samedi 27 février 2010
Election en Guinée : La diaspora n’est-elle pas responsable en partie de son exclusion ?
Amadou Modibo Traore

Ce titre est provocateur ! Il m’attirera, peut-être, la foudre de certains de ceux qui s’érigent en défenseurs des droits des Guinéens, dits de la Diaspora. Et, que j’appartienne à cette frange de la population, marginalisée et martyrisée par des décennies de pratiques politiciennes scabreuses, ne dira certes rien à certains. Pourtant du fond de cet univers désocialisée ou nous (de la Diaspora) avons été virtuellement embastillés par nos dirigeants, nous sommes nombreux à être en proie à toute sorte d’humeurs, à être constamment saisis d’une envie pressante de changer le cours des choses dans notre pays, sans jamais y parvenir.

Et il arrive que ces sentiments naturels provoquent en nous, des réflexes de combats politiques plus ou moins incontrôlés, souvent maladroits et parfois grossiers. Parmi eux, il faut citer les réflexes émotionnels de juger ou condamner hâtivement, sans comprendre, d’extérioriser ses souffrances internes de la pire des manières, de dire, au mépris de la rectitude politique et morale, des choses peu fondées, souvent lourdes d’implications pour la cohésion nationale. Et, dans cette société, où tant de frustrations se sont muées en haine et en rancœur, il convient de maitriser ses émotions et de taire ses passions et sa vanité dans ses discours. Mieux, dans cette société où l’indigence et l’injustice dépravent et déshumanisent continuellement des hommes et des femmes pourtant parmi les plus courtois, les plus généreux et les plus hospitaliers du continent, il est judicieux de faire des jugements bien analysés, rationnellement pesés sinon moralistes et conciliateurs. Malheureusement, les jugements que nous portons sur les phénomènes qui jalonnent notre vie, s’accommodent souvent de dérives émotionnelles en devenant ainsi trop accusatoires sinon truffés d’irrationnel. Car faut-il reconnaître que sous l’émotion, il est facile d’accuser mais difficile d’admettre son tort.

Et justement, dans l’exclusion diasporique qui fait couler beaucoup d’encre en ce moment, force est de reconnaître que la diaspora a aussi son tort. Seule une certaine probité morale peut nous conduire à en prendre conscience. C’est à partir de cette prise de conscience que nous parviendrons intelligemment à reconquérir notre droit confisqué. Et la volonté de re-posséder ce droit devrait d’abord exiger de nous, de nous remettre en cause, avant d’esquisser toute démarche reposant plus sur la rigueur rationnelle que la vigueur émotionnelle.

Dans –« Guinée : Attente de lendemain qui ... ? », le professeur A. Doré ébauche cette question, avec toute la rigueur intellectuelle et morale qu’on lui connaît, promettant de revenir là-dessus, à une date ultérieure. En attendant la sortie prochaine, très attendue d’A. Doré sur ce qui ne cesse de défrayer la chronique (sans que les critiques ne soient toutes objectives), qu’il me soit permis de faire ma petite lecture de la situation.

Tout d’abord, il sied de relever que la responsabilité de l’ostracisme envers les Guinéens de l’extérieur, repose en premier, et de manière prépondérante, sur les autorités du pays. Ensuite, comme je l’ai indiqué plus haut, il faut admettre que la diaspora n’y est pas sans blâmes.

Nous savons que c’était devenu une tradition pour la haute hiérarchie politique d’afficher de l’hostilité vis-à-vis de l’intérêt des Guinéens de l’Etranger pour la vie politique de leur Nation. Ainsi ont-ils été, tour à tour, qualifiés tout au long de l’histoire de leurs pays, d’ennemis du peuple, d’apatrides, d’étrangers qui ne connaissent plus leur pays natal. Et les dirigeants accusateurs se livrent à cette sale besogne pour une raison bien connue - s’assurer qu’ils sont libres de brader tous les fleurons de l’économie nationale, de s’en mettre plein les poches et de mettre leurs familles respectives à l’abri du besoin, avant de prendre la poudre d’escampette, en cas de pépins. Cette stratégie est commune à toutes les républiques bananières où les dirigeants se comportent comme ces roitelets médiévaux, qui abusaient de leurs droits et privilèges seigneuriaux.

