jeudi 26 août 2010
El Hadj Boubacar Diallo, un « intouchable » poursuivi quand même ?
Haroun Barry Gandhi

Rappel de la situation de départ

S'il y avait incontestablement des imperfections dans la conduite du processus électoral en amont (recensement intérieur et extérieur incomplet, diaspora écartée, listes électorales sujettes à caution, découpage des circonscriptions fantaisiste, composition de la CENI ne correspondant pas aux critères de compétence, d'expertise et d'expérience en matière électorale) et en aval (nombreux ratés de la CENI du fait de son incompétence, de son manque d'impartialité et de neutralité), qui pouvait croire honnêtement un instant qu'il n'y aurait pas de problèmes en Guinée, connue pour son absence de culture démocratique ?

Tout le monde s'accorde - j'en suis également - pour dire que la CENI a mal fonctionné, mais tous les partis politiques n'avaient pas remis en cause, ni sa raison d'être, ni sa composition, avant le premier tour des élections.

En fait, j'ai découvert sur certains sites, ce que je pensais n'être qu'une affaire politico-médiatique, concernant essentiellement le Président de la CENI (M. Ben Sékou Sylla) et son Directeur de la planification (el Hadj Boubacar Diallo).

Au vu des éléments du dossier que je possède (de simples comptes-rendus partiels, non fiables et imprécis de sites web), il semble que le candidat Alpha Condé ait utilisé la procédure de citation directe à comparaitre - à l'encontre de ceux-ci (article 381 du Code de procédure pénale) -, devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Dixinn (section pénale), pour atteinte à l'exercice de ses droits civiques (non transmission à la Cour suprême des procès-verbaux de certaines circonscriptions électorales).

J'ai essayé d'être le plus pédagogique possible (d'où la longueur du texte), pour permettre à chaque commentateur de comprendre mon raisonnement, ce qui permet à tout un chacun de pouvoir le contester juridiquement (j'insiste sur cet aspect juridique), et/ou d'apporter des précisions utiles - de fait ou de droit - que j'aurais omises ou ignorées.

Après un rappel d'éléments de fait et de droit du dossier, tel que je le connais, il vous apparaîtra également étrange de constater qu'il faut une semaine à un juge pour prendre une décision, alors que cinq minutes suffisent (soit moins de temps qu'il n'en faut pour lire mon texte).

Quelques brefs rappels utiles sur la CENI

On rappelle qu'en vertu des articles 132 et 133 de la Constitution, la CENI est une Institution - au même titre que la dizaine d'autres qui figurent dans le même texte - mise en place par la loi organique L 013 du 29 Octobre 2007 à la demande, notamment, des acteurs politiques (dont le RPG et l'UFDG) qui n'avaient plus (pas ?) confiance dans l’impartialité de l’administration.

Cela signifie concrètement que pour modifier une loi organique, qui complète la Constitution, en vue de préciser l'organisation des pouvoirs publics et de leurs rapports entre eux, une majorité des deux tiers des membres de l'Assemblée nationale est nécessaire (article 83 de la Constitution), cet article prévoyant en outre, que le Président de la République lui-même, ne peut agir par ordonnance dans le domaine relevant de la loi organique.

Quelques brefs rappels sur la procédure et le contentieux électoral

En vertu des articles 83 et 84 du Code électoral, chaque Bureau de vote transmet une copie du procès-verbal : aux démembrements de la CENI, au Président de la CENI, et au Matap. Il y a donc cinq (5) copies différentes des PV.

La procédure de contestation de la régularité des opérations électorales est consacrée par les articles 184 à 187 du Code électoral (et l'article 33 de la Constitution), qui prévoient des recours possibles devant la Cour Suprême, ce qu'ont fait la plupart des partis politiques à l'occasion du premier tour. Ceci a abouti à la décision du 21 Juillet, par laquelle la Cour Suprême a énoncé les résultats définitifs, et tenté de justifier sa décision, en précisant que les PV de certaines circonscriptions ne lui avaient pas été transmis. De nombreux commentaires ont été faits sur les manquements de la Cour Suprême, et notamment le fait qu'elle pouvait obtenir ces PV ou qu'elle les avait en réalité.

