vendredi 30 janvier 2009
Du souffle pour le consommateur guinéen
Thierno Dayèdio Barry

Il en a tant besoin, ce pauvre consommateur guinéen qui, depuis plus deux décennies, ne nourrit qu’un seul et difficile projet : manger à sa faim et à moindre coût.

Inaccessible, avec la fantaisie des prix sur le marché. La cherté de la vie a détruit le pouvoir d’achat du pauvre citoyen. La précarité de ses conditions de vie l’a transformé en clochard de grands chemins Le pauvre chef de famille, la brave ménagère, se sont usés dans des prières interminables. Invoquant tous les noms exaltés du bon Dieu. Scrutant l’horizon brumeux, dans l’espoir d’en voir venir un distributeur de charité.

Aujourd’hui encore, c’est l’attente anxieuse de ce bien-être qui tarde à venir.

Le riz, la viande, le piment, tout coûte cher. Voilà qui nous concerne, rien d’autre, dans ce changement que nous n’apprécions qu’à travers le panier de la ménagère.

Les commerçants se sont enrichis sur nos dos, sans état d’âme. Il n’est plus question de les ménager, il faut qu’ils fassent preuve de patriotisme. Autrement, il faut qu’ils y soient obligés.

C’est la seule formule qui vaille, avec ceux qui n’ont jamais compris que le recours au gain facile est un crime à payer.

Les nouvelles autorités devront user de sévérité à l’égard de ceux qui n’ont jamais voulu entendre raison, qui sont restés sourds aux gémissements de leurs frères appauvris. Le changement doit se sentir dans la marmite, dans le panier de la bonne ménagère, dans l’humeur figée de l’enfant, ventre creux, qui revient de l’école, sans trouver le moindre morceau de pain à grignoter. Nous avons besoin de souffle nouveau, pour, enfin, jouir du changement tant promis.

La pauvreté n’est pas une légende en Guinée, c’est le vécu quotidien, c’est l’embarrassant spectre qui harcèle et clochardise le brave citoyen privé du minimum vital. Il est temps qu’on en finisse.

Pour ce faire, il faudrait que les autorités s’impliquent dans la fixation des prix des produits de première nécessité et veillent au respect scrupuleux des mesures qui en découleront. Le même produit ne doit pas être vendu à des prix différents dans la même localité. Le laisser-faire est, en partie, responsable de cette anarchie sur le marché guinéen. La balle est dans le camp de ceux qui ont la charge d’y veiller.

La marmite attend le panier.


Thierno Dayèdio Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
TH>Hamidou Barry U.S.A, mardi 3 février 2009
Bravo! Mr Keita,une intervention de taille!
abdoulaye Keita, lundi 2 février 2009
Mon frere, vous etes mon cousin en tant que Barry. Je vous invite a ne pas donner la chance aux SOW(T)s de nous nous attaquer car vous etes trop optimiste. Je vous prie de chercher en tant que journaliste d`approcher les hommes d`affaires pour mieux comprendre certaines realites liees a la gestion des entreprises en Guinee. Ne condamnez pas les commercants sans les ecouter. Le probleme guineen est un probleme de gouvernance, mon frere. Debarrassons nous des germes de la dictature communiste que le PDG nous a inculques. Revisez le livre de calcul J. Auriol pour avoir une idee des prix de revient et d`achat. Cessez d`indexer les commercants pour les maux du pays. Le systeme de gouvernance dans notre pays est responsable de la difficile situation economique et sociale. Comment un leader d`opinion comme vous journaliste dans l`un des plus grands journaux du pays peut manquer d`esprit critique et et continuer a blamer ceux qui comme tout le monde cherchent a s`accomoder la corruption et les detournements qui sont eriges en systeme de gouvernement dans notre pays? Laissez ce role aux loubards qui sont toujours prets a faire payer aux commercants la faillite de la gouvernance. Bon Courage
Yussuf Barry, dimanche 1 février 2009
Oui, il faut à tout prix une intervention de l’état dans ce domaine, et plus précisément du ministère du commerce et de l’industrie. Je ne comprends pas pourquoi les prix des denrées alimentaires de base ne sont pas indexés sur le salaire moyen du fonctionnaire. Peut-être que messieurs Sy Savané de Rouen et Doré de Dijon peuvent nous donner quelques pistes dans ce domaine complexe.
Couleur-Tropicale, samedi 31 janvier 2009
Voilà un autre goulet d`étranglement de l`économie nationale : le manque de politique de fixation des prix. Il faut une régulation dans ce sens. Le panier de la bonne ménagère en souffre énormément aujourd`hui et nos véreux commerçants qui en font un sport national au vu et au su des tenanciers du pouvoir s`en moquent éperdument. Le cadrage des prix, surtout ceux des produits de première nécessité, doit figurer dans l`agenda de ratissage de la junte. Autant dire que les prix exagérés doivent des coups de châtiment de la part des mollahs de la junte et de l`équipe militarisée de "Cabinet Coma-ra" …
Bangaly traore, samedi 31 janvier 2009
Une chose est sure,le chef de l`etat n`est pas un homme presse,seulement son entourage n`est pas efficace sur le plan politique.Le rythme de la transition est lent,et le president qui doit mettre en place et diriger l`action de l`executif,mais pas un groupe de militaire,il y a une influence exageree sur le president Dadis, et il est le seul qui assumera la responsablite devant le peuple et l`histoire.selon le general sekouba konate le numero deux du regime.Il faut que certaines opposent soit d`accord,on ne peut pas faire son temps et celui de ses petits enfants.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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