En Guinée, les bandits en cols blancs ont été encore plus coriaces en contraignant la diaspora à bourlinguer hors du pays, sans répit, en prenant soin que de nombreuses familles ne manquent pas de vivres, pendant qu’eux, ils s’enrichissaient sur le dos du peuple sans se soucier de son bien-être. Car ils savaient que même rejetée et méprisée, cette diaspora ne se lassera pas de soutenir ces milliers de familles, qu’eux ont trahies et affamées, en infestant le système politique de corruption et de scandales économiques. Ainsi donc, maintenir la diaspora hors du pays, par tous les moyens, était à leur avantage d’autant que celle-ci veillera implicitement à ce que la famine ne s’y installe pas, sur fond de pauvreté rampante. Car, ils savaient encore que « ventre affamé n’ayant pas d’oreille », une famine risquait fort de favoriser une désobéissance civile et de précipiter leur départ de la sphère administrative, mettant ainsi fin aux opérations de vols institutionnalisées.

JMD, la nouvelle recrue de la primature, ne semble pas vouloir rompre avec la tradition. Ce qui est étonnant, vu qu’il a été lui-même un « Diaspo » qui a largement eu le temps de réaliser qu’à l’étranger, essaiment des compétences guinéennes qui peuvent aussi très bien apporter leurs pierres précieuses à l’édifice national. Il exclut la diaspora de son gouvernement, prétextant le même refrain que nombreux de ses prédécesseurs. Un archaïsme qui démontre que ce vétéran de l’opposition, reconverti en Premier Ministre, est si déconnecté de l’univers qu’il ignore, que la révolution informationnelle a déjà officialisé la globalisation, faisant de notre monde, un village où tout le monde sait ce qui se passe partout. Mais comme si cela ne suffisait pas, il fallait aussi priver la diaspora de son droit de vote. Ce, bien qu’elle constitue (selon des estimations non officielles), le tiers de la population guinéenne – environ 4 millions de personnes. Je conviens que cette décision est maladroite, malheureuse et devrait être révoquée. Mais elle n’est pas tout à fait illogique.

Car au-delà du mépris des différents gouvernements guinéens envers la diaspora, il faut avoir le courage et l’honnêteté de reconnaître que dernièrement, le gouvernement a déployé des efforts en direction du recensement des Guinéens de l’Extérieur. Mais très peu (moins de 5% peut-être) ont accepté de s’acquitter de ce devoir dans nos ambassades respectives. On ne peut pourtant être électeur et éligible que si l’on figure sur la liste des électeurs, laquelle est produite a partir d’un recensement général. Cela va de soi. Le cas du Royaume Uni, qui est loin d’être isolé, suffit pour illustrer le fait. Le personnel de l’ambassade a, dans ce pays et à plusieurs occasions, exhorté les guinéens à venir se faire enregistrer. Mais c’est un appel qui restera généralement ignoré, si bien que le nombre des personnes recensées serait largement négligeable et n’influencerait pas le scrutin électoral. On peut imaginer que ce constat est extrapolable à d’autres pays étrangers. Les causes de la réticence de la communauté sont multiples et souvent fondées, mais pas toujours liées à nos missions consulaires et diplomatiques. Ce n’est pas le lieu de les évoquer. Et à cet égard, le moins qu’on puisse dire, c’est que la diaspora est aussi fautive dans ce qui lui arrive. Car si elle s’était fait recenser comme cela se devait, il n’aurait sûrement pas été question de la déposséder de son droit de vote. Mais qu’à cela ne tienne, ce faible taux de recensement ne peut être raison valable pour exclure carrément la diaspora du processus électoral.