Toutefois, comme je ne possède pas tous les éléments, et que mon propos est ailleurs, je ne ferai pas plus de commentaire, autre que de rappeler que la Cour Suprême, constituant le dernier niveau de juridiction, tout le monde doit s'incliner devant ses décisions.

Quelques brefs rappels de procédure pénale

L'article 7 de la loi précitée d'Octobre 2007, portant création de la CENI, précise que  « sauf en cas de flagrant délit, un membre de la CENI ne peut être poursuivi, recherché, entendu, arrêté, détenu pour être jugé pour des opinions exprimées ou des actes commis dans l'exercice de ses fonctions. Pour toute autre infraction, la poursuite n'est possible qu'après avis du Bureau de la CENI ».

Les articles 40 et 41 du règlement intérieur de la CENI adopté le 31 Janvier 2008, reprennent et complètent le texte précédent.

Il résulte donc de ces textes, qu'on ne peut poursuivre un membre de la CENI, de la même manière qu'on ne peut poursuivre le Président de la République, un ministre (y compris le premier d'entre eux), un député, un magistrat, etc. dans l'exercice de leurs fonctions, pour des raisons qu'il n'est nul besoin d'expliciter. Précisons simplement que cette immunité permet aux institutions (ou à leurs représentants) de pouvoir jouer leur rôle sans craindre de sanctions civiles (ou pénales), y compris celles (mutations, promotions...) qui pourraient cacher des motifs politiques.

Pour poursuivre individuellement un membre de la CENI (ce qui est en théorie plus aisé que de poursuivre la CENI en tant qu'institution), les 24 autres membres doivent donner leur autorisation. Seul le flagrant délit permet de s'en dispenser.

Le Code de Procédure Pénale prévoit la marche à suivre en cas d'infraction (article 50 pour la flagrance par exemple), y compris les personnes concernées par sa recherche (OPJ, magistrat, procureur). Sans entrer dans le détail, le juge du TPI devra vérifier que les différentes procédures ont bien été respectées.

Mes commentaires sur la matérialité des faits

A ce stade, il me manque certaines informations - mais nous verrons ultérieurement, qu'elles ne sont pas essentielles -, notamment celles relatives à la procédure du flagrant délit.

En imaginant que la procédure de flagrant délit ait été utilisée - je rappelle que c'est la seule manière de mettre en cause un membre de la CENI, en dehors de toute autorisation de son Assemblée plénière (les 24 autres membres) pour poursuivre judiciairement son président et son planificateur -, il faut ouvrir une enquête, faire des recherches, puis des constatations d'infractions (par OPJ ou procureur interposé).

Je n'ai pas d'information non plus sur le « Bureau » dans lequel « on » a retrouvé les PV manquants. S'agit-il d'un meuble ou d'une pièce dans laquelle M. Diallo travaille ? Le bureau se trouve-t-il au domicile de M. Diallo ou dans l'enceinte de la CENI ? Dans ce dernier cas, une autorisation judiciaire (un mandat de perquisition par exemple) a-t-elle été accordée ou pas pour pénétrer dans le bureau de la CENI, qui est une institution et non un moulin ? Enfin, qu'est ce qui permet d'indexer M. Diallo personnellement ? A-t-il accès seul à son bureau ? Etc. Bref des tas d'éléments factuels qui auraient pu entrer en ligne de compte.

Dans ce que j'ai lu - mais je le répète, les sites web ne sont aucunement fiables - ce seraient des fonctionnaires du Matap qui auraient découvert les PV dans le bureau de M. Diallo. Y avait-il des OPJ mandatés à cet effet parmi ces personnes ?

Si les procédures ont toutefois bien été respectées, il faut ensuite qualifier le fait poursuivi : vol, substitution de PV ou autre (la non transmission de PV constitue-t-elle une infraction ?), et préciser le texte qui réprime ce fait.

C'est le moment d'examiner les moyens de droit du requérant.

Les éléments de droit à l'appui de la demande du candidat Alpha Condé

Dans ce que j'ai lu, il semble qu'on reproche aux membres de la CENI, et notamment à Mr Diallo la violation des articles :

26 de la Constitution : « Quiconque occupe un emploi public ou exerce une fonction publique est comptable de son activité et doit respecter le principe de neutralité du service public. Il ne doit user de ses fonctions à des fins autres que l'intérêt de tous ».

