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Il en a tant besoin, ce pauvre consommateur guinéen qui, depuis plus deux décennies, ne nourrit qu’un seul et difficile projet : manger à sa faim et à moindre coût.
Inaccessible, avec la fantaisie des prix sur le marché. La cherté de la vie a détruit le pouvoir d’achat du pauvre citoyen. La précarité de ses conditions de vie l’a transformé en clochard de grands chemins Le pauvre chef de famille, la brave ménagère, se sont usés dans des prières interminables. Invoquant tous les noms exaltés du bon Dieu. Scrutant l’horizon brumeux, dans l’espoir d’en voir venir un distributeur de charité.
Aujourd’hui encore, c’est l’attente anxieuse de ce bien-être qui tarde à venir.
Le riz, la viande, le piment, tout coûte cher. Voilà qui nous concerne, rien d’autre, dans ce changement que nous n’apprécions qu’à travers le panier de la ménagère.
Les commerçants se sont enrichis sur nos dos, sans état d’âme. Il n’est plus question de les ménager, il faut qu’ils fassent preuve de patriotisme. Autrement, il faut qu’ils y soient obligés.
C’est la seule formule qui vaille, avec ceux qui n’ont jamais compris que le recours au gain facile est un crime à payer.
Les nouvelles autorités devront user de sévérité à l’égard de ceux qui n’ont jamais voulu entendre raison, qui sont restés sourds aux gémissements de leurs frères appauvris. Le changement doit se sentir dans la marmite, dans le panier de la bonne ménagère, dans l’humeur figée de l’enfant, ventre creux, qui revient de l’école, sans trouver le moindre morceau de pain à grignoter. Nous avons besoin de souffle nouveau, pour, enfin, jouir du changement tant promis.
La pauvreté n’est pas une légende en Guinée, c’est le vécu quotidien, c’est l’embarrassant spectre qui harcèle et clochardise le brave citoyen privé du minimum vital. Il est temps qu’on en finisse.
Pour ce faire, il faudrait que les autorités s’impliquent dans la fixation des prix des produits de première nécessité et veillent au respect scrupuleux des mesures qui en découleront. Le même produit ne doit pas être vendu à des prix différents dans la même localité. Le laisser-faire est, en partie, responsable de cette anarchie sur le marché guinéen. La balle est dans le camp de ceux qui ont la charge d’y veiller.
La marmite attend le panier.
Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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