mardi 24 mars 2009
El Hadj Bah Ousmane, président de l’UPR : « Toutes les alliances ne sont que des stratégies électorales »
Bah Ousmane

Le paysage politique est en passe se recomposer. En marge de la cérémonie commémorative de l’an 5 de la disparition de l’honorable Siradiou Diallo, président fondateur de l’Union pour le progrès (UPR), notre reporter a rencontré l’actuel président dudit parti. El Hadj Bah Ousmane nous parle de la vie du parti, du recensement et tant d’autres sujets de l’actualité.

 

Le Démocrate : Quel appel lancez-vous à vos militants par rapport à l’enrôlement ?

 

El Hadj Bah Ousmane : Vous savez que le processus d’enrôlement est un processus très important pour tout le processus électoral. Alors, pour que l’on vote pour vous, il faut bien que votre électeur dispose de l’instrument requis pour cela. Et qui ne va pas se faire enrôler ne pourra pas vous accorder son vote. Pour cela, nous ne cessons de lancer des messages de sensibilisation à l’endroit de nos militants pour qu’ils se prêtent au système de recensement électoral. Il y a des difficultés, c’est vrai. On a annoncé beaucoup de chiffres pour faire l’état d’avancement de cet enrôlement. Des chiffres certes crédibles, mais il faudra être très prudent par rapport à ces données. Nous connaissons les conditions dans lesquelles l’enrôlement se passe. Il faut s’assurer que les chiffres qui sont avancés reflètent la réalité du terrain. Là également, c’est un appel que nous avons lancé à nos militants, surtout à nos responsables pour qu’ils puissent faire en sorte que toutes les lacunes qui pourraient porter préjudices au processus électoral disparaissent.

 

En marge de la cérémonie de commémoration de l’an 5 de la disparition de Siradiou Diallo, vous avez rencontré les structures à la base. De quoi était-il question ?

 

D’abord, nous avons invité les structures de notre grand parti, des zones de la Moyenne et de la Basse-Guinée, à venir célébrer le cinquième anniversaire de la disparition de notre président fondateur, l’honorable Siradiou Diallo. En pareille circonstance, il faut d’abord qu’on se consacre au recueillement et aux prières pour le repos de l’âme de défunt. Mais nous, nous faisons en sorte également que l’opportunité nous serve à échanger par rapport à la vie et au fonctionnement du parti avec ceux qui sont arrivés là. Vous avez remarqué que nous avons enregistré la présence de 24 fédérations sur les 26 invités. Il y a ici les comités nationaux des jeunes et des femmes. Vous avez suivi, nous avons une tradition démocratique pour le fonctionnement du parti. C'est-à-dire que chacun est libre d’exprimer ses opinions et ses sentiments. Nous avons fait des reproches, nous avons fait des observations et nous nous sommes aussi félicités pour les actions accomplies. A l’UPR, nous avons beaucoup fait et l’essentiel reste à faire. Nous nous sommes dit qu’il ne faut surtout pas dormir sur ses lauriers.

 

Après votre congrès tenu ici même à Labé, au mois de juillet 2008, quel est l’état de santé de l’UPR aujourd’hui ?

 

J’aurai voulu que vous répondiez vous-même à cette question. Je vous dirai que le parti se porte bien, certains vous diront très bien et d’autres diront moyennement. Mais, je suis fort d’une conviction, c’est la solidité de l’implantation de notre parti sur toute l’étendue du territoire national. L’UPR n’est pas l’apanage de la Moyenne-Guinée seulement. Il y a des gens qui disent que l’UPR est un parti ethnique. Nous tirons certes l’essentiel de notre électoral en Moyenne Guinée. Mais allez-y voir dans les autres régions, nous sommes bel et bien implantés là.

 

Au cours des débats, des noms de partis ont été annoncés et qui souhaitent faire une alliance avec l’UPR. Peut-on en savoir un peu plus ?

 

Vous savez, en matière de stratégie électorale, on ne peut pas empêcher une formation politique d’imaginer un petit plan. Et tout ce qu’il y a comme alliance ne sont que des stratégies électorales. Croyez-moi que nous avons acquis beaucoup d’expérience en matière d’alliance électorale. Nous regarderons où nous mettions les pieds, avec qui partir et à quel moment il faut partir.

 

L’alliance qu’il y a entre les Forces vives à travers des documents consensuels pourra-t-il avoir une longue vie ?

 

Je souhaite que cette alliance puisse avoir une longue vie. Par ce que sur la scène politique, il faut avoir des structures de ce genre pour mener des actions politiques. En attendant, une alliance n’est qu’une alliance. Chacun vient dans une alliance avec ses propres idées. Maintenant, s’il expose ses idées et qu’elles remportent l’assentiment des uns et des autres, alors tant mieux. Mais si tel n’est pas le cas, alors permettez que chacun puisse garder derrière sa petite tête, ses petites idées. Tout à l’heure, vous m’avez entendu dire que nous avons des idées différentes par rapport au contenu de la transition et par rapport au chronogramme. Mais nous avons accepté l’esprit de consensus et nous avons défendu certaines positions. Ceci ne veut pas dire que si demain nous voyons que les choses ont évolué et que la nature est telle que, qu’on remette sur la table de discussions des idées que nous avons, et bien on le fait.

 

Quelle chance donnez-vous à l’aboutissement du chronogramme proposé par les Forces vives ?

 

Moi, je ne suis pas prophète. On a défendu, on a accepté. Nous avons des étapes. Le groupe International de Contact est d’un côté et de l’autre côté, il y a l’autorité qui est le CNDD. Il y’a une question de volonté politique. Si le CNDD prend en compte notre document et le met en œuvre, c’est parti pour les élections. Si demain le CNDD trouve qu’il faut d’abord nettoyer comme le dit le président Dadis, on va nettoyer l’intérieur de nos cases avant de nous engager dans un processus électoral. Tout est une question de volonté politique.

 

Quelle proposition faites-vous par rapport à cette transition ?

 

Je n’ai pas de proposition particulière. Nous avions déjà eu à présenter au CNDD un certain nombre de choses sur la transition. La manière de l’UPR de voir la transition est très claire. Il y a des efforts qui ont été fournis. Nous avons présenté un mémorandum qui parle de la réhabilitation des Institutions républicaines. Il faut remettre en place les Institutions. Avant cela, il faut créer un cadre juridique qui permettrait de créer les Institutions républicaines. Faire en sorte que les partis politiques puissent jouer leur rôle, celui de véhiculer les opinions des militants et des citoyens. Le tout cadré par ce que vous vous faites, les médias. A savoir porter la bonne parole. Si ces différentes étapes sont satisfaites, on aura un véritable processus de transition.

 

Votre lecture des débats que le président Dadis fait avec les présumés narcotrafiquants et ceux qui ont plongé illégalement leurs mains dans les caisses de l’Etat ?

 

Je vais me prononcer par rapport à la forme, à savoir les débats. La Guinée a longtemps été un pays de rumeurs. Il faut maintenant trouver un moyen clair d’informer les citoyens. Ce qui se passe, ce que c’est cette formule que nous avons aujourd’hui. Peut être qu’on aura une autre formule. En attendant, les Guinéens sont satisfaits de savoir qu’est-ce qui s’est passé et qu’est- ce qu’on est en train de faire par rapport à ce qu’on entend dire. Il faut qu’on cesse les rumeurs et informer de façon claire les citoyens.

 

 

Propos recueillis par Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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