125 du code pénal : « Tout citoyen qui, étant chargé dans un scrutin du dépouillement des billets contenant les suffrages des citoyens, sera surpris falsifiant ces billets, ou en soustrayant de la masse ou en y ajoutant ou inscrivant sur les bulletins des votants non lettrés des noms autres que ceux qui lui auraient été déclarés, sera puni …. ».

216 du code électoral : « Quiconque, soit dans une Commission de contrôle de listes électorales, soit dans une Commission administrative, soit dans un Bureau de vote, ou en dehors de ceux-ci, avant, pendant ou après un scrutin, aura par inobservation volontaire des lois et règlements en vigueur ou par toute manœuvre ou acte frauduleux, porté atteinte ou tenté de porter atteinte à la sincérité du vote, empêché ou tenté d'empêcher les opérations du scrutin, violé ou tenté de violer le secret du vote ou aura changé ou tenté de changer le résultat, sera puni ….. ».

Mes commentaires sur ces moyens de droit

Le premier article est un principe général, mais dont la violation éventuelle ne prévoit pas de sanction.

L'article du code pénal concerne tout citoyen - dans le cadre de ses fonctions, M. Diallo, en tant que membre de la CENI, n'est pas un citoyen ordinaire - susceptible de « tripatouiller » les bulletins de vote dans un Bureau de vote. Cela ne concerne pas davantage les PV qui ne sont que des récapitulatifs des résultats.

L'article 216 du Code électoral ne concerne pas non plus la CENI (qui est une institution) ni ses démembrements (les membres des démembrements de la CENI bénéficient également, pour les mêmes raisons, d'immunités : article 40 du règlement intérieur de la CENI), mais les assesseurs, bénévoles, représentants des partis qui participent aux opérations électorales.

Il ressort donc de l'examen de ces trois moyens de droit (si ce sont les seuls), une absence de motivation, c'est-à-dire le recours à des textes non applicables au cas considéré.

Les solutions du Président du TPI de Dixinn

Après les débats du 19 Août dernier, le TPI pouvait commencer par vérifier la validité de sa saisie. Selon l'article 381 du CPP : « le Tribunal correctionnel est saisi des infractions de sa compétence, soit

par le renvoi qui lui en est fait par la juridiction d’instruction,

soit par la comparution volontaire des parties, dans les conditions prévues par l’article 382,

soit par la citation délivrée directement au prévenu et aux personnes civilement responsables de l’infraction,

soit enfin par application de la procédure de flagrant délit prévue par les articles 50 et suivants ».

Il semble que ce soit la citation directe qui ait été utilisée. Dès lors, la cause est entendue, car seule la procédure de flagrant délit pouvait permettre la poursuite de M. Diallo, du fait de son immunité, en tant que membre de la CENI, en vertu de l'article 7 en question, qui stipule qu'il ne peut être poursuivi pour des actes commis dans l'exercice de ses fonctions.

La citation directe ne permet à personne (pas même au Président de la République !!!) de poursuivre un membre de la CENI pour des actes commis dans l'exercice de ses fonctions.

En l'absence de flagrant délit, le juge du TPI n'avait donc même pas à examiner si le fait poursuivi était constitutif d'une infraction (ce qui n'est pas chose aisée par ailleurs) et à justifier d'un texte qui réprime celle-ci (nous avons vu que les moyens utilisés ne convenaient pas, de toute façon).

J'ai essayé d'évoquer différents cas de figure en amont du dossier, pour tenter d'expliquer les problèmes qui se posaient et faire œuvre pédagogique, mais le juge n'avait même pas tout cela à faire. Pour lui, cela devait durer cinq minutes !!!

En conclusion de cette affaire

Je n'ai évidemment pas l'ensemble des éléments du dossier, mais le juge du TPI les possède. Il semble curieux qu'il lui ait fallu 7 jours de réflexion pour prendre sa décision, car si sur le plan politique il y a matière à discussion, en revanche sur le plan juridique, compte-tenu des bribes d'information dont je dispose, tout parait limpide.

S'il n'y a aucune raison de mettre en doute les compétences juridiques du « professeur » de droit, M. Alpha Condé, il faut alors se poser la question de savoir pourquoi il s'est lancé dans un combat judiciaire qu'il savait perdu d'avance.

