mercredi 18 mars 2009
El hadj Boubacar Biro DIALLO : un homme libre !
Mamadou Billo Sy Savané,

Il y a quelques années, il m’est  arrivé d’écrire que : « restant égal à lui-même, Elhadj Biro DIALLO ne changerait jamais,  quelle que soit  la virulence  des adversités contre lui ». 

 

C’était du temps, où M. Lansana Conté, dans sa splendeur d’alors, avait embastillé M. Alpha Condé, avec le concours appuyé de certains de ses ministres, dont il désignera plus tard l’un,  comme Premier ministre.  

 

Indigné par cette séquestration, Biro DIALLO entre en conflit  avec le Général Lansana Conté.  Les « amis » intéressés de ce dernier, saisissent  alors cette occasion pour ouvrir la  « chasse au Biro DIALLO ».  C’est précisément  à cette époque et dans cette ambiance, que je fais la connaissance du « VIEUX BIRO », à ma demande.

 

Que lui reprochait-on alors ?

 

 -- principalement d’avoir pris fait et cause pour M. Alpha Condé. Lui, répondait qu’il prenait fait et cause pour le droit et la justice, dont M. Condé se trouvait être privé arbitrairement.  J’avais à l’époque, mesuré l’hostilité, presque la haine des barons du régime à son égard, presque les mêmes qu’aujourd’hui. J’avais été  impressionné par sa détermination à s’opposer  à l’arbitraire, à combattre la tyrannie, quoi qu’il lui en coûte. D’où mon attachement à sa personne.

 

Lors d’une de nos nombreuses conversations, je lui  ai posé, un jour, la question suivante :

 

« Elhadj, pourquoi avez-vous choisi de défendre M. Alpha Condé, alors que vous aviez la possibilité de garder de bons rapports avec M. Lansana Conté, et rester Président de l’Assemblée nationale, aussi longtemps que vous le voudrez. Regardez ! Le régime va s’en prendre à vos enfants. Vous aurez tout perdu ».

 

Je cite sa réponse de mémoire : « Non mon petit, tu te trompes. Je ne perds rien. Mes enfants ne sont pas au-dessus des autres guinéens. Qu’ils se battent pour leur droit. J’appartiens à une génération  qui, par naïveté ou faiblesse, a laissé s’installer une tyrannie sanguinaire. J’assume ma part de responsabilité. Mais je n’assisterai pas, silencieux, à l’installation d’une nouvelle tyrannie. Je ne peux pas effacer le passé. Je me range donc du côté de la justice, du droit et de l’équité. M. Alpha Condé avait tout cela pour lui. Il a été bafoué dans ses droits. Aucune amitié, aucun privilège ne me fera accepter l’arbitraire. En défendant l’équité et le droit, j’ai fait ce que je pense être mon  devoir. Je ne crains pas l’adversité, je ne crains personne. En tant que musulman, je ne crains que DIEU. Voilà pourquoi j’ai soutenu M. Alpha Condé. Et je te demande d’en faire autant. ».

 

Très marqué par  la détermination froide que j’ai perçue chez  cet homme déjà âgé, dès mon retour à Paris, j’ai pris contact avec un des frères de M. Alpha Condé, par l’intermédiaire d’un ami d’alors. J’ai la prétention d’avoir été l’un des premiers à utiliser le Web, pour défendre la cause de M. Alpha Condé, que je n’ai jamais rencontré, et celle de l’opposition dans son ensemble.

 

Depuis quelques temps,  qu’observe-t-on ?

 

Le « surgissement » intéressé d’un groupe anonyme qui semble  s’être donné pour mission une nouvelle chasse à Elhadj Boubacar Biro DIALLO. En  l’espace de trois semaines, pas moins de trois articles, tous plus injurieux les uns que les autres. Il serait exagéré de dire qu’il s’agit d’une analyse. D’invectives en grossièretés, de grossièretés en contre-vérités, Elhadj Biro est traité en « Farba » ici,  en Djeliba là. Tout cela aurait pu être mis sur le compte d’une grossièreté infantile, même s’il s’agit  d’un infantilisme un peu trop prolongé.

 

Mais, le contexte actuel de notre pays, les contre-vérités grossières et les manœuvres à caractère ethnique et régionaliste récentes, laissent penser qu’il y a un ou des commanditaires,  qui ont besoin de diversion. Du coup, il faut chercher ailleurs les mobiles profonds de cette  nouvelle chasse à Elhadj Biro DIALLO.

