour reconsidérer l’ordonnance. Donc c’était de repréciser l’ordonnance du CNDD de vouloir associer les forces vives à la concertation et à l’élaboration de l’ordonnance. Nous avons pris acte, les forces vives ont constitué des commissions à travers les différentes composantes des forces vives. Ces commissions doivent examiner l’ordonnance de proposer des amendements. Ces amendements devraient être discutés en plénière du forum des forces vives, afin que finalement l’acte qui aura été retenu par les forces vives soit porté au secrétaire permanent du CNDD. C’est la procédure que nous avons adoptée. Alors, pour le projet lui-même, lorsque nous avons un acte de ce genre, il est important de l’évaluer sous plusieurs manières. D’abord sur la forme et ensuite dans le fond. Le forum en ce qui nous concerne au sein de l’UPR, nous avons essayé de regrouper les dispositions qui pouvaient l’être. Parce que dans la rédaction du projet d’ordonnance, c’est une rédaction faite de telle sorte que les dispositions sont imposées. Et nous, nous avons regroupé ceux que nous pouvions regrouper comme dispositions. Ensuite, nous avons essayé de donner un sens à la démarche en reprécisant les dispositions qui nous paraissaient un peu floues pour ce qui concerne le fond, l’attribution fondamentale du CNT. Nous sommes revenus sur cela et nous avons apporté l’amendement sur l’article premier qui disait qu’il est crée un organe à caractère législatif qui se chargerait de la reforme constitutionnelle, et nous avons préféré qu’il se charge des réformes institutionnelles et élargir les attributions du CNT. Fondamentalement, c’est ce sur quoi nous avons travaillé sur le fond. En ce qui concerne la composition, nous avons estimé que les partis politiques ont une participation minorée. Nous avons demandé cette participation mémoire des chiffres. Nous avons regardé du côté des guinéens de l’extérieur, nous avons regardé du côté des sessions. La participation des guinéens de l’extérieur est souhaitable. Mais c’est tellement contraignant que nous nous demandons comment ça va se passer. Il est dit que le CNT doit tenir deux sessions par mois, hé bien, si vous imaginez deux sessions par mois. La durée de la session n’est pas précisée. Il y a les travaux de commission également. Je me demande comment un vivant à l’étranger peut venir ici travailler avec efficacité au sein du CNT et que cela n’ait des répercussions sur son propre travail à l’étranger. Nous avons demandé dans le fond de revoir cette situation.

 

Face à la presse, le président Dadis a promis d’organiser les élections en fin d’année 2009. Pendant ce temps le processus d’enrôlement des électeurs se trouve suspendu. Pensez-vous que les dites élections puissent être transparentes et crédibles ?

 

Ecoutez, cette situation est assez préoccupante. Avant d’arriver aux élections proprement dites, il y a tout un processus en préparation. Au jour d’aujourd’hui, et selon les informations dont nous disposons à l’issue des différentes missions d’évaluation, qui se sont rendues à l’intérieur du pays, il ressort que par endroit l’enrôlement est très avancé. Par ailleurs, il y’a beaucoup à faire. Ensuite, il y a le processus d’enrôlement des guinéens de l’extérieur. C’est une composante très importante et à ce niveau, l’enrôlement n’a pas commencé. Il est également mentionné à la suite de cette mission, qu’il y a des difficultés financières. Il y a des indemnités à payer pour les agents d’enrôlement. Je crois que suite à cela, le président de la CENI et son bureau, ont jugé de suspendre l’enrôlement jusqu’à ce qu’on remobilise les fonds nécessaires. Alors, si le processus d’enrôlement lui-même est suspendu au moment où nous nous acheminions vers une séquence très importante, à savoir l’élaboration du fichier électoral, pièce maitresse du processus électoral. Il y a lieu de se poser la question de savoir, s’il n’y a pas un grand grain de sable dans la préparation des élections. Or notre objectif, c’est d’avoir des élections libres, crédibles et transparentes. Nous ne voulons pas aller aux élections pour aller aux élections. Nous avons eu suffisamment d’expériences amères en la matière pour rééditer tout cela. J’ai affirmé le 16 février dernier au palais du peuple, que nous ne voulons pas d’élections bâclées. Si nous voulons des élections bâclées, je crois que nous pouvons l’avoir du jour au lendemain. Il y a des collectivités qui n’ont jamais voté en Guinée. Ces collectivités n’ont jamais eu un fichier électoral. Il nous faut un fichier fiable avant d’aller aux élections. S’il y a un retard dans la préparation de ce fichier, hé bien, ce retard peut se répercuter sur le chronogramme.

 

L’ONG Human Right Watch indexe nos forces armées d’avoir commis des exactions sur les populations et sur certains opérateurs économiques. A propos quel est votre point de vue ?