On peut imaginer qu'en tant que candidat ayant eu à subir des fraudes massives lors d'élections présidentielles passées, il soit particulièrement pointilleux pour ce qui concerne la régularité des opérations électorales. On le serait à moins.

On reste néanmoins perplexe dans sa volonté implicite (qui ne dit mot consent) de proposer le Matap comme maître d'œuvre du deuxième tour des élections (à l'instar du Premier Ministre), ce même Matap pourtant responsable de ses déboires passés !!!

De même que personne ne peut demander la destitution du Premier Ministre (sauf crise institutionnelle majeure), personne ne peut demander la révocation des membres de la CENI.

Aussi le courrier du 2 Août adressé au Président de la Transition pour demander la révocation de certains membres de la CENI (au moins ces deux-là), et la résonance politico-médiatique de cette affaire, ont peut-être pour but, à défaut d'obtenir satisfaction - la Constitution en ses articles 155 (… la CENI reste en place jusqu'à l'installation des institutions définitives...) et 156 (le Président par intérim ne peut en aucune façon et sous quelque forme que ce soit, modifier la Constitution, le Code électoral, la loi relative aux Partis politiques …. - a fortiori son Premier Ministre) ne le permet pas expressément - de « mettre une certaine pression » pour obtenir au moins, leur « mise à l'écart de fait ».

Que faut-il faire alors ?

Le « législateur » a voulu privilégier la gestion du processus électoral par la CENI, à la demande des partis politiques (dont le RPG), et protéger ses membres de toute tentative diverse de pression d'où qu'elle vienne, d'où l'immunité quasi totale de ses membres (et c'est heureux) dans l'exercice de leurs fonctions, sachant que les possibilités qu'a la CENI - en tant que telle - de frauder éventuellement, peuvent être contestées en amont à l'occasion de la confection des listes et du découpage électoral, et en aval par le biais de la Cour constitutionnelle (suprême dans l'immédiat).

Ce qu'il faut faire : instaurer un dialogue permanent avec les autorités de transition, la CENI et les représentants des deux derniers candidats en lice, pour continuer à améliorer le fonctionnement de la CENI (n'oublions pas qu'il y aura d'autres élections), car il n'y a pas lieu de refaire l'histoire : fallait-il ou pas une CENI ? Elle existe, et a même été institutionnalisée.

Certaines des mesures correctives proposées par le RPG me semblent raisonnables, notamment celles qui appellent à une transparence, car même si ces élections ne seront pas crédibles (mais acceptables en l'état parce qu'acceptées par les partis politiques), elles sont en revanche libres et doivent le rester (d'où l'intrusion inacceptable du Matap).

Dans tous les cas, l'intervention des deux leaders est nécessaire pour rassurer les militants, sympathisants, et électeurs des partis, afin d'éviter (ou d'empêcher de susciter) quelques tensions possibles.

Tout le monde (sauf ceux qui crient démocratie, mais qui pensent dictature, et il y en a !!!) devrait se réjouir de voir les militaires rentrer dans les casernes, et rien que pour cela, le 19 Septembre sera une fête pour tous les Guinéens, et notamment pour ceux du RPG et de l'UFDG.


