mardi 5 août 2008
Elhadj Aboubacar Somparé président de l’Assemblée nationale : « L’UFDG tient à me disqualifier par tous les moyens…. »
Aboubacar Somparé

Aboubacar Somparé, président de l’assemblée nationale, répond à ses détracteurs, dans cet entretien exclusif, qu’il nous a accordé.

Le Démocrate : Peut-on savoir les motifs de votre récente visite en Chine ?

Aboubacar Somparé : C’était sur invitation de mon homologue, le président de l’Assemblée nationale de Chine. En 1997, j’étais dans ce pays en tant que secrétaire général du PUP. Cette fois-ci c’est sur invitation de l’assemblée nationale chinoise. J’ai quitté Conakry le 9 juillet avec transit à Paris. Le 13 juillet je suis arrivé à Pékin où je suis resté jusqu’au 19 juillet. Là, j’ai rencontré le président du comité consultatif du peuple chinois, c’est une sorte de sénat et de conseil économique et social. Le lendemain j’ai rencontré le gouverneur de la banque nationale pour le développement. J’ai visité la province de Hénan, la plus grande de Chine qui fait 117.000 km2 pour une population de 100 millions d’habitants. Cette province a des relations très bonnes avec la Guinée depuis très longtemps. Là-bas, j’ai rencontré les industriels qui s’intéressent aux gisements de fer et de bauxite de Guinée. Ils tiennent à investir dans notre pays. La province de Canton fait 188.000 km2 avec 90 millions d’habitants. Cette province est tropicale, c’est le sud où résident beaucoup d’Africains, notamment des Nigérians avec une forte colonie guinéenne bien organisée. J’ai aussi visité l’académie des sciences agricoles où j’ai vu la multiplication des plantes tropicales in vitro, des bananes, du riz, des agrumes, avec plus de 15 variétés de riz qui peuvent donner 12 tonnes à l’hectare. Ce qui est extrêmement important pour notre pays. Ce sur quoi je veux insister, ce que la Chine est de nos jours un pays émergent. Dans les 20 années à venir, la Chine risque d’être la première puissance du monde du point de vue économique. Le taux de croissance est à deux chiffres et ce dans tous les secteurs. De ma dernière visite en 1997 à ce jour, tout a changé. Il y a un progrès spectaculaire dans tous les domaines. La particularité dans la coopération avec la Chine est qu’il n’y a pas de condition politique. Ils respectent nos options, notre personnalité. Ils ne demandent pas s’il y a respect de droit de l’homme, la bonne gouvernance ou mal gouvernance. Est-ce que tout va bien avec les pays qui nous demandent tout ça ? En ce qui concerne la Guinée, nous avons été l’un des premiers pays au sud du Sahara à nouer des relations avec la Chine dans tous les domaines. En 2009 nous aurons cinquante ans de coopération avec la Chine. Cette fois-ci les Chinois sont décidés à venir nous sortir de notre sous développement chronique. Ils nous proposent le paquet global. C'est-à-dire qu’ils viennent avec le financement et la technologie. Ils ont besoin de nos gisements de fer et de bauxite. Et en contre partie, ils donneront tout ce que nous demandons comme projet de développement. Ils sont prêts à nous donner des barrages, des routes, des ponts, des hôpitaux, des habitations sociales et des écoles. La Chine n’a pas un capitalisme sauvage. Là-bas c’est l’Etat qui dirige. C’est un capitalisme contrôlé. Ils veulent aussi créer en Guinée une zone économique franche où toutes les entreprises chinoises viendront investir. Je lance un appel à tous les Guinéens pour qu’on ne rate pas cette chance parce que nous avons raté trop de chances. Nous voulons maintenant décoller avec l’aide de la Chine. Voilà en quelques mots les biens fondés de ma visite en Chine.

Nombreux sont les hommes politiques qui ne tarissent pas de griefs contre vous…

Vous ne voulez pas citer mon aîné Bâ Mamadou. Vous savez qu’il est un grand frère à moi que je respecte beaucoup. Son jeune frère Boubacar Bâ est un camarade de classe. Mais il est devenu sénile, il est même atteint de démence due à la sénilité. Bâ Mamadou ne distingue plus rien, il confond l’essentiel et l’accessoire. Leur obsession, je crois qu’ils veulent à travers l’UFDG conquérir le perchoir de l’Assemblée nationale. Et moi je considère cela comme une sorte d’obstacle. Il s’agit de me disqualifier par tous les moyens possibles. Je ne réponds jamais aux attaques personnelles. Je m’en tiens aux idées et à la Guinée.

