 |
Dans “Le pharaon du CNDD bouffonne encore”, Benn Pépito invitait: «Allez! Bavons sans transition» sur l’Archevêque de Conakry, Mgr Vincent Koulibali. Or baver sur quelqu’un = le calomnier. Et, Dieu nous a dit: «Malheur à tout calomniateur diffamateur, …» (S. 104/v. 1).
Pour Benn, «Il n’y a pas à prétendre garder un diabolique juste milieu dans ce drame guinéen». Épousant par là - sans le savoir? - la philosophie radicale “sékoutouréenne” qui voulait que «ceux qui n’étaient pas pour la “révolution” étaient contre elle», principe au nom duquel il avait fait décimer les forces productives de la nation: médecins, ingénieurs, agriculteurs, officiers de carrière,… et autres opérateurs économiques; qui, pour beaucoup d’entre eux, n’étaient ni pour la révolution, ni contre elle. La plupart d’entre eux n’aspiraient qu’à un cadre où ils pourraient librement exercer leur métier pour subvenir aux besoins de leurs familles. Tous sont disparus - parfois tragiquement - à la faveur de «complots» sans témoins.
Qu’est-ce que le respectable prélat reprocherait «exactement aux missions diplomatiques américaine, française, allemande, anglaise à Conakry»?
Je ne saurais le dire «exactement»! J’espère qu’il nous le dira un jour.
Par contre, je pense qu’il y a certains faits que l’on pourrait reprocher à nos «amis» les Occidentaux. C’est, entre autres, leur cynique jeu qui consiste à maintenir les Africains Noirs dans leur statut de “Damnés de la Terre”.
Quant est-ce que la France, créatrice de la force de répression la plus féroce en Afrique (les bérets rouges: brigades autonomes de sécurité présidentielle), a suspendu sa coopération militaire avec la Guinée? C’est après coup! Quand le mal a été commis. Ce n’étaient pas ces mêmes “bérets rouges” qui avaient perpétré le carnage de Février 2007 à Conakry? Celui de la Marche des Femmes du 27 Février 2005 au Togo? Celui de la grève des principaux syndicats de transporteurs contre la hausse du prix du carburant au Cameroun, le 27 Février 2008 à Doula? Est-ce que la France avait suspendu sa coopération militaire pour autant?
Le tort du pantin Dadis aux yeux de l’Occident n’est autre chose que sa déclaration qui menaçait de revoir les léonins «contrats miniers» signés par la Guinée. Il n’est pas assez cultivé pour retenir la leçon administrée par la France au plus francophone des usagers de la langue de Molière (feu Hamani Diori du Niger, initiateur devant l’Éternel de l’Organisation Internationale de la Francophonie) qui avait eu l’outrecuidance de demander à la “puissance coloniale” d’accepter de rééquilibrer les “accords” sur l’exploitation de l’uranium (seule ressource de son pays, sur laquelle la France se fait des milliards de US$) au bénéfice des plus pauvres de la population mondiale: les Nigériens. Il (Dadis) n’est pas assez informé pour savoir que le seul péché d’Evo Morales de la Bolivie est d’avoir osé nationaliser l’exploitation des immenses ressources de pétrole et de gaz naturel de son pays au bénéfice de sa population et au dépend des multinationales pilleuses de ressources locales.
Il ne faut pas oublier que Robert Mugabe du Zimbabwe n’est devenu infréquentable que quand il a exigé des fermiers britanniques - qui détenaient plus de 80% des terres cultivables confisquées aux autochtones à la faveur du régime d’apartheid de la Rhodésie - de rétrocéder une partie de ces terres aux fermiers locaux.
Si pour l’instant, il n’y a pas à se plaindre de cette concordance de positions entre les Occidentaux et le Peuple du 28 Septembre; il ne faut point être dupe sur la divergence des objectifs. Autant les Guinéens aspirent légitimement à un système de gouvernance démocratique, autant les Occidentaux ne cherchent qu’à s’assurer l’exclusivité de leurs ressources naturelles sans contrepartie juste et équitable. Car, ce n’est pas pour rien que malgré le fait que l’Afrique représente plus de 60% des provisions de matières premières qui alimentent l’industrie mondiale, elle ne pèse même pas 3% du commerce international.
