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Des élections présidentielles et législatives sont indispensables pour l’instauration de la démocratie. Certes, c’est le vœu de tout Guinéen en ce moment crucial. Mais, sommes-nous prêts à partir pour des élections avec à l'horizon un lendemain incertain ? Faut-il aller aux élections sans loi électorale ni règles pour les futurs dirigeants ? Sommes-nous en mesure d’aller aux élections dans le but d’élire celui sensé conduire les destinées de notre pays en toute conscience ? La situation actuelle est-elle favorable ?
A mon avis, nous avons besoin de réfléchir plusieurs fois avant de prendre un engagement quelconque. Pour moi, étant donné que plusieurs de nos aspirants à la magistrature suprême, sont suspects de malversations, de détournement de deniers publics voire d’appartenance à des réseaux de trafic de tout genre, la nécessité de passer par des audits pour poursuivre les coupables et blanchir les innocents, s’impose. Supposons qu’on parte aux élections, au final, on réalise que celui qui a été élu est Coupable des accusations émises contre lui, que va-t-on faire ? Le destituer ? Avons-nous les moyens de passer à d’autres élections aussi rapidement ou allons-nous nous laisser gouverner par un malfaiteur qui d’ailleurs ne se laissera pas faire, ayant déjà le pouvoir en mains ; c'est dire que pour le chasser, des troubles sont à prévoir et la suite est un point d’interrogation.
Les manipulations de tout genre nous interpellant tous, la vigilance doit être de mise ; car, sans une constitution et des lois de régulations, il va s’en dire que la gueule du loup est grandement ouverte pour nous recevoir.
N’oublions pas un fait, notre société a été traumatisée par ses différents dirigeants depuis 1958. Ces derniers ont pu à travers des manipulations à caractère ethnique opposer les uns contre les autres.
Si au temps du PDG, on parlait de peulhs contre malinkés, avec le Pup, cette situation a été élargie à la forêt en mettant en conflit malinkés et forestiers avec des affrontements atroces. Vu l’appartenance de Conte à la communauté Soussou, chacun cherchait à protéger son « semblable ». Le jeu était fait et ils se sont régalés de cette division.
Aujourd’hui, une autre ère vient de s’ouvrir avec l’avènement du CNDD. Allons-nous continuer de cautionner la situation d’antan ou devrions-nous conjuguer nos efforts pour enfin créer un cadre dans lequel l’émancipation de notre chère patrie la Guinée serait bien définie ? Je suis convaincu que (contrairement à d’autres qui pensent que mon pays est une entreprise où le plus riche met à sa guise qui il veut aux commandes), c’est le moment propice pour tous les Guinéens de débattre sans passion de l’avenir de la nation. Pour cela, on a besoin d’une transition réussie. Dans la précipitation, nous serons en perpétuel recommencement. La transition doit nous permettre de tout repenser afin que l’avenir soit clair pour chacun.
Créer des troubles ne profitera à personne, au contraire, le pays ne fera que s’enfoncer davantage.
Acceptons le dialogue pour que notre pays soit débarrassé de toutes les haines créées par des personnes de tout bord qui, à un moment donné, ont utilisé cette méthode pour sauvegarder leurs avantages au détriment du people. Notre terrain d’entente reste notre patrie: LA GUINÉE.
Alpha S. Diallo
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