 

Rétablissons d’abord, quelques faits dans  leur vérité :

 

1°. Je suis en mesure d’affirmer sans  être démenti  par qui que ce soit, qu’Elhadj Boubacar Biro DIALLO que je connais, n’a jamais été membre d’un quelconque bureau fédéral à Télimélé. Il était Directeur régional de l’éducation à Télimélé de 1969 à 1975. (Pour les non guinéens, Télimélé est une préfecture).

 

2°.  Le chef d’état major de la marine n’est pas un DIALLO. Je crois savoir qu’il est soussou (de la Basse-guinée). Aucun des enfants de Elhadj Biro DIALLO n’est chef d’état-major d’aucune sorte d’armée. En revanche, il a un fils qui est chef d’état-major adjoint de la marine.

 

3°. Elhadj Biro DIALLO est âgé de 84 ans, et non pas de 94 ans, comme l’écrivent les membres de cette nouvelle meute.

 

Revenons  au contenu du texte, même si le mot contenu parait excessif,  au regard  de ce qu’on y trouve, c’est-à-dire, pas grand chose. Beaucoup d’inexactitudes, une quantité innombrable d’invectives grossières, plus une succession  prétentieuse de « questions » niaises que, sans doute, l’auteur ou les auteurs croient intelligentes.

 

Exemple : « ... pendant son entière séjour dans les administrations (coloinale, Sékou Touré et contéenne, El Hadj Aboubacar-Farba-Biro-Djéliba-DIALLO s’était désengagé du combat pour le retour de la lumière,  et de la justice, quel héritage a-t-il laissé à la postérité comme repère pour les jeunes générations ? ».  Si quelques heureux lecteurs  ont compris  le sens de cette question, je serais moi aussi heureux de bénéficier de leur éclairage.

 

Au travers des questions prétendument posées et les insinuations sous jacentes qui y sont liées, le lecteur est invité à comprendre que de 1958 à la date d’aujourd’hui, El Hadj Biro DIALLO  a détenu la magistrature suprême de notre pays. Il aurait exercé les plus hautes fonctions de l’Etat. MM. Sékou Touré et Lansana Conté apparaissant presque, comme de pâles supplétifs insignifiants. L’outrance est peut-être nécessaire à nos anonymes « chasseurs de Biro DIALLO ». 

 

La réalité est toute autre. La plus haute fonction administrative que Elhadj Biro ait occupé sous M. Sékou Touré, c’est le poste de gouverneur, c’est-à-dire préfet d’un petit département (1983-1984). Sur le plan politique, son élévation dans la hiérarchie du parti unique, n’a jamais dépassé le niveau d’une préfecture (secrétaire  fédéral du P.D.G., parti unique). 

 

L’ancien premier ministre de Lansana Conté,  M. Cellou Dalein DIALLO, sur ce plan, était plus gradé que lui. Car, il faisait partie des inspecteurs politiques du parti unique. A ce titre,  il mettait en forme avec les DORANK Assifat Diassény (décédé), Mounir CAMLARA, les « aveux » de la prétendue cinquième colonne. Ils n’étaient d’ailleurs pas seuls dans ce travail. 

 

Il faut tout de même signaler que HOROYA, c’était le journal du parti. On n’y envoyait que ceux qui avaient donné des gages indiscutables de fidélité à Sékou Touré et à son P.D.G. Cellou Dalein  DIALLO était donc promis à un brillant avenir dans la hiérarchie du P.D.G.

 

 Doit-on en déduire qu’il  était responsable ou coupable d’extorsion d’aveux ou de torture ?  Bien sûr que non ! Pourtant Horoya, organe idéologique du P.D.G.,  ne recevait que de jeunes « journalistes », destinés à  être promus notables dans la hiérarchie du parti totalitaire.

 

Est ce à dire qu’Elhadj Biro DIALLO n’est pas critiquable ? Bien sûr que non ! Etant un simple mortel comme les autres, il a ses défauts. Il peut être critiqué.

 

A mon avis, la critique ne vaut que si elle a un fond et si le critique a un visage et un nom. Mais, je comprends parfaitement  la difficulté de réclamer la paternité d’une succession de propos injurieux et vexatoires, adressés à une personne âgée. Il est vrai que notre pays est plein de braves gens, dont  le courage ne s’exprime que de façon anonyme, et contre un vieillard inoffensif de 84 ans.

 

Il n’y a pas lieu de récuser un discours dépourvu de fond. Mais on peut s’interroger sur le mobile  de son commanditaire.  

 

Depuis deux mois et plus, notre pays connaît une évolution spectaculaire. Certaines oligarchies sont ébranlées. Et pour éviter d’avoir à rendre compte de leur gestion, ils développent des arguments de type ethnique. On s’autoproclame représentant du Fouta. On convoque de prétendus sages d’ici, sages de là, afin qu’ils vous intronisent  « représentant » du Fouta, auprès de jeunes militaires patriotes, mais inexpérimentés.