Gandhi

Citoyen guinéen


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Dondoli niakhi, mardi 31 août 2010
Mr le pseudo juriste au pénal on dit qu`il y a tentative losqu`il y a début d`action. Oe dans le cas qui nous préocupe, c`est bien le cas. Votre protege, Boubacar DIALLO le faux elhadji est un délinquant. Vous et votre ami sampil le revanchard, êtes des complices sans vergogne. Cellou est un voleur d`urnes. Sidiya lui est un tocard nain!
Dondoli niakhi, mardi 31 août 2010
Mr le pseudo juriste au pénal on dit qu`il y a tentative losqu`il y a début d`action. Oe dans le cas qui nous préocupe, c`est bien le cas. Votre protege, Boubacar DIALLO le faux elhadji est un délinquant. Vous et votre ami sampil le revanchard, êtes des complices sans vergogne. Cellou est un voleur d`urnes. Sidiya lui est un tocard nain!
Le Vieux, vendredi 27 août 2010
En aucun cas < le Petit Arthure ne peut rattraper la Tortue qui placée devant lui à une distance D > Car comme la distance est une succession de points infinis Alors Arthure ne peut Jamais Rattraper la Tortue çà me rappel des theses soutenues par des Sophistes Je crois que tu en aies un prototype une copie conforme Tu fais l`avocat du Diable,Pose toi la question pourquoi les PV volés ont été retrouvé dans son bureau en tant que membre actif de la CENI
A.Oury Baldé, vendredi 27 août 2010
Ghandi Barry : Mention très bien
Yombouno faya, vendredi 27 août 2010
BravoM.Gandhi de cette analyse percutante. Je vous félicite!
SOC, vendredi 27 août 2010
Le raisonnement juridique de M. Gandhi est à la fois implacable et...adapté au présent média. Félicitations!
Gandhi, vendredi 27 août 2010
Cher Gérard, la CENI a été créée en 2007 sous Lansana Conté, donc dire que cela était fait pour préparer les magouilles de 2010 est une conclusion un peu hâtive. L`immunité sert à protéger les personnes pour qu`elles travaillent sereinement sans se soucier des pressions d`aucune sorte. Cela concerne aussi un PM. Imaginez qu`en tant que simple citoyen je convoque JM Doré au tribunal pour qu`il s`explique sur son projet, en ayant pris soin d`informer la presse qu`il était coupable. De quoi, on n`en sait rien, mais coupable en tous cas. Dès qu`il prend une décision, n`importe qui l`envoie au tribunal pour se justifier, etc... El Hadj Boubacar Diallo n`est pas « mon homme », je ne le connais pas, et il est peut-être partial et malhonnête, mais le juge n`a pas été saisi pour cela, et il n`a même pas à examiner l`affaire. En revanche oui je défend la CENI pour ce qu`elle est (une avancée démocratique par rapport à l`organisation des élections par l`État), et non pour ce qu`elle a fait, mais elle a déjà été tellement critiquée - et à juste titre - qu`il est inutile d`en rajouter. Quant à ce cher Mick Mack, oui le problème ce sont les hommes qui la composent ; ça constitue un sérieux problème même, mais on ne peut pas vouloir le beurre, l`argent du beurre et même le C.. de la crémière : il est difficile aujourd`hui - même si certains ne se gênent pas de le vouloir - d`espérer changer ce que l`on a accepté avant le premier tour. La solution n`est pas juridique, il n`est pas question que l`État soit le maitre d`œuvre de ces élections, sauf à dire qu`on accepte par avance les fraudes organisées par l`État. Quand on veut frauder, on n`utilise pas ce genre de manœuvre d`un autre temps, alors qu`il existe des procédures bien plus efficaces et discrètes, mais ça c`est un autre problème. Un dialogue entre les différentes parties - la plupart des propositions du RPG en vue d`améliorer la CENI constituent une bonne base - peut amener à mettre en place des procédures, des structures ou des hommes - qui n`étaient pas prévus -, le tout de manière temporaire et informelle dans le but de rassurer les participants. Tout ce qui peut permettre de rassurer est bon, à condition d`avoir la volonté d`apaiser les débats.
mickmack camara, vendredi 27 août 2010
Le problème ce n`est pas la CENI en tant que tel mais plus tot les hommes qui la compose. Ces gars sont-ils à la hauteur de la mission qui leur a été confiée? La réponse est Non. Alors de 2 choses l`une : soit on renforce les capacités de la CENI, soit on la reforme une fois pour toute. Que faut-il faire objectivement tout en ayant la date du 19 à l`esprit. Qu`on arrete de personnaliser les débats. La CENI A EU 1/1O lors du 1er tour et que faut-il faire pour rehausser cette note?
