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Devons-nous être de ce pays où le vieux tarde à mourir et le neuf tarde à naître ? Telle est ma réflexion depuis un moment, en dépit de mon volontaire silence qui m’a donné à observer, écouter et analyser l’agitation, aux propos parfois insensés, de certains compatriotes sur le net.
Chacun y est passé (y passera) avec sa charge émotionnelle souvent biaisée par un sentiment qui, de fait, dénature la réalité, sème la confusion au lieu d’établir la vérité des faits produits. Cette vision des choses est l’un des facteurs qui favorisent effectivement l’instauration de la démocratie.
Malheureusement, les détracteurs, relayeurs de l’option prise dès 1960 par leurs devanciers n’ont encore rien saisi de l’histoire qui se produit dans notre pays. Le rayonnement du réel ne peut être indéfiniment caché par et dans le mensonge. Après tout, la vérité remettra à l’endroit l’inversement de l’histoire.
Pour exemple, lorsque la question des produits chimiques toxiques a été posée, ce fut un véritable tollé pour laisser asseoir l’idée d’une malice des autorités de Conakry. Quelques jours après, un organisme, non des moindres, de l’ONU attestait non seulement la dangerosité des produits, mais déclarait que « Les contrôles [de ses] experts ont confirmé que les quantités et la nature des produits chimiques découverts sur ces sites visités dépassent largement les besoins de la Guinée et que certaines de ces substances sont des précurseurs chimiques de produits tel que l'ecstasy et des solvants souvent utilisés dans la production de la cocaïne et de l'héroïne ». Aucun des disciplines et condisciplines des nouveaux apôtres de la dénégation de la réalité guinéenne actuelle n’eut cure de se dédire.
Et il y a eu ce prix décerné au Président Dadis par CIMA, qui est une autre reconnaissance du travail abattu par le CNDD. Les “opposants” au CNDD continuent à alimenter le circuit malhonnête du mensonge.
Il est bien dommage que depuis 1958, l’opposition guinéenne soit, dans la pratique, antinomique du patriotisme.
Alors l’on ne peut que s’interroger sur ce qu’est une opposition politique dans la construction d’une Nation démocratique et donc d’un Etat de droits.
Alfred Sauvy écrit dans la « Tragédie du pouvoir » (1978) : « La démocratie ne consiste pas à s’unir mais à savoir se diviser. L’unanimité, le plein accord, est un mauvais signe. »Donc l’existence d’une opposition politique dans un pays semble nécessaire à l’amélioration et l’évolution progressive de la démocratie.
De ce fait, l’opposition assure certaines fonctions indispensables en démocratie. Elle permet, d’abord, une information contradictoire des décisions et des intentions du gouvernement du pays. Il revient à l’opposition de soulever des questions, de critiquer les interrogations ou les orientations de telle ou telle politique du pouvoir en exercice. L’opposition doit, ensuite, constituer pour les électeurs un éventuel gouvernement de rechange. Enfin, cela signifie que l’opposition doit avoir un programme réalisable et constituer par le principe de l’alternance un gouvernement en puissance.
Quelle est la figure de la nôtre?
Elle est toute risible, si ce n’est une tragédie ! Ses leaders n’ont les yeux rivés que sur le fauteuil présidentiel. Ils sont antidémocrates. Visitez le fonctionnement de leur parti et la structuration de leurs instances dirigeantes. L’habitude étant une seconde nature, j’ai bien peur qu’ils soient capables de donner la démocratie à la Guinée.
La démocratie n’est-elle pas une pratique permanente dans la gestion de la cité ?
Les partis politiques, dits d’opposition, en Guinée, brillent par leur propre contradiction dans l’accomplissement de leur fonction. Aussi déroutant que cela peut paraître, ils sont englués et enfermés dans la résistance au vrai changement. C’est ainsi que certains de ses responsables torpillent toute initiative de nature à promouvoir un nouveau et véritable leadership. Ils opèrent de petites combines fondées sur la victimisation. Cette stratégie ne doit plus faire de recette en Guinée. Un opposant-voleur est à mettre hors du circuit politique bien même qu’il distribue de l’argent volé au Guinéen pour orchestrer une propagande de félonie vouée, heureusement, à un échec total. Il s’agit là d’une fuite en avant dont l’issue ne peut être autre que les audits. Et voilà d’autres qui flirtent dans les coulisses avec les détenteurs du pouvoir.