A. Modibo Traore, UK
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mariame CAMARA, Allemagne, mercredi 3 mars 2010
Je partage l`analyse de Monsieur TRAORÉ. Mon avis personnel est qu`il faut aller vite sinon il y aura une remise en cause totale de l`actuel processus de transition, qui donne pourtant beaucoup d`espoir. Ce qui se passe actuellement n`arrange pas tous les acteurs ...Donc, tout ce qui peut retarder la tenue des élections dans 6 mois, doit être évité. La diaspora peut, en effet, attendre les élections législatives pour faire inscrire sur les listes électorales ceux qui n`ont pas pu le faire. Mariame, Allemagne.
Cissé Oumar de Bma, lundi 1 mars 2010
Est-il utile de rappeler, que les personnels de recensement et leurs matériels, se trouvaient bel et bien en Europe (entre autre), et particulièrement à Paris, en septembre 2009, lorsque nos locaux diplomatiques furent saccagés et leurs contenus écrabouillés, comme au passage d’un troupeau d’éléphants furieux ? Des fichiers furent noyés sous des trombes d’eau, et d’autres irrécupérables, jonchaient le parquet du rez-de-chaussée et du premier étage (j’étais arrivé vers 10h30, ce jour là, avec une vingtaine de passeports pour le visa) !!! Une fermeture obligée de l’ambassade s’en était suivie car, il fallait déblayer…, et beaucoup de nos amis et partenaires étrangers furent empêchés à l’époque, d’effectuer leurs missions en Guinée ! Le recensement aussi, fut stoppé net avant d’avoir commencé et n’oublions pas que des chahuts et beaucoup d’hostilité avaient accueilli les délégations de recenseurs, un peu partout dans le monde, comme si on voulait leur faire payer, ce qu’on reprochait au CNDD et à son chef Dadis. Voilà donc une des raisons, à mon humble avis, des problèmes actuels posés à la diaspora dont le recensement correcte nécessitera cependant plusieurs semaines. Pour conclure, sachons que la possession de documents guinéens, ne peut et ne doit pas suffire pour voter ; ce serait en effet cautionner et perpétuer la fraude, si on réutilisait les vieux listings du PUP non expurgés car, c’est précisément ces vieilles listes suspectes, que la CENI n’a pas eu le temps de nettoyer et rénover, afin de tourner définitivement la page des tricheries de l’ère Conté, au cours de laquelle mon RPG savait par cœur la fameuse citation de Staline : ‘’L’important n’est pas celui qui vote, mais celui qui compte les votes’’ ! STALINE.
Kabinet, lundi 1 mars 2010
Vous les cousins de l`extérieur là, sachez que chaque minute qui passe au delà du 27 juin 2010 est une minute de trop pour nous autres à l`intérieur. La CENI a débloqué de fortes sommes d`argent pour organiser le recensement dans certains consulats, ce n`est la faute de personne si certains d`entre vous n`ont pas pu se rendre aux sites retenus à cause du manque de papiers, de moyens financiers, de confiance en la CENI etc.. Donc, si votre recement porra retarder les élections, moi je préfère que vous attendiez les legislatifs... Nous ne devons plus donner l`occasion à qui que ce soit pour prendre gout au pouvoir sans qu`il ne soit élu. Nous devons mettre fin à cette vie agonissante de la nation. J`espère que vous me comprendrez chers cousins.