 

Cette situation est vraiment regrettable, c’est un constat que tout le monde connaît. La semaine dernière, il y a eu un cambriolage de magasins des opérateurs économiques au marché Madina. Il y a eu vol d’une forte somme. Il a été dit que les cambrioleurs étaient habillés d’un uniforme militaire. La proximité des locaux de la gendarmerie, apparemment sans réaction, a suscité la colère de la population. Ladite population n’a pas compris que leurs biens soient spoliés de cette façon, tandis qu’il y a un système de surveillance mis en place. Or, dans la plate forme adoptée par les forces vives, il a été recommandé que le CNDD prenne des dispositions diligentes, pour que la sécurité des personnes et de leurs biens soit garantie quand on a un pouvoir militaire en place. Le commun des citoyens devrait pouvoir dormir bien et se sentir en parfaite sécurité. Si les premiers jours, semaines et mois, de la prise du pouvoir a redonné espoir, il faut dire qu’en ces derniers temps, nous nous posons beaucoup de questions là-dessus. Le CNDD doit prendre des dispositions draconiennes pour arrêter cette insécurité très très inquiétante.

 

Vous vous apprêtez pour une mission à l’intérieur du pays, peut-on savoir l’objectif de cette sortie ?

 

C’est vrai, je dois conduire une mission du bureau exécutif national à l’intérieur du pays dans le cadre de l’animation politique et du renforcement de l’implantation du parti. Nous devons nous rendre à Lélouma, Mali, Pita et Dalaba. Ce sont les structures du parti à la base qui ont élaboré un programme de visite.

 

Est-ce déjà une campagne avant la lettre ?

 

Nous appelons cela l’animation politique et non une campagne.

 

 

Propos recueillis par Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Sylla, jeudi 28 mai 2009
Mr BAH,sentez vs grandi vos propos sont c d`un homme honnête,preoccupé par les inconnus qui font recettes actuellement en guinée.Alors vs ki ne croyé en personne g vs apprend ke Mr Diallo aurait mieux fait en adhérant à un parti de son choix ke d c laisser mener ds un obscurantisme politique oci totak ke maladroit.respectueusement à vous .
Mamady Sangare, samedi 23 mai 2009
Mr je doit etre ton adverssaire a toute election mais je vous dit ici plus haut que je suis du meme avis que vous. Donc nous avons un point commun a celas je vous dit bravo Je salut votre courage politique Mamady Sangare de Gonian A New York
Koundouno Fatoma, vendredi 22 mai 2009
Je suis loin d`adhérer à un parti politique de mon pays mais je respecte ce monsieur. Il suit vraiment les traces de feu Siradio Diallo qui a toujours opté pour la paix et la patience même si tout va mal. Ce n`est pas en insultant un chef qu`on peut arriver à lui ramener sur le bon chemin. Nous devons critiquer tout en étant courtois et je vois que ce grand leader a suivi cette voie. Malheureusement, certains de nos soit disant intellectuels ont préféré choisir la voie de la radicalisation dans les critiques. C`est le lieu pour moi de rendre un hommage au professeur Ansoumane Doré qui a toujours su critiquer sans offenser. L`homme, d`une manière général, quand il se sent blesser dans son amour propre, a tendace à se replier sur lui même. Je n`ai jamais souhaité et ne le souhaiterai jamais un régime militaire dans mon pays. Mais devant une situation embarassant comme la notre, quelle attitude adoptée? Se radicaliser dans les critiques peut-il nous amener à un consensus? Je pense que non. Malgré les dérives du régime Dadis, nous avons plutôt interêt à être diplômate pour aboutir à une issue heureuse. J`invite donc mes frères à plus de retenue afin de rechercher et éliminer les esprits maléfiques qui nous divisent.
Ibrahima bah, jeudi 21 mai 2009
certes un parti politic est fait pour aller aux elections, mais ce parti doit s`assurer aussi que les electeurs sont enresgistres sinon qui va voter? la constitution devrai etre la chose principale pour tout Guineen conscient car si on elect un president sans constitution outre que celle laisser par Lansana Conte, on risque d`elir un autre dictateur.Nous jeunes Guineens devrions faire attention sur tous ces hommes politic Guineens. Nous avons vu ce qu`ils ont capable de faire. Beaucoup ont ete a la commande et nous savons ce qu`ils pu faire. nous devons bcp reflechir avant de sauter derier eux.
lamine, jeudi 21 mai 2009
Donc finalement Mr bah n`a pas de position claire...qu`est ce qu`il veut alors?
Bangaly Traore, jeudi 21 mai 2009
Le parti politique de feu Siradio diallo a perdu du terrain,apres avoir refuse l`offre du president de l`UFDG dont il aurait pu tirer grand profit pour au moins,sauver ce qui lui reste de prestigieux,car Mr Cellou Dalein coupe le sommeil de l`homme de pita,mr Bah il est temps et necessaire d`organsier les elections en decembre 09.NB:la solution de notre pays,c`est bel et bien les elections.
bah cheick, mercredi 20 mai 2009
il faut pas avoir peur d`aller aux elections

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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