samedi 3 juillet 2010
Election présidentielle et démocratie
Cece Jacques Monemou

Si le peuple est un troupeau toujours docile, c’est le berger que constituent le pouvoir et ses institutions qui le conduisent au pâturage verdoyant, à l’étable ou à l’abattoir.

Depuis 52 ans, le peuple de Guinée rêve à une élection présidentielle démocratique, reflet de son choix de celui qui doit conduire son destin. Pendant 52 ans, les leaders et leurs institutions corrompues l’ont truandé et maintenu sous différentes formes de dictature, nourri seulement par des promesses utopiques.

Durant 52 ans, les présidents et leaders politiques imposés au peuple l’ont conduit à grande vitesse dans le sens négatif de la marche vers le progrès. Conséquences: depuis 52 ans, le guinéen ne jouit pas des fruits du développement et des progrès scientifiques et technologiques. L’eau, le courent permanents et tous leurs avantages sur le bien- être public sont encore des luxes aux quels il goûte en dents de scie.

L’élection du 27 Juin passé qui a été attendue comme le messie, au lieu de porter un ouf de soulagement au peuple éternellement trompé, continue de nourrir ses inquiétudes, car, les résultats attendus ne semblent pas refléter le verdict sincère des urnes. A l’âge de l’information, le retard dans la proclamation des résultats et les causes révélées ne semblent pas convaincants. Tout porte à croire que les manipulateurs d’hier qui constituent encore les responsables et membres des institutions républicaines en charge des élections d’aujourd’hui ont tendance à falsifier ces résultats pour, comme toujours, satisfaire leur intérêts égoïstes en cherchant à satisfaire leurs maitres qui ne visent que l’agenouillement de la Guinée.

Dans l’un de mes articles précédents comme ceux de tant de collègues, nous avions mis les Guinéens en garde d’une élection précipitée et échouée au profit d’une bien préparée et réussie. Mon analyse portrait sur l’argument que si tu désire ardemment un objet précieux pour ta vie, souhaite avoir un en bon état de te servir et non l’avoir seulement de nom, qui pourrait même te créer des ennuis supplémentaires.

Nous souhaitons ardemment que le choix publié du peuple porte sur celui qui a vraiment l’avenir de ce pays à cœur et non l’intérêt de nos maitres á cœur. Si non, nous aurons couru sans atteindre notre destination. Dans ce malheureux cas, la CENI et les institutions responsables des élections, comme l’a dit notre confrère Ben Daouda Touré, serait responsable de notre échec. Comment?

Le peuple, comme je l’ai mentionné plus haut, est innocent et docile. Ses leaders choisis par lui ou imposés sont censés être les plus éclairés, capables d’analyser tous les problèmes relatifs à une situation donnée, en vue d’en trouver des solutions salutaires pour le peuple. Leurs esprits critiques doivent pouvoir les conduire à prendre des décisions en tenant compte de tous les paramètres et conséquences possibles.

Qu’avons nous vu durant les préparatifs des récentes élections?

1-   Une date trop proche et la hâtive révision de la constitution sans consultation de l’avis du peuple qui sera géré par ces lois.

2-   L’absence ou la négligence complaisante de critères d’éligibilité fiables à la plus haute fonction publique. La seule condition en vue semble avoir été le versement de la caution; comment elle fut gagnée n’importait pas. Alors que la Guinée a besoin d’un homme techniquement et moralement capable.

3-   La minimisation de l’envergure des problèmes logistiques et de communication pour une élection réalistique.

4-   La non formation radicale des agents des bureaux de vote; ceux-là mêmes dont le travail serait garant du succès des élections.

5-   Un nombre pléthorique de candidats pour un peuple à majorité analphabète, crél,,,,,, ant ainsi des difficultés certaines a certains électeurs de reconnaitre leur candidats favoris.

C’est comme pour juste organiser des élections chimériques pour prétendre satisfaire les aspirations du peuple. C’est le moment de rappeler encore qu’une élection bafouée ne saurait apporter la démocratie. Sinon, nous dirons que la Guinée a vécu 50 ans de démocratie, puisqu’il y’a toujours eu des élections!

A l’étape actuelle, si la CENI, la Cour Suprême et les institutions en charge font rapidement leur mea-culpa, quelles seraient les mesures de correction salutaires?

1.  Examiner judicieusement les contentieux électoraux en vue d’éliminer tout candidat dont les partisans ont été auteurs de fraude ou tentatives de fraude électorales, pour ne retenir dans la course que ceux qui ont démontré l’esprit républicain en respectant les règles du jeu.

2.  Procéder à une formation rapide des agents des bureaux de vote avant le second tour qui reste incontournable.

3.  Préparer le peuple au respect des verdicts du scrutin pour éviter des affrontements qui pourraient dégénérer. Car l’atmosphère paisible qui a caractérisé les consultations électorales doit être préservée.

Le peuple de Guinée est un peuple pacifique. Que le Général Sékouba Konaté et les institutions de la transition veillent sur l’intégrité territoriale de notre pays. Nous ne souhaitons pas une situation qui pourrait porter à tenter envoyer des troupes étrangères pour piller notre pays au nom du "maintien de paix". Le réel succès de ces élections en dépend. En cela, les candidats doivent prévaloir l’unité et la paix nationales en les prêchant sincèrement au prés de leurs sympathisants dans leurs adresses publiques postélectorales et en respectant les verdicts des urnes quels qu’ils soient.

Que Dieu protège notre pays et que le vrai patriote gagne!


Cece Jacques Monemou


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
GilBlack, mardi 6 juillet 2010
C`est bien CECE! Il reconnaitre une chose car c`est une election de la francafrique,elle nous est donc imposée. Ça sera la DEMONCRATIE ET NON LA DEMOCRATIE qui exige transparence...

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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