dannkoun, lundi 1 mars 2010
Peut-être que cette discussion n’a plus lieu d’être car semble-t-il il est maintenant admis que « Qu’ils soient Guinéens de l’intérieur, qu’ils soient Guinéens de l’extérieur, nous tous, nous avons les mêmes droits et les mêmes devoirs. » (Général Konaté). Il faut tout de même se souvenir qu’avant que l’on envisage de priver toute la diaspora de son droit de vote, il avait été décidé d’ignorer plusieurs pays lors du recensement. Donc on ne peut de bonne foi évoquer le faible taux de recensement pour exclure la diaspora du processus électoral. Heureusement d’ailleurs que l’auteur a souligné que « ce faible taux de recensement ne peut être raison valable pour exclure carrément la diaspora du processus électoral ». Le droit de vote est un droit individuel inaliénable du citoyen. S’agissant du peu d’intérêt (apparent ?) de la diaspora pour le processus électoral, il serait intéressant de savoir en UK (et peut-être ailleurs?) quelles en sont les causes.
Ansoumane Doré, lundi 1 mars 2010
Je veux dire à Amadou Modibo Traoré qui a l`habitude de faire de très bonnes contributions que le titre de cet article ne peut être considéré comme provocateur.Il s`agit d`apport à la réflexion de chacun.Cependant le fait de souligner qu`il faut admettre que la diaspora n`y est pas sans blâmes,doit être atténué par la fin du texte. Ce n`est pas parce qu`il y a peu d`inscrits qu`on doit proscrire d`élections toute la diaspora guinéenne.Quoi qu`il en soit, il semble,aux dernières déclarations du Président intérimaire Sékouba Konaté et du Président de la CENI, Ben Sékou Sylla que la question est à revoir.
bouba, lundi 1 mars 2010
Je ne retiendrais que le début et la fin: "La diaspora n’est-elle pas responsable en partie de son exclusion ? Ce titre est provocateur ! Mais qu’à cela ne tienne, ce faible taux de recensement ne peut être raison valable pour exclure carrément la diaspora du processus électoral. "
IBRAHIMA, dimanche 28 février 2010
Mr. TRAORE je partage à plusieurs égards votre analyse sur la responsabilité des guinéens à l’étranger sur cette tentative de les exclure à ce rendez-vous qui devrait marquer le début de l’édification d’une vraie nation démocratique en Guinée. Cependant je ne suis pas tout à fait d’accord sur le fait que vous incriminer nos compatriotes du moins pour le cas du Royaume Unis d’être les seuls responsables de leurs non enrôlement en 2009. Mes raisons je les déclinerai brièvement : Tout d’abord, la période à laquelle les recensements ont été entrepris le torchon avait déjà commencé à bruler entre la diaspora et le CNDD du fait des multiples séries de manifestations de cette diaspora contre les dérives du CNDD et du coup un grand nombre était réticent à l’idée de se faire enregistrer vu que ces données pouvaient être utilisées contre nos compatriotes (ceci est mon interprétation personnelle et suite aux discutions que j’ai eu avec des collègues). Deuxièmement, le séjour des agents recenseurs qui étaient très court et seulement une équipe par ville et dans pas plus de 3 villes dans des pays à fortes concentration de la diaspora (donc insuffisance de structure d’enrôlement) Troisièmement, le manque d’information et de sensibilisation des guinéens à l’étranger avant le début du processus, malgré que les guinéens soient bien organisés en associations et que les partis politiques soient bien représentés dans ces pays et souvent organisés en comités (ces structures n’ont pas été associes pour faciliter et surtout pour encourager nos compatriotes à se faire récencer). Et le nombre important des moyens d’informations (notamment les sites internet guinéens) devait faciliter la circulation de l’information. Voilà quelques observations des causes qui auraient contribué à l’échec de ce processus d’enrôlement. Le but n’étant pas de critiquer, mais plutôt de souligner entre autre des erreurs qu’il ne faudrait plus commettre pour cette deuxième phase du processus d’enrôlement. Pour moi la question n’est pas de savoir si les guinéens à l’extérieur doivent ou non participer à ce rendez-vous électoral ; mais plutôt quels sont les voies et moyens (de l’apprentissage des erreurs du passé) pour y parvenir et le réussir. Je retiens et emprunte un passage de la réaction de MR. SAIDOU NOUR BOCOUM « Entamons l`asscencion de cette montagne de difficultés pour mieux les affronter la prochaine fois » et comme le dirait les anglais : IMPOSSIBLE IS NOTHING. Les vrais amis de la Guinée aujourd’hui sont ceux qui assisterons et exigerons de la CENI de nous présenter un vrai programme d’enrôlement des guinéens à l’étranger dans les plus brefs délais (moins de 4 mois des élections, le temps nous ai compté). La question de manque de fonds est un faux problème, car la guinée a toujours su emprunter des fonds pour des projets de moindre importance et à mon humble avis l’édification de la vraie nation démocratique en Guinée n’a pas de prix. Wa salam ! Comme le dirait SNB.