Gerard, vendredi 27 août 2010
Je comprends aisément que toute cette magouille du premier tour était savamment préparée : On incorpore dans l`institution la plus importante de la transition a savoir LA CENI des Kamikazes acquis a la cause de certains partis politiques qui feront du n’importe quoi et ensuite on enveloppe cette institution d`une carapace appelée IMMUNITE. Ce que je comprends d`après cette théorie c`est que votre homme n`a pas commis son crime dans l`exercice de sa fonction ( il n a pas par exemple oublie de transmettre ces PV); mais plutôt avait soutire frauduleusement ces documents qui ne devraient pour rien au monde se retrouver dans son bureau. Je vois mal comment une juridiction peut faire prévaloir l`intérêt d`une personne maléfique et celui de son leader au détriment de la vie de toute une nation. Derrière toute cette théorie, ce qu`il faut savoir c est que cet homme que vous essayez de défendre pouvait passer pour le pire terroriste de la démocratie guinéenne si son acte se reproduisait au second tour. Prions tous pour tout le bien que le monde entier souhaite pour la Guinee, que toute la lumière soit faite et des sanctions exemplaires soient infligées aux vrais coupables et que de tels individus soient mis hors d`état de nuire notre chère nation.
mohamed sampil, jeudi 26 août 2010
EXCELLENTE DEMONSTRATION...Mon cher GANDHI...Mais ne fais pas attention aux éternels donneurs de leçons , GRANDS SPECIALISTES de tout et de rien...Du courage...Fraternellement .Mohamed Sampil
Gandhi, jeudi 26 août 2010
Il faut relire le paragraphe : " les solutions du Président du TPI". Pour pouvoir porter plainte contre quelqu`un au tribunal correctionnel, il n`existe que 4 possibilités : 1) - soit après plainte d`un individu avec constitution de partie civile auprès d`un juge d`instruction, qui après enquête renvoie l`affaire devant le TPI pour y être jugé. 2) - soit par convocation d`un individu par le procureur. 3) - soit par convocation adressée directement par courrier à l`individu (citation directe à Mr Diallo) par le plaignant (Mr Alpha Condé) par l`intermédiiare d`un huissier. 4) - soit après une procédure de flagrant délit (mais cette procédure nécessite le respect de beaucoup de règles que j`ai essayé d`évoquer brièvement dans mon texte) . Voilà la procédure normale devant le tribunal correctionnel. Pourquoi pour Mr Diallo, ça ne doit durer que 5 minutes. Tout simplement parce qu`il est membre de la CENI. Tous les membres de la CENI sont protégés comme le Président, le PM, un Ministre, un député, un magistrat, etc... dans le cadre de leur fonction. L`essentiel de ce qu`ils disent ou font dans l`exercice de leur fonction ne peut être poursuivi par la justice. Pour toutes les affaires civiles par exemple (dette d`argent, propriété d`un terrain, succession etc...), il faut l`autorisation des membres de la CENI (moins la personne concernée), donc 24 personnes, pour qu`il soit convoqué devant la justice. S`il n`y a pas d`autorisation, il faut attendre la fin de son mandat (à moins que la personne soit d`accord pour s`y présenter). Pour les affaires pénales par contre (escroquerie, vol, meurtre, assassinat, etc...), il faut également l`autorisation de la CENI, sauf s`il existe un flagrant délit. Concrètement, on ne peut donc convoquer en justice Mr Diallo, que par la procédure de flagrant délit (parce l`infraction qui lui était reprochée par Mr Alpha Condé pouvait s`apparenter à un délit). Or Mr Alpha Condé a utilisé la troisième possibilité (citation directe) qui ne lui était pas permise. S`il y avait eu flagrant délit, c`est le procureur lui-même qui aurait convoqué Mr Diallo, et non pas Mr Alpha Condé. Si j`ai expliqué par ailleurs quelques éléments sur le flagrant délit, ce n`est pas parce que cette procédure a été utilisée (voir ci-dessus), mais parce que j`ai lu, que certains Guinéens s`imaginent, qu`ils sont eux mêmes juge d`instruction, OPJ ou procureur. Accuser quelqu`un dans la presse, même si cela peut éventuellement être poursuivi judiciairement pour diffamation, est permis à tout le monde, mais accuser devant un tribunal nécessite le respect de certaines règles. Je ne défend ou ne lutte contre un parti (ni membre de l`UFDG, ni du RPG), mais je défend seulement une institution, uniquement sur le plan juridique. Voilà, j`espère avoir été clair. Je reste évidemment à disposition pour explication de texte.