Il faudrait être benêt pour croire que l’Occident - artisan de la Traite des Noirs qui a saigné l‘Afrique Noire de plus de 20 millions de bras valides sur quatre Siècles, maître d’œuvre de l’esclavage des Noirs du XVIe au XIXe Siècle, concepteur et réalisateur de la colonisation de la fin du XIXe Siècle à la moitié du XXe Siècle pour faire main basse sur les ressources dont-il a besoin pour son industrie naissante, patron du système monétaire international [pour combien de temps encore avec la percée de la Chine?] dont les instruments d’opération sont «le couple infernal FMI/Mondiale», … - va se remuer par philanthropie pour le bien être de l’Homme Noir! Car, si tel était le cas, il n’y aurait jamais eu le génocide Rwandais (un million de morts), la guerre du Congo-Kinshasa (+ de quatre millions de morts) et, qui continue de faire des victimes de nos jours par ceux-là même qui avaient perpétré les massacres au Rwanda et dont l’armée française avait aidé à fuir vers le Congo, ou bien, le calvaire des populations du Darfour n’aurait pas continué de nos jours…
Des compagnies de mercenaires comme Omega Stratégic Services, Executive Outcomes, Sandline International, Global Maritime Security Solution, …, qui ont participé à toutes les guerres civiles ces dernières années en Afrique Noire ont été signalées à Conakry ces dernières semaines. Ce serait - selon le journal Ouest France (cité dans l’article “Menacé par la CPI, Dadis fait appel à des mercenaires sud africains blancs et achète 50 millions de dollars d’armes” in guineenews.org) - la raison pour laquelle la France aurait demandé à ses ressortissants de quitter la Guinée.
Pourtant, les propriétaires/dirigeants de ces compagnies terroristes et autres soudards agissants en leurs noms et pour leur compte détiendraient des passeports européens pour échapper aux lois de leur pays d’origine (Afrique du Sud, pour la plupart d’entre eux) qui, en 1998 avait voté une loi rendant illégale la participation de ses citoyens dans des opérations de mercenariat dans les conflits civils.
Si les autorités américaines, françaises, allemandes, anglaises qui ont des missions diplomatiques, des services de renseignement, … à Conakry étaient de bonne foi, il serait nettement plus facile pour elles de mettre fin aux agissements de ces compagnies de destruction et de pillages sur la terre africaine.
Mais, puisque ces compagnies ne font mal qu’aux Africains Noirs, elles ont la main libre d’opérer au grand jour. Personne ne les qualifierait de terroristes. Ce terme “terroriste” ne sied pas à ces compagnies; mais, plutôt à Nelson Mandela et à l’ANC: En effet, «Nelson Mandela, champion du combat anti-apartheid devenu président d'Afrique du Sud, a été retiré hier [01 Juillet 2008] en même temps que son parti d'une liste noire américaine du terrorisme, avec la promulgation par le président George W. Bush d'une loi en ce sens. La Maison-Blanche a annoncé hier que M. Bush avait signé la loi adoptée par le Congrès, à temps pour le 18 juillet et le 90e anniversaire du Prix Nobel de la paix, premier président noir d'Afrique du Sud de 1994 à 1999. Le texte, qui n'aura attendu que quelques jours le paraphe présidentiel après son adoption définitive par le Sénat à la fin de juin, retire en fait le Congrès national africain (ANC), le parti de M. Mandela, d'une liste du département d'État des organisations considérées comme terroristes». Indiquait une dépêche de l’AFP publiée par le journal canadien Le Devoir.com - Édition du mercredi 02 juillet 2008. Pourquoi, justement, ces pays-là ne prennent pas - à l’instar de l’Afrique du Sud - une loi interdisant le mercenariat à leurs citoyens? Parce que ça les arrange à plus d’un titre, pardi! Le nom du Colonel Gilbert Burgeaud alias Bob Denard ne dira rien à beaucoup de Guinéens. Mais, beaucoup de sales boulots sont faits par ces compagnies de mercenaires à la solde de l’Occident sur la terre d’Afrique Noire.