rima, dimanche 28 février 2010
Modibo traore, Ton texte est homogène et réfléchi et tu as bien pris le temps pour décrire la situation actuelle de notre pays. tous mes encouragements
ALPHA OUMAR BARRY, dimanche 28 février 2010
NOUS NE COALISONS PAS DES ASSOCIATIONS MAIS NOUS UNISSONS DES HOMMES . Ceci peut être le credo de MR GUILAO LUCIEN . Soucieux de l`application la plus large possible du principe de non exclusion, Mr Guilao a pris la résolution ferme d`entériner les dérogations de la Ceni en rapport au vote de la diaspora guinéenne. Les intervenants du net ont aussi largement désapprouvé cette sortie de la Ceni sans consultation préalable de Mr.Guillao. J`avais émis l`hypothèse confirmée du partage de responsabilité face au sujet qui nous incombe et qui en la matière mérite réflexion. La diaspora guinéenne est en manque d`organisme solide de cohésion ,sa création constitue le premier défi majeure, face aux velléités d`affirmation de la pléthore d`associations et de groupuscules régionales qui la compose.La faute à la nouvelle donne politique qui n`a pas ménager loin sans faut les volontés individuelles dans l`effritement du tissus social. Le mode de fonctionnement de la diaspora guinéenne est actuellement transposé à l`identique de la situation politique guinéenne.Divisée, pas de conciliation ni de réconciliation à court terme possible sur les bases de la vie en commun dans la solidarité agissante des fils et filles de cette entité nationale. Les clivages ethniques, les sensibilités politiques et conflits d`intérêts en forment un autre défi qu`il faudra aplanir.Ma proposition serait la création d`un Conseil National des Guinéens de l`extérieur de 8 membres issues des 4 régions naturelles .Ceci ne sera possible que les associations régionales et celles de larges consensus uniformisent leurs message et tendent dans la pratique à minimiser leurs divergences d`approche et appliquer des politiques similaires vis à vis des citoyens avec titre de séjours et ceux et celles qui sont requérants d`asiles ou à la recherche de travail.Les groupuscules flirtent avec les partis politiques et les associations de larges consensus s`abandonnent déjà à l`ivresse de la représentativité au sein de la C.N.G.E .Voilà l`une des raison de la faillite de l`instauration d`une véritable politique d`union de la diaspora qui aurait eu l`avantage de l`avant garde. Mais aujourd`hui, il est impératif qu`un large mouvement social se constitue dans chaque pays pour exiger UN CONSEIL DE LA DIASPORA.qui en limitant les effets néfastes régulera les stratégies des différentes associations au bénéfice de notre pays.LA BALLE EST à PRESENT DANS LE CAMP DE LA DIASPORA .