Abdoul.H, jeudi 26 août 2010
M. Gandhi, je vous pris de ne repondre qu`à ceux qui ont le niveau d`un débat du niveau ou vous amenez les lecteurs.
Barry Abdourahmane, jeudi 26 août 2010
Merci pour cet exposé qui contribue à la nécessaire pédagogie du droit dont les guinéens, qui aspirent à un Etat de droit, ont besoin. Il faut répéter inlassablement que l’adhésion à ce type de société a évidemment une contrepartie: le respect des règles définies librement par toutes les parties. Malheureusement la culture de l’inconstance et de la loi du plus fort est tellement répandue chez nous, que certains ne sont pas prêts à entendre ce type d’analyse, pour leur malheur. Car, il faut bien le savoir la loi, lorsqu’elle est respectée et quasiment élevée au rang du sacré, est un bouclier pour tous, y compris pour ceux qui, pensant être en position de force, n’y croient pas aujourd’hui.
le curieux, jeudi 26 août 2010
Mr Gandhi, qu`entendez vous par"...5minutes à peines, suffisaient pour clore ce dossier..."? Quand vous prétendez ne pas avoir tous les élements du dossier. Je trouve plutôt trés "expéditif" n`est-ce-pas? Il n`y a pas de jeux de mots qui tiennent dans cette affaire, le mr a violé son serment mais aussi la loi et a été accusé publiquement par le plaignant et la cause a été soulevée par la cour suprême, pourquoi vouloir déplacer ou modifier l`infraction et changer l`ordre des parties en s`abstinant sur la forme de la procédure engagée?
Gandhi, jeudi 26 août 2010
Au curieux (???) je n`ai pas besoin d`être payé pour voir que 5 minutes à peine, suffisaient pour clore ce dossier. Mais il est vrai qu`en indexant Mr Diallo comme coupable (de quoi ?), ce qui suppose une sanction, vous êtes tout aussi expéditif !!! En outre, j`ai du temps, puisque je suis en congé et j`ai essayé d`expliquer le plus simplement possible, que même si un membre de la CENI est partial ou malhonnête, il fallait le dénoncer avant le premier tour. Si on veut le faire maintenant, il existe différentes procédures écrites auxquelles il faut se conformer. Quant à Mr Dansoko, je n`ai pas besoin de manipuler les gens, puisque j`écris et je parle couramment dans ma langue maternelle. Je n`ai rien développé ici, car cela aurait pris trop de temps, mais j`ai essayé au contraire de faire comprendre qu`il fallait distinguer : 1) - les faits (problème des PV en plusieurs exemplaires, transmis ou pas à la Cour Suprême, conditions d`existence du délit de flagrance...) pour lesquelles mes informations sont partielles ; 2) - les aspects politiques pour lesquels je peux me reconnaître dans le combat de beaucoup, en vue d`améliorer le fonctionnement de la CENI (mais qui constituent un autre sujet) ; 3) - et les considérations juridiques, telles que je les connais (via le site du RPG, ou certains articles de juristes du RPG). C`est sur ce dernier aspect seulement, que je suis prêt à entendre les critiques. Bien qu`enseignant, je n`ai pas la prétention d`être omniscient, je me trompe tous les jours, mais j`essaie de progresser quotidiennement. Cela est néanmoins plus facile, si je me trouve face à des interlocuteurs qui, au lieu d`affirmer que mon texte est truffé d`incohérences, pointaient précisément ces erreurs. C`est trop facile de critiquer sans en expliquer le fondement. Je suis donc preneur de vos remarques pertinentes, et non de vos jugements de valeur dénués d`intérêt. Alors n`hésitez surtout pas.
Issiaga DANSOKO, jeudi 26 août 2010
M. Gandhi, la lecture de votre texte me donne suffisamment d`éléments pour me convaincre que vous êtes d`un niveau très élevé dans la manipulation de la langue française. Mais quant à vos connaissances juridiques, puisque vous insistez sur les "aspects juridiques" de la plainte dont il s`agit ici, je reste très hésitant. Vous évoquez des questions de droit très importantes telles que la modification des lois organique, l`unanimité des membres de la CENI pour la levée de l`immunité de M. Diallo, la portée même de l`immunité en droit, etc. Les développements que vous faites ici sont très tordus. C`est fait à dessein ou par manque d`éléments pertinents du dossier. Dans ce dernier cas, mieux vaut toujours s`assurer d`avoir des sources fiables, parce que les vôtres ne le sont pas, selon vous-même. Il y a tellement d`incohérences dans votre texte que j`ai renoncé finalement à apporter des arguments juridiques pour démentir point par point toutes les réponses que vous apporter à vos propres questions. Pour faire une analyse juridique, on ne prend pas position et cacher ses incohérences derrière un manque d`information. Bien à vous.