Exemple: «La guerre [en Sierra Leone] opposa jusqu’à quatre factions locales. Deux - le RUF (Front révolutionnaire uni) et l’AFRC (Conseil révolutionnaire des forces armées) - avaient été formées par des officiers mécontents et de jeunes nationalistes. Une autre était constituée par ce qui restait de la décomposition de l’armée régulière (elle-même divisée en sous-factions, suivant les ambitions des commandants d’unités). La dernière faction, celle d’Ahmad Tejan Kabbah, un ancien haut fonctionnaire en Sierra Leone, puis à l’ONU, bénéficiait du soutien de Londres et s’appuyait sur une milice tribale, dite des “Kamajors”. Cette guerre civile vit également l’intervention d’un certain nombre de forces étrangères “officielles”. Le premier contingent étranger fut l’ECOMOG, au début des années quatre-vingt-dix, une force multinationale dirigée par la dictature en place au Nigeria, qui avait été initialement envoyée au Liberia, à la demande de Washington, par les pays de langue anglaise de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (ses membres de langue française avaient refusé de s’y joindre, sans doute sur injonction de Paris qui voyait plutôt d’un bon œil la rébellion de Charles Taylor au Liberia). Puis vint l’armée britannique en mai 2000 et, dans les mois qui suivirent, l’UNAMSIL, un contingent de l’ONU qui compta bientôt plus de 17 000 hommes. À ces forces “officielles” s’ajoutèrent tout au long de la guerre celles, “officieuses” mais non moins meurtrières, de petites armées de mercenaires suréquipées et surentraînées, dont celles de la firme britannique Sandline et de son homologue sud-africaine, Executive Outcomes; des noms que l’on retrouve dans la plupart des guerres civiles africaines». (“Sierra Leone - le bilan d’une invasion britannique oubliée” in www.lutte-ouvriere.org).
Donc, c’est de la responsabilité du prélat (Mgr Vincent Koulibali) et de toute personne avertie de dénoncer ce comportement cynique des occidentaux qui ont toujours eu une attitude différente au sein de l’OCDE qui règle de la façon la plus responsable - par le dialogue, la rigueur et l’impartialité - beaucoup de conflits graves en Europe.
Quand aux «forces vives» guinéennes, ce serait faire preuve de mauvaise foi que de les tenir pour responsables des massacres qui ont eu lieu en Septembre 2009 à Conakry; car, rien ne peut justifier ce comportement des acteurs de cette répression. Et, si le CNDD n’était pas responsable, il aurait agit promptement pour mettre aux arrêts les auteurs et commanditaires de ces atrocités jamais perpétrées sur le sol guinéen auparavant. Et, le pire de tout, c’est la logique de négation et d’arrogance dans laquelle s’est enfermée les autorités de Conakry face à ce dérapage sans nom. Partout où on a observé ce comportement de la part des autorités, cela a conduit à la catastrophe. Pensez au massacre d’Yopougon (Abidjan, Côte d’Ivoire en Octobre 2000) et à l’attitude du régime Gbagbo qui avait organisé une parodie de justice pour les gendarmes impliqués dans la tuerie et qui, forts de l’impunité qu’on leur a octroyée, avaient nargué devant les caméras de télévision du monde entier les parents des victimes. Conséquences: quelques semaines après, sans l’intervention rapide des forces d’“interposition” de la France qui, pour rien au monde n’aurait accepté perdre ses immenses intérêts dans ce pays «vitrine de “sa décolonisation” en Afrique», les “Forces Armées des Forces Nouvelles” se seraient promenées à Abidjan, avec toutes les conséquences que cela aurait entraînées. Force est de constater que 9 ans après, le processus de retour à l’ordre constitutionnelle est toujours bloqué à Abidjan.
Ceci dit, il ne serait pas inutile - à mon humble avis - de proposer des critiques constructives à l’endroit des acteurs communément appelés «forces vives». Mais cela, c’est une autre histoire qui, fera peut-être l’objet d’un autre papier.
Wa sallâhu alâ Sayyîdinâ Mohammadinin Nabiyyil Oumiyyi wa alâ âlihî wa sallim!
Saifoulaye Diallo
www.guineeactu.com
|
 |