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Que les choses changent vite, comme quoi la seule constante de la vie est le changement, c’est en tout cas ce que disent les philosophes. C’est la règle de la vie et de la nature qui, sont toutes les deux des variables sans cesse changeants. Et la politique et l’homme politique n’y échappent pas. Depuis que Toumba a semé une balle dans la tête de Dadis les choses évoluent vites et très vite en Guinée. Même si la balle elle, n’a as germé dans ce milieu de vie aussi favorable qu’est le cerveau, elle a cependant poussé les acteurs de la politique Guinéenne à revoir leur copie et leur position.
D’abord sur les négociations à Ouaga qui, me semble t-il, sont devenues très compliqués. En effet on ne peut négocier qu’avec des interlocuteurs qui savent et/ou peuvent prendre des décisions. En l’état le CNDD sans chef semble vouloir gagner du temps en attendant le retour «improbable» de Dadis (auquel il jure fidélité et loyauté, mais jusqu’à quand ?) ou en attendant de trouver un remplaçant puisque Konaté ne semble pas, de loin faire l’unanimité. Alors dans ces conditions il est difficile de trouver consensus. D’autant plus qu’il y a l’aile dure du CNDD qui veut mordicus garder le pouvoir et qui n’entend pas le céder à un quelconque politique. Les Moussa Keita, Idrissa Cherif (l’Ivoirien) et quelques endurcis du CNDD ne veulent plus des négociations. En fait, Moussa Keita n’a pas dit ce qu’il veut, c'est-à-dire prendre le pouvoir à la place de Dadis. Il se murmure qu’il a eu du mal à digérer le fait que ce soit Dadis qui ait pris le pouvoir après la mort de Conté, mais devant les faits il l’a accepté en se rongeant les ongles afin de pouvoir rester dans les rangs. On dit de lui d’un homme ambitieux et fermement convaincu qu’il n’y a que l’armée qui peut gérer le pays. Remarquons juste qu’il s’est complètement démarqué de Alpha Condé à cause du quel il a été mis en taule en 1998. Les mauvaises langues disaient qu’il était l’œil et l’oreille d’Alpha dans l’armée, chose qu’il a démentie récemment dans une interview avec nos collègues de kibarou.
L’autre pendant de cette redistribution des cartes est justement l’attitude même des hommes politiques envers Konaté qui semble t-il est bien encensé de tout part. C’est étonnant car c’est la même attitude que certains ont adopté envers Dadis à son arrivée au pouvoir. Il faut que nos responsables politiques sachent une chose : un militaire c’est toujours un militaire (même s’il porte des bas brodés un âne reste toujours un âne).
Actuellement ce sont les mêmes erreurs que sont en train de commettre nos responsables politique (ah pardon nos politiciens). Beaucoup pensent dans la cité que Konaté est politiquement manipulé et que l’attentat contre Dadis a bien été planifié et que certains hommes politiques seraient impliqués. Ces gens qui cautionnent ainsi un autre régime militaire n’ont pas compris que le pouvoir ne se donne pas. Un militaire qui y goûte s’éternise car c’est un peu comme le sexe (excusez moi) une fois qu’on en fait on ne peut plus s’en passer.
Cette situation, fait qu’aujourd’hui au sein des forces vives on ne chante plus la même hymne. La preuve en est qu’à Paris, où les forces vives sections françaises organisent une manifestation contre le pouvoir militaire en Guinée, certains partis politiques preferent ne pas y participer. Ils préfèrent donner le temps à Konaté alors qu’il n’est même pas intronisé.
Aussi il y a justement le silence des grands partis par rapport à l’attentat contre Dadis et l’arrivée probable de Konaté au pouvoir. Hormis quelques rares réactions nous n’avons rien entendu de nos politiciens. Il y a certes eu cette réaction molle du fougueux (dans le vieux bon temps) Mouctar qui a fait comprendre à beaucoup que lui aussi il a commencé sa migration et sa mutation politique. Mais sinon tous se sont réduits au silence.
Hommes politiques ou politiciens, vous n’avez plus droit à l’erreur, c’est le moment de vous montrer unis pour faire comprendre à Konaté que vous ne cautionnerez plus un régime militaire. Dadis s’est installé et s’est éterniser par votre bénédiction, je reste convaincu que Konaté et l’aile dure du CNDD le seront par les mêmes bénédictions. Apres vous aller jeter les fils du pays dans la pâture à la conquête du pouvoir. Non plus aucun Guinéen ne doit mourir parce qu’en partie vous n’avez pas été responsables.
Si vous pressez présentement Konaté avec l’aide de la communauté internationale il organisera des élections libres et il partira un peu comme ATT mais si vous vous montrer «lâches» il s’éternisera comme Conté la fait et comme Dadis a voulu le faire. Vous n’avez jamais profité des circonstances favorables pour bousculer le destin et pourtant vous en avez eu en javier-fevrier 2007 où le pouvoir s’est retrouvé presque dans la rue ; le 23 décembre après la mort de Conté et l’arrivée de Dadis où il ne fallait juste qu’une petite pression et vous en avez une là maintenant, c’est à vous d’agir dans l’intérêt de la nation et du peuple guinéen qui a tant souffert.
De votre attitude, nos vies en dépendent, celles d’une nation sans repère.
London CAMARA Directeur de publication www.guinee58.com
www.guineeactu.com
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