On vous accuse de soutenir Bah Ousmane président de l’UPR dans la querelle qui l’oppose aux dissidents…

L’UPR a été créée par Siradiou Diallo. Ce dernier et moi avions eu à lutter quand j’étais ambassadeur à Paris et il était le président de RGE (regroupement des Guinéens à l’extérieur). Une fois en Guinée, il a fondé le PRP qui a fusionné avec l’UNR pour faire l’UPR. Au départ lui et Bâ Mamadou était dans le même parti. Je crois que c’est aux élections de 1998 qu’ils se sont entendus que Siradiou garde le parti et que Bâ Mamadou soit candidat aux présidentielles. Avec son échec, il a boudé le parti et Siradiou a gardé la formation. C’est ainsi que le doyen Bâ est allé à l’UFDG où il vient de positionner Cellou Dalein Diallo. La scission au sein de l’UPR est venue du fait que beaucoup de gens souhaitaient qu’il ait un rattachement entre l’UFDG et l’UPR. Je crois que les gens ne sont pas obligés de le faire. Ceux qui ont compris le jeu sont restés dans l’UPR. Et la minorité qui n’est pas officiellement dans l’UFDG, en fait la dissidence, est allée dans l’UFDG. Depuis le temps de feu Siradiou nous avons des liens avec l’UPR en tant que parti de l’opposition parlementaire, nous travaillons avec eux. Je ne choisis pas la personne de Bah Ousmane. Mais plutôt la ligne conforme à la vision du parti et de son fondateur.

Votre poste d’inspecteur politique de la zone de Conakry est-il contesté par votre formation politique ?

Je vous dis que cela n’est pas vrai. Depuis toujours, je suis inspecteur de Conakry avec Sékou Décazy. Avec la maladie de Décazy, je suis le seul au niveau du bureau politique avec Sény Camara et Hadja Agnès. J’en suis le premier et le coordinateur, cela a toujours été comme ça si on me dit que c’est au niveau du bureau politique, c’est des histoires. C’est de commun accord que nous nous sommes entendus pour faire des divisions. On a constitué cinq équipes, une est allée vers la Forêt, la Haute Guinée, une équipe est restée en Moyenne Guinée et moi je suis resté en Basse Guinée avec les deux autres. J’ai toujours été élu par Conakry, je suis inspecteur naturel. Je suis d’abord député de Conakry, il ne faut pas que les gens se trompent.

Les législatives prochaines mettront un terme à votre mandat. Doit-on croire que vous n’avez pas intérêt à ce qu’elles se tiennent cette année ?

Les gens font des supputations. J’estime que les élections législatives sont tout à fait normales. Mais dans les conditions actuelles en toute objectivité le pays n’est pas prêt pour faire des élections. Cela n’est pas une question d’Assemblée nationale ou autre chose. Quelle que soit l’élection elle est maintenant inappropriée parce que l’autorité de l’Etat est très fortement entamée. Il y a une crise de confiance entre la population et le pouvoir. C’est ça la vérité. Dans ces conditions l’ordre public sera très difficile à assurer. Il ne faudra pas que nous nous laissions mener par des considérations de politique extérieure. Je veux dire par là que nos amis de l’extérieur ne doivent pas nous imposer une ligne de conduite tant que nous ne sommes pas convaincus de sa pertinence. Nous devons partir de nos propres réalités, de nos propres appréciations pour définir notre comportement. Je ne suis pas contre les élections, mais je suis pour des élections qui se passeraient dans les conditions sereines. Or, ces conditions là ne sont pas réunies aujourd’hui.

Le PUP se prépare-t-il aujourd’hui à faire partir des gouverneurs et préfets actuels au profit de leurs hommes et cela pour tout simplement avoir la main mise sur les élections prochaines ?

Cela veut dire que les actuels ne sont pas du PUP ? Là je me demande quel serait le sens du pouvoir. Un pouvoir met d’abord ses hommes, alors nous voulons d’abord mettre nos hommes c’est vrai que nous sommes au pouvoir. Nos hommes sont d’abord l’administration déconcentrée et celle centrale. Ça ce n’est pas une accusation gratuite. C’est tout à fait normal, c’est ça la logique d’un parti. Un parti se constitue pour conquérir le pouvoir et le maintenir. Pour maintenir le pouvoir il faut avoir ses hommes aux commandes. Le PUP a cette volonté, c’est clair et net.