A leur place, des individus sont missionnés. Plus animés par des desseins très énigmatiques, ceux-là se font passer pour les hérauts de ces opposants devenus muets. Encore qu’à ce niveau, l’on pourrait comprendre si la motivation était de nature à éviter la déconstruction de l’idéal républicain caressé faussement sous le couvert de la démocratie ?
Que l’on dénie et déforme la réalité, que l’on sème la confusion dans l’esprit des citoyens, que l’on dénigre et insulte l’autre, que l’on irrigue l’espace public de mensonges, que… ; cela fait que l’on est amené à s’interroge sur le patriotisme qui se résume chez eux en ces termes : « Si ce n’est moi alors personne d’autre ».
La noble mission de l’opposant perd ainsi toute signification, sa saveur et devient une sorte de contre courant nuisible à la construction de la Nation guinéennes et empêche l’existence heureuse de ses populations.
Leur démarche est si négative que les élèves de « L’école des maîtres de la démocratie » sont déroutés. Ils questionnent maintenant leurs maîtres qui doivent de nouveau leur répondre que ce sont les idiots qui persistent dans une opposition ringarde pour éviter d’écrire « seuls les imbéciles ne changent pas ». Il faut leur dire que certains de leurs maîtres ont mieux et vite compris l’évolution de la Guinée bien qu’ils soient apparus de nouveaux djihadistes du net dont le fantasme est à mépriser. Car le mensonge qu’ils distillent produira, certes des effets, mais ils seront toujours éphémères parce que la vérité des faits triomphe toujours de la nuit mensongère. Puisque l’opposition guinéenne est elle-même fissurée par ses propres contradictions qui font de ses leaders des agitateurs sur la place publique le jour et les transforment courtisans du pouvoir quand tombe la nuit, il n’est pas inopportun de dire la vérité aux Guinéens qui croient encore à leur affabulation.Seraient-ils des semeurs de vrais espoirs, la Guinée n’aurait-elle pas déjà pris le train du progrès ? Question à méditer !
Je l’écris aujourd’hui : aucun de ceux, qui trottinent sur la route de la démocratie guinéenne au nom de soit disant parti politique, ne sera le Président de mon pays. Parole de Nostradamus de Lola ! Retenez-la, Guinéens !
Il est désormais urgent que la classe politique guinéenne se renouvelle. De ce renouvellement dépendra l’avenir radieux pour lequel il y a tant de sacrifices. Et ce ne sont pas les voleurs et affameurs des Guinéens reconvertis honteusement en politiciens qui doivent constituer la charnière du renouveau guinéen.
Voilà pourquoi depuis le 23 décembre 2008, je soutiens, autant que faire se peut, le CNDD. Il faut que les nouvelles autorités gardent la main protectrice sur mon pays afin de lui éviter le retour gagnant de ses prédateurs. Aussi devons-nous leur lancer un message fort pour refuser le recyclage des mêmes membres des systèmes passés, non encore convaincus qu’une nouvelle page de notre évolution est entrain de s’écrire quelque soit la non linéarité de la marche entreprise.
Mon soutien au CNDD vient de cet idéal : ne pas donner une nouvelle occasion à nos bourreaux de refaire surface. Alors, que les élections ne s’organisent qu’après avoir élagué l’arbre politique de Guinée des branches pourries et des vieilles autres parties infécondes afin que poussent de nouveaux bourgeons annonciateurs des meilleurs et bons fruits à la saveur nourricière de la démocratie guinéenne !
Mon nouveau combat est celui du renouvellement de la classe politique parce que je mesure la limite de ces nouveaux politiques, mais très anciens et trop imbibés de la substance du mal qui maintient ma belle Guinée au bas de l’échelle des nations.
Et puis que chaque Guinéen parle de changement sans y mettre le même contenu, je repose ma question : Devons-nous être de ce pays où le vieux (ancien) tarde à mourir et le nouveau (neuf) tarde à naître ?
Ma réponse sans hésitation est Non ! Il faut renouveler la classe politique pour le bien de tous les Guinéens, donc laissons « mourir le vieux ». Le premier pas à franchir est celui des audits. C’est, seulement, à ce prix que les élections démocratiques tant encensées apporteront à notre pays le bonheur attendu depuis notre accession à la souveraineté nationale, le 2 octobre 1958.
Paris, le 13 août 2009
Jacques Kourouma
www.guineeactu.com
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