|
Je tiens avant tout à exprimer ma compassion à toutes les victimes des violences en Guinée.
Pour des raisons professionnelles et à cause de mes déplacements, je n'ai pas eu le temps d'écrire de nouveaux articles sur les événements de notre pays bien que l'inspiration soit toujours présente.
Je suis si révolté que je n'ai pas pu attendre mon retour chez moi pour écrire cet article ; c'est justement dans un moment de ce genre que je m'étais fait violence pour écrire ma première analyse politique « un nouveau rendez-vous manqué avec l'histoire, la transition ratée »; de cette transition ratée, nous avons organisé à la guinéenne, une élection qui est maintenant ratée. Regardons la réalité en face.
Dans mon article, la Guinée est devenue la préfecture du Burkina, j'avais sollicité la nomination d'un responsable neutre et je suis donc satisfait de la venue du général malien mais c'est une nomination tardive; comme d'habitude, nos dirigeants ne prennent des décisions importantes qu'après mort d'homme.
Les tensions étaient palpables avant les événements de 2006 et 2007 ; de même qu'en septembre 2009 et au moment de la cacophonie de la CENI ; mais hélas, rien n'est fait pour prévenir et après les catastrophes, l'on nous dit que la Guinée est une famille et l'on nous demande de prier pour les morts.
Drôle de famille dans laquelle des frères peuvent s'offrir des bagnoles à cinquante mille dollars urbi rubis sur ongle alors que d'autres crèvent à l'hôpital de Donka faute de médicaments d'une valeur de cinquante mille francs guinéens, notre monnaie de singe ; des sœurs peuvent accoucher dans des cliniques aux USA et en Europe alors que d'autres accouchent sur des feuilles de banane dans le champs du grand-père ; le neveu peut tirer impunément, avec une balle réelle, dans la partie intime de la voisine, etc. La liste est longue.
En fait en Guinée, il y a les non nantis et les nantis qui font tout pour ne pas perdre leurs privilèges.
Le pogrome anti peulh qui s'opère en ce moment peut se transformer en conflit général; l'émiettement de la nation guinéenne est en marche si nous ne nous levons pas pour y mettre fin.
Mon analyse :
Le désespoir et la peur ont pris le dessus sur l'espoir engendré par cette élection et regardons la réalité en face pour dire que l'élection est ratée.
Quel que soit le vainqueur, le camp du vaincu rendra le pays ingouvernable et la Guinée s'enfoncera encore plus avec des conséquences sur les nations voisines.
La solution extrême serait de tout annuler et d'organiser de nouvelles élections après une nouvelle transition sous l'égide de l'ONU ; cela étant dit nous devons prendre notre courage et assumer nous responsabilités. Nous devons aller au bout de cette élection.
Nous devons nous battre contre toute forme de violence en Guinée, nous devons nous battre pour un Etat de droit pour que tous les Guinéens aient les mêmes droits et devoir pour en finir avec l'impunité et l'injustice sociale.
Dieu nous a tout donné pour réussir et nous faisons tout pour échouer ; c'est tout simplement lamentable.
A quand allons nous comprendre la manipulation de politiques véreux ?
Paul THEA
www.guineeactu.com
|