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C’est le retour à la case départ. Blanc bonnet, bonnet blanc. L’espoir s’effrite. Le changement, version Souaré, n’en est pas moins comique. 36 postes ministériels, des décrets, rien que des décrets pour créer un mouvement d’ensemble dont le seul objectif est de faire croire que la volonté de réussir est là. Malheureusement, ce sont les mêmes qui changent de place. Un véritable jeu de chandelle pour divertir encore ce peuple. Au demeurant, c’est du pareil au même. Rien ne change, au contraire c’est la méritocratie qui s’en trouve lésée et pour de bon. L’on a l’absurde impression que le pays est pris en otage par une poignée d’hommes inamovibles qui se partagent tous les biens de l’Etat. Mais qui accuser, quand les Guinéens continuent de se résigner ? Le Ciel, toujours lui, serait responsable de tout ce destin cruel qui nous malmène. Nous refusons d’assumer nos responsabilités. Sachons, cependant, que tant que nous ferons du pouvoir un droit divin et de la soumission à ce pouvoir un devoir sacré, nous devons accepter de nous considérer comme auteurs et victimes de notre fanatisme. Le Guinéen est victime de tous ses choix. Nos gouvernants, notre pauvreté chronique, nos souffrances, la destruction et le pillage des ressources du pays par des sociétés agréées et installées sur fond de magouille, sont autant de nos choix, que la situation honteuse de la Guinée est la conséquence logique d’une démission collective. Le gouvernement actuel ne fera pas mieux que celui qui l’a précédé sur la scène. C’est la même pièce théâtrale qui est à l’ordre du jour et ceux qui sont désignés pour la jouer ont déjà raté l’entrée en scène. L’on ne peut vouloir de la rigueur dans la gestion des dépenses de l’Etat et s’entourer de pilleurs. Même s’il reste vrai - pour être d’accord avec Harpagon - que s’il y a à manger pour Vingt, il y en a pour trente six. Souaré s’efforce de se soigner la face, en prouvant qu’il dispose, au moins, d’un atout majeur