Saïdou Nour Bokoum, dimanche 28 février 2010
Ma soeur Bilguissa, ton "petit" commentaire des réflexions sages de M.Traoré est la "substantifique moelle" de mon dernier texte.Comme quoi la sagesse elle-même ne suffit pas pour briser la pseudo-quadrature du cercle où l`on veut enfermer l`épineuse question du vote des Guinéens de l`Extérieur. "C`est compliqué, et puis c`est trop tard maintenant, donc, qu`ils attendent les législatives qui sont plus importantes que les présidentielles,etc.", entend-on. Mais alors pourquoi n`avoir pas commencé par le "plus important" ! Les insuffisances d`hier des uns et des autres, sont devenues aujourd`hui une montagnes de difficultés "techniques".Ton court papier dit à M. Traoré (qui est de bonne foi) et à ceux qui pourraient détourner ses propos : "la preuve du pudding c`est qu`on le mange", comme dit l`adage anglais. Entamons l`asscencion de cette montagne de difficultés pour mieux les affronter la prochaine fois. Paix sur toi, ma soeur ! Et salut de fatigue ! disent les frères Dogons du Mali.
KANTE, dimanche 28 février 2010
Monsieur A Modibo Traoré, j’ai trouver votre analyse très pertinente et surtout vous avez une des qualités qui, nous nos jours font défaut en ces heures c’est : l’impartialité. Ce pendant il faut resituer cette période de recensement en Angleterre dans son contexte. Les guinéens se trouvaient dans une prison dont ils ne voulaient vraiment pas en sortir, je vous en donnerai des détails pour une autre fois. Je suis enseignant et j’ai toujours récusé les évaluations sommatives. Lorsque qu’une dictée contient cent mots et qu’on dise qu’un enfant qui a fait cinq fautes a Zéro, je me demande toujours ce que l’on a fait des quatre vingt cinq mots qu’il a bien écrits. Pour conclure, je dirais que le nombre de votant n’a aucune valeur significative moins encore juridique et plus morale. Si dans un pays il n’y a qu’un guinéen qui se fait recenser, nous devons toujours garder en tête qu’il existe des milliers de guinéens dans ce pays qui contribuent à la survie de la Guinée par leur apport direct à leur famille et ne serait ce que pour cela il faut permettre à ce seul guinéen recensé de jouir de son droit de vote. Souvent je me décomplexe en me disant que le pouvoir rend les guinéens amnésiques
Bilguissa, samedi 27 février 2010
Bien mon frère Modibo votre dernière phrase dit l’essentiel. Mais qu’à cela ne tienne, ce faible taux de recensement ne peut être raison valable pour exclure carrément la diaspora du processus électoral. Ce qui incombe à la CENI à mon avis c’est de faire son travail. Les guinéens qui ne seront pas recensés ne voteront pas. Nous aurons franchi au moins un premier pas et la CENI dans ce cas aura FAIT SON TRAVAIL. Ce qui permettra à la guinée et aux guinéens de savoir et de reconnaître où se trouve le problème; en même temps, les observateurs du monde entier feront aussi le constat. Car, comme vous le savez, dans la plupart des plus vielles démocraties, on n’oblige personne de s’acquitter de son droit de vote; on encourage seulement les citoyens à le faire pour le rayonnement et la valorisation de ce droit. Donc, dans le cas de la Guinée comme vous le décrivez bien dans ce texte, les nombreuses lacunes dues à la culture de l’égoïsme et de la destruction de leur pays et donc de leur compatriotes que nos dirigeants successifs ont léguées de génération en génération à leurs enfants et petits enfants sera stoppée. Ce qui permettra aux guinéens conscients de la valeur de ce droit, de sensibiliser les autres guinéens qui l’ignore ou le néglige; et par la même occasion rendre le pouvoir à qui de droit! C’est-à-dire au peuple, et nous aurons atteint un des objectifs des plus important; qui nous permettra de mettre toutes les autres pièces du puzzle à leur place afin d’huiler la machine qui devra produire le vrai patriotisme, la justice, la cohésion sociale, la prospérité… Mon frère Traoré pour sortir du sérieux, je vais emprunter un slogan au doyen Bokoum, slogan dont je ne connais pas la définition qui finit toujours ses réflexions…Wa Salam!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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