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Le Président de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR), M. Bah Ousmane dresse le bilan du congrès que son parti vient de tenir à Labé. Tout en faisant allusion à l’éviction de Bâ Mamadou. Le Démocrate : Quels sont les sentiments qui vous animent au lendemain des assises de Labé qui ont conduit à votre plébiscite à la tête de l’UPR ? Bah Ousmane : Je suis heureux de pouvoir répondre à votre question sous votre contrôle naturellement étant donné que vous étiez l’envoyé spécial de votre journal chargé de couvrir le déroulement des travaux du congrès extraordinaire de notre Parti qui s’est tenu à Labé les 18, 19 et 20 juillet 2008. J’éprouve des sentiments de grande satisfaction et de beaucoup de fierté au lendemain de ce Congrès. Et pour cause. D’abord pour le bon déroulement des travaux du Congrès. Ensuite la très forte mobilisation des membres statutaires du Congrès et des populations hospitalières de Labé. Enfin, la confiance renouvelée des militantes, des militants et des responsables de l’UPR à ma modeste personne mais aussi aux idéaux du parti lesquels se confondent à ceux du Président Fondateur du parti, l’Honorable Siradiou DIALLO qui se trouve aussi réhabilité après que certains esprits aient entrepris de souiller sa mémoire. Vous ne pouvez pas vous rendre compte de toute la fierté que j’éprouve parce que vous n’avez pas été témoin de l’importance et de la campagne de sabotage dont certains se sont rendus responsables avec le dessein machiavélique de faire échouer ce congrès. Vous devez savoir que tout a été mis en oeuvre pour que ce congrès ne se tienne pas. Des démarches entreprises auprès des autorités des hautes sphères de l’Etat, aux coups de fil en vue de démobiliser les membres statutaires du congrès en Guinée Forestière, N’Zérékoré, Lola, Kissidougou, Guéckédou et j’en passe. Juste un exemple émouvant. Un certain personnage terré à Conakry, saisit son téléphone portable pour appeler les délégués de N’Zérékoré à ne pas venir à Labé pour prendre part au congrès. Voilà qu’une militante, responsable de N’Zérékoré saisit son portable pour me joindre et tenir les propos suivants : « Président, je ne suis pas d’accord je ne vais pas sacrifier les 17 années de mon combat politique, ils m’ont dit de ne pas aller à Labé et je ne suis pas d’accord. Si tous les responsables appelés à se rendre à Labé n’y vont pas, moi j’irai en tout cas. » C’était la voix de Mme Nyépou du Bureau Fédéral UPR de N’Zérékoré. Cela a suffi à me mettre en éveil et les dispositions palliatives une fois prises, ce sont les propagateurs de la désinformation eux-mêmes qui rallient l’opinion de Mme Nyépou et tous répondent présents à Labé et à leurs frais. Voyez-vous un peu quelle onde cela fait pour le responsable que je suis. A terme « destitué » par une poignée de 20 personnes parfois sans base électorale et se voir plébisciter par 351 voix, cela fait chaud au cœur et revigore la personne bénéficiaire d’un tel élan de confiance. Ne craignez-vous pas qu’un jour le nouveau Vice-président, n’aspire à vous supplanter à la tête du parti ? Pour le Démocrate que je suis, cela ne m’inspire aucune crainte car en effet, je n’ai nullement l’intention de me cramponner et de me pérenniser à ce poste de président du parti. Si une telle éventualité devait arriver, l’UPR saura encore une fois, administrer une belle leçon de science politique comme le disait le Président Siradiou. A son actif, il disait que le Parti n’est pas créé pour lui. Aujourd’hui c’est lui et Siradiou passera, un autre prendra la relève. N’est pas ce qui s’est passé ? Alors pourquoi écarter l’éventualité qu’après BAH Ousmane, un autre soit porté aux commandes du parti ? Qu’il s’appelle Amadou Oury Lémi DIALLO ou autrement, tout est possible dans la logique de la démocratie interne pratiquée par notre parti et dont la démonstration a été faite à Labé avec votre témoignage. Encore un enseignement du Président Siradiou qu’en politique il n’y a jamais « jamais ». Puisque vous évoquez le cas de l’UFDG, je voudrais faire remarquer qu’au sein de ce parti se retrouvent aujourd’hui bien des forces antagoniques hier. Qui ne se souvient pas des fautes oratoires du doyen Bâ Mamadou, pourfendeur de la mal gouvernance, des pratiques antidémocratiques dont certains responsables se retrouvent aujourd’hui à l’UFDG ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Des opinions fortement divergentes convergent dans cette formation politique de nos jours. Mais laissons le temps s’écouler. On verra bien. Une alliance serait-elle envisageable avec l’UFDG ? Je perçois parfaitement ce à quoi vous faites allusion parce que j’ai pris connaissance de votre publication intitulée « Bâ Mamadou répond à Bah Ousmane ». Après avoir pris connaissance de la réaction du doyen Bâ Mamadou, je dis qu’il se trompe de cible. Je voudrais apporter une précision de taille. C’est le congrès de l’UPR qui a pris la décision de lui enlever le titre de Président d’honneur en application des dispositions de la loi portant charte des partis politiques. J’ai pris connaissance du projet de résolution y afférent en même temps que vous dans la salle des plénières. J’ai assumé la responsabilité de recueillir l’avis des congressistes certes. Des voix se sont élevées, mais pas une seule ne s’est exprimée contre la disposition le concernant. Alors puisqu’il était Président d’honneur de l’UPR, c’est le même parti réuni cette fois-ci en congrès qui a pris la décision de lui retirer l’honorariat du parti. Ce n’est nullement la décision de BAH Ousmane. Le doyen Mamadou Bhoye Bâ s’attaque à ma personne. Je me suis assez souvent abstenu de répliquer. Mais cela ne durera plus longtemps. Je n’ai fait que respecter le doyen et me mettre à sa disposition tout le temps que notre cohabitation a duré. Seulement, pour autant qu’on revendique du respect pour soi, il faut en donner aux autres également. Propos recueillis par Aly Badara Condé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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