A.Oury Baldé, jeudi 26 août 2010
Mr Ghandi, vous separez le grain de l`ivraie avec brio et clarte en nous alartant com Rampnoux des tentatives de combines de derniere minute.Et par ricochet, vous nous donnez un brillant cours de droit guineen .Ya du boulot derriere!-votre posting. Je crois que la messe est dite : C`est moins de l`absurdité que la tentative de fraude (reprehensible de fait) que de vouloir la chose (lorganisation des elections par la ceni independante dont c`est l`unique raison detre ) et son contaraire ( en empecher(revocation , intimidation,corruption etc de ses membres) cette derniere , vouloir ingerer le matap par calculs politiques . Bravo Mr Barry et continuer a vous battre objectivement pour votre pays.
Soumah Ali, jeudi 26 août 2010
Mon frere, vous avez fait une analyse pertinente. Il faut que la CENI soit auditée et aussi auditer le serveur des ordinateurs qu`ils utilisent pour eviter des fraudes massives
le curieux, jeudi 26 août 2010
Vu que vous n`avez pas tous les éléments du dossier, abstenez vous de toute conclusion hative.Et mieux qui vous paie pour ce boulot d`intox? penchez vous sur le cas des cartes électorales frauduleuses aussi.
tybah, jeudi 26 août 2010
oui vous me direz ke suis peul.tu ne devais rien dire car ne disposant d`aucun element de contr`attaque juridique.toi tu trouves en depit de tte la volonte de ce monsieur d`engager un debat juridique que,cette maniere lache et analphabete de reagir. Justement c`est de cette acceptation de la differnce kil nous faut pour eviter l`enlisement du pays ki n`avantagerait aucune ethnie a fortiori des ignares de cet acabit. je deteste ce genre de parution dans le monde des ``intellos``. A vous Mr Ghandhy merci pour ce brillantissime article qui laissera surement coi tout non initie au droit. de ma part je suis content content de boire l`eau de votre fontaine.elle est limpide et denuee de toute couleur et de saveur. Du reste n`en tenez pas rigueur aux differents intervenants a votre article et ce, malgre votre mise en garde de ne faire que des commentaires juridiques. wassalam!
Youssouf Soumah, jeudi 26 août 2010
Bonne analyse de la situation. Bravo M.Gandhi, poursuivez vos efforts d`analyse qui sont salutaires pour la communauté.
zuto, jeudi 26 août 2010
vraiment du charabia,tu as reconnu que tu n´as pas toutes les informations,tu as reconnu la non fiabilité des sites internets,tu ne cèsse de repeter que d´après ce que j´ai lu, alors pourquoi apporter un jugement à une situation si tu ne maitrise pas tous les éléments d´analyse.Aaaaaaaaaaaaah quand un ethno devient juge.
Gandhi, jeudi 26 août 2010
Les articles 381 du CPP et 7 de la loi organique ne sont pas ethniques, et ce n`est pas moi qui les ai écris. Le texte ci-dessus ne vise pas à dédouaner el Hadj Diallo de son éventuel manque d`intégrité ou d`honnêteté, mais à montrer que la CENI est une institution, et qu`on peut la critiquer dans la presse. En revanche pour la contester judiciairement, il y a des règles à suivre. Eh oui sinani, ou le droit existe et on l`applique (y compris et d`abord le Président de la république) ou les textes ne sont que du papier, et c`est la loi de la jungle. Vous avez le droit de préférer ce système, mais dans ce cas, il faut le dire, et ne pas indiquer qu`on se bat pour le changement.
SINANI, jeudi 26 août 2010
Mr Gandhi, vous vous foutez vraimment de la gueulle des guinéens. Tous ce charabia pour nous dire qu`on ne peut pas poursuivre ce vieux El hadj Diallo même s`il est coupable. C`est le comble de l`aveuglement ethnique. Contunuez à monologuer et à rêver le reste de la Guinée est près pour le changement.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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