Avec les agitations sociales de janvier et février 2007, le PUP n’était-il pas enterré ?

Il y a des partis aujourd’hui qui ont de gros moyens et ils croient que leur victoire est assurée. Nous au PUP nous sommes sereins. Notre base est loin d’être entamée. Si nous repartons sur le terrain, c’est certain que nous allons réveiller toutes nos anciennes structures. Il y a eu des défections et c’est aussi vrai que nous avons eu des nouveaux arrivages. Pour vous en convaincre, je vous prends et nous allons sortir sur le terrain voir les choses concrètement. Les gens ont cru que quand on dit changement que c’était contre le PUP. Dans la doctrine de notre parti nous avons toujours prôné le changement dans la continuité. Nous ne pouvons pas rester stationnés, il faut qu’on évolue.

Quelle lecture faites-vous de l’équipe Souaré qui a supplanté Kouyaté ?

C’est un gouvernement de large ouverture. Souaré a été de très bonne foi. Il a voulu mettre toutes les sensibilités. Il y a même eu un peu d’excès parce qu’il y a des conflits de compétence qui sont prévisibles. Quand je prends le ministère de l’Administration du territoire et celui de la Décentralisation. Ça risque d’être mal interprété à la base. Le préfet et le sous-préfet dépendent de l’Administration du territoire. Le maire et le président de la CRD dépendent de l’Administration. Alors qu’à l’échelon de base ces deux entités ont pour tutelle rapprochée le préfet. A la place de Souaré je ferais de la Décentralisation une sorte de secrétariat général rattaché à l’Administration du territoire. Cela n’est pas très grave en soi. C’est une question d’interprétation et de coordination du gouvernement. Ceci dit il faut que les cadres soient de bonne foi. Je souhaite à ce gouvernement beaucoup de chance.

Propos recueillis par Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FAKOLY, vendredi 8 août 2008
C`est désolant de voir les Guinéens aussi aveugles et lâches. En effet, dans l`histoire contemporaine, on peut comparer M. SOMPARE qu`à un certain Paul TOUVIER "milicien délateur" de son état, pendant l`occupation en France. Alors, prétendre qu`un tel personnage est un républicain, n`engage que l`auteur de tels propos. Car, il ne suffit pas de servir aveuglement deux dictateurs, pour prétendre être "un républicain". PAUVRE GUINEE.
Bigre, vendredi 8 août 2008
Ce monsieur machin d`une assemblée dont le mandat est fini se permets de dire que la situation n`est pas propice pour qu`il y ait des elections libres en Guinée, peut -il nous dire les drnières elections libres et transparentes? Quel con , cet ethnocentriste , ce con de somparé. Tout le monde sait comment il a géré les choses en tant qu`ambassadeur Guinéen en France. P
Gadizy, vendredi 8 août 2008
Mr Soumah je suis désolé vous ne savez pas du tout ce que signifie le terme républicain,autrement vous ne qualifirez pas ainsi le sieur Somparé.Vous faites certainement partie de ses admirateurs.C`est normal,c`est votre droit.Ce n`est pas du tout surprnant car Hitler aussi avait des admirateurs.
ALKHALY SYLLA, jeudi 7 août 2008
Bravo Mr sompare et Monsieur Bah Mamadou. Encore un autre idiot(Mohamed Sompare) qui ce fait avoir.
Mohamed Soumah, mercredi 6 août 2008
Bravo Mr Somparé pour cette mise au point a propos de Mr Ba Mamadou dont on connait le coté ethnocentrique depuis son fameux "Tour des peulhs".Ces geans là n`ont pas leur place dans la gestion de notre pays sinon ils vont faire de la Guinee le nouveau BANTOUSTAN ou SOMALILAND. Par contre vous,malgré vos defauts,avez ete republicain.Que ce soit avec l`ancien president Ahmed Sekou Toure que vous avez servi avec loyauté,et l`actuel president Lansana Conté dont vous l`un des plus proche.C`est dans cet esprit republicain que vous l`avez suggerer de decreter "l`etat de siege" qui avait mis fin à l`embrasement.En l`espace de quelques années vous êtes devenu ""la bête noire" des certains politiciens,on a encore beaoin de vous contre tous ces ethnocentristes et regionalistes.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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