 

Résultat : on prend en otage toute une région qui pourtant, a des enfants autrement plus solides, plus consensuels et surtout, d’une probité irréprochable dans la gestion des biens nationaux.

 

Cette démarche est un précédent fâcheux. Imaginez que la Basse-Guinée, pour aider M. Facinet FOFANA, ancien ministre des mines (au motif qu’il est soussou) à conserver les captations, se rende au camp Alpha Yaya, et demande aux militaires de le considérer comme le « représentant » de la Basse-Guinée.

 

Il me semble que la haine contre Elhadj Biro est plutôt motivée par son refus de cautionner toute démarche ethnique, même déguisée. Il aggrave son cas en préférant un Etat Républicain de Droit, à des combines d’oligarques, dont l’unique préoccupation est la conservation des captations réalisées aux dépens de notre pays.

 

Tous les anciens Premiers ministres de Lansana Conté doivent rendre compte de leur gestion, à commencer par M. Sidya Touré. Je m’autorise à mettre en garde les membres de la junte. Tout se passe comme si certains anciens PM se voulaient intouchables, alors qu’ils ont été de tous les gouvernements, de façon  ininterrompue, pendant quinze ans.

 

 M. Ahmed Tidiane Souaré a été convoqué pour s’expliquer. Il a commencé à le faire, semble-t-il. Il ne crie ni au harcèlement, ni au tribalisme. Doit-on comprendre que, parce que Diakhanké, ultra-minoritaire, et donc dépourvu de groupe de pression ethnique, il a moins de droit que d’autres anciens PM ?

 

Je ne connais pas personnellement M. Souaré. Mais ce serait une grave erreur de faire deux poids deux mesures.

 

Aux Patriotes membres de la junte : ne vous laissez pas intimider par les accusations gratuites de tribalisme ou de prétendu harcèlement. Il s’agit  de subterfuges faciles visant à protéger  certains oligarques, enrichis par la ruine du pays. Le pays attend  que vous récupériez tous les biens (financiers, immobiliers et fonciers), dont il a été délesté par ceux–là même, qui avaient la charge de les faire fructifier au bénéfice du plus grand nombre. Vous devez mettre la même détermination que celle que vous avez l’air de déployer dans la lutte contre les narcotrafiquants.

 

 

Mamadou Billo SY SAVANE, France

pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
A. Abdoulaye Barry, jeudi 19 mars 2009
Kötö Savané, je suis d`accord avec toi, que la politesse africaine exige qu`on ne manque pas du respect à un adulte, qui pourrait même être un papa ou grand`pere. Ce que je ne comprends pas, que des gens ayant servi avec toute la loyalité ces deux régimes défunts (Sékou / Conté), s`hérigent en grand conseiller aujourd`hui. J`ai toujours été par exemple d`avis que ces Shows d`Audits à la télé ne rélèvent pas de la compétence du chef de la junte. Il faut laisser des cabinets experts en la matiere faire le boulot, pour que la justice soit saisie après résultats. Tous les ministres de la deuxième République et la famille de Conté (Paix sur son âame) doivent être audités. Ils ont pillé ce pays et en avaient fait de ses richesses une propriété privée. Il ne faut pas se limiter seulement aux derniers. Souvenez vous par exemple de la main forte d`un Kassory Fofana eût sur les finances ou de cet autre ministre Facinet Fofana des mines. Qu`est ce qu`ils n`ont pas fait des transferts sur des comptes privés. Tous ces premiers ministres de la deuxieme République doivent être audités. Vous savez, ce fut une reaction en chaine, de telle sorte qu`il faut commencer par la queue: Sdiya, Kassory, Facinet Fofana, Sidimé, Fodé Bangoura, Fodé Soumah dit le Paradis, Sylla, tous ces directeurs de Douane et tous ces ministres, qui se sont succèdés sous Conté. Tout le monde doit être audité, mais dans la sérénité et compétence. Kötö Savané, ne fais pas de la campagne cachée pour l`un ou l`autre candidat à la présidence. Que tu le veuilles ou pas, tu t`es attaqué à Cellou Dallein. Reste à savoir, auquel des Cellous (le jeune ou le vieux- pleurnicheur) tu veux faire allusion. Je le dis en passant, que j`apprecie souvent tes analyses. A. Abdoulaye Barry
Pap BAH, jeudi 19 mars 2009
Mr Sy Savane, je peux confirmer tout ce que vous venez de dire sur le vieux Biro car je connais bien son histoire par le truchement de mon grand pere qui fut son compagnon.Pour les lecteurs,il faudrait savoir que meme au temps du regime defunt il est arrive que Biro prenne des positions qui ne font pas l`unanimite.Juste parcequ`il etait pour l`equite.A Mamou par exemple il a ete tellement recta qu`ils ont forme un coup afin qu`il quitte pour koundara.
Moussa, mercredi 18 mars 2009
Mr SY Savane,je suis pour le principe de l`objectivite et j`approuve votre reprobation des attaques malveillantes contre le Vieux Biro.Cependant je crois que vous devez vous assurer de l`exactitude de vos propos.Par exemple,je suis surpris d`apprendre que Cellou Dallein avait ete inspecteur du PDG.Je souhaite que vous relativisiez vos propos,et que vous soyez plus impartial.Votre appuis a Sydia est trop flagrant vous nelaissez aucun doute et cela rend vos ecrits souvents partisans.
Teka, mercredi 18 mars 2009
J`avoue ne pa trop comprendre le dessein de cet article. L`auteur est-il en service commandé? Il y a de toute évidence anguille sous roche!!!!
Irahima Sako, mercredi 18 mars 2009
Je salue vivement le courage du père El Biro. Je l`admire bcp quant à moi je souhaite que le CNDD continue son travail jusqu`au toilletage final du l`écurie. Si dans le passé les gens le voyait mauvais, aujourd`hui il a changé. Si on pouvait désigné aujourd`hui un père de la Republique j`allais lui choisir. Biro est un patriote exemplaire et un visionnaire. Vive Biro
Thierno Diallo, mercredi 18 mars 2009
De quel cellou Dalein vous parlez? l`ambassadeur en italy? il me semble que celui qui a ete 1er ministre etait trop jeune a l`epoque pour occuper les fonctions que vous avez mentionnees. non?
Julien Yombouno, mercredi 18 mars 2009
Un très bon article, franc, clair et poignant.Franchement, ce serait injuste de laisser rouler librement les anciens premiers ministres de Conté. En fait c`est eux qui manipulaient tout, surtout les derniers premiers minsitres de Conté. Le Président était malade et ils(Dalein, Souaré et Sidimbé) en ont énormement profité. On ira aux élections qu`après avoir balayé la maison guinéenne. Ethnocentrisme, ruse, accrobaties politiques et uatres astuces des dalein, dalein et demi ne passeront pas ! Dieu défendra la vérité, le CNDD ne lachera pas prise, tout sera clair.
M.FALL, mercredi 18 mars 2009
Mr SAVANE ; C’est dommage qu’en faisant semblant de défendre le doyen Biro Diallo, vous vous attaquiez indirectement à Cellou Dalein. Votre subterfuge ne saurait tromper un lecteur avisé car vous cherchez à noyer le poisson. Si vous avez des preuves de l’implication de Cellou dans les sales besognes du PDG faites nous les partager mais si c’est des insinuations mal fondées et tendancieuses alors épargnez nous un débat inutile. Nous souhaitons tous des audits mais nous n’accepterons pas des « ont dit » pour abattre des adversaires politiques. C’est la raison pour laquelle, j’espère qu’il sera exigé à chaque candidat à la présidentielle une déclaration de patrimoine. Que tous les ex 1ers ministres aussi s’expliquent sur leur gestion : mais pas de deux poids deux mésures. Mr SAVANAE , c’est votre droit de soutenir le politicien que vous voulez mais ne vous rangez pas du coté de ceux qui veulent ébranler l’unité nationale dans l’unique but de permettre à leur leader de gagner des élections faute d’adversaires crédibles. A bas l’ethnocentrisme ! J’encourage DADIS à rester neutre vis-à-vis des leaders politiques au nom de l’unité nationale. Mr le Président méfiez vous des politiciens qui vous conseillent d’écarter leurs adversaires pour la course aux suffrages.
Bangaly Traore, mercredi 18 mars 2009
comme,c`est n`est pas Jacques kourouma alors aucune reaction.NB:il faut la justice dans notre pays,le peuple demander les audits des 6 anciens premiers ministres avant les elections.
Adama BARRY, mercredi 18 mars 2009
Je partage une bonne partie de votre analyse à la seule nuance que ce "vieillard" d`une autre époque a fait ses preuves dans les deux potentas qui se sont succédés sans réels résultats tangibles. Il n`a plus besoin de jouer le farba ou djéliKé. Noous lui devons le respect du père ou gd pére mais ses conseils ne collent plus avec la réalité de nos moments. Nouslui souhaitons bonne retraite et surtout qu`il nous laisse noud occuper de notre temps.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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