mardi 17 mars 2009
Electricité de Guinée : Des mesures concrètes s’imposent
Siège d'EDG

Le problème d’électricité pourra-t-il être résolu en Guinée ? C’est la pertinente question que beaucoup d’observateurs ne cessent de se poser au regard de l’inqualifiable situation dans laquelle se trouve ce pays depuis des années.

Force est de reconnaître que pour un homme moderne, la vie est devenue inconcevable sans électricité. Mais curieusement, les Guinéens, en dépit des immenses potentialités hydroélectriques dont regorge leur pays, continuent de vivre littéralement dans les ténèbres. En cinquante ans d’indépendance les différents gouvernements qui se sont succédé ont été incapables de résoudre, de façon définitive, le problème d’électricité dans l’intérêt des populations Aujourd’hui, Conakry est l’une des rares capitales de la sous-région où le courant électrique est un luxe inaccessible pour l’écrasante majorité des habitants. De l’Enelgui à l’EDG en passant par la Sogel, toutes les structures étatiques ou mixtes mises en place pour produire et distribuer du courant électrique se sont montrées, les unes après les autres, incapables de donner entière satisfaction aux consommateurs. Dans les quartiers défavorisés de Conakry et les grands centres urbains du pays, la vie des citoyens est rythmée par les coupures intempestives, les délestages fantaisistes et le fameux système de rotation dans la distribution du courant électrique. « C’est notre tour aujourd’hui… Ce n’était pas notre tour hier », « Je n’ai pas pu regarder le journal télévisé parce qu’il n’y avait pas de courant chez nous…», entend-on dire souvent dans les causeries et autres discussions. Quand les travaux de construction du barrage de Garafiri ont débuté sous l’ère Conté, beaucoup de Guinéens ont pensé, naïvement peut-être, que la plupart de leurs problèmes allaient durablement être résolus dans le secteur stratégique de l’électricité. Aujourd’hui, ils ont certainement dû revenir sur leur jugement. Ce projet du siècle n’aura accouché que d’une souris de désillusion. Les Guinéens en général et les Conakrykas en particulier continuent de se morfondre dans les ténèbres. L’EDG distribue le courant électrique de façon parcimonieuse. Seule la commune de Kaloum, le siège de la haute administration, peut véritablement se targuer d’avoir le courant de façon régulière. Dans la plupart des quartiers périphériques ou défavorisés, la situation est quasi insupportable. Aux traditionnelles coupures intempestives du courant électrique s’ajoutent souvent les pannes de transformateurs pour rendre la vie particulièrement difficile aux pauvres populations. Ce qui amène souvent les jeunes desdits quartiers à descendre dans la rue pour attirer l’attention des autorités compétentes sur le calvaire qu’ils sont en train de vivre à l’ère de l’Internet. Il serait salutaire que des dispositions pratiques soient prises par le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) et le gouvernement Komara afin de soulager les populations dans un secteur aussi vital et stratégique que celui de l’électricité. Mais l’on a la triste impression que ce statu quo semble profiter à certains. La Guinée continue d’être la risée de ses voisins. « On n’est pas à Conakry », entend-on dire souvent dans certains pays de la sous-région, en guise de protestation contre les coupures intempestives de courant. Le jeudi 4 mars, à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le président de la République, capitaine Moussa Dadis Camara, s’est vu dans l’obligation d’interrompre son discours à cause d’une énième coupure intempestive de courant dont l’EDG détient le monopole dans la sous-région ouest africaine. C’est dire combien de fois la Guinéenne d’électricité se montre de plus en plus incapable de donner entière satisfaction à sa clientèle. Les pauvres citoyens et les petites entreprises ne savent plus à quel saint se vouer.


Mamy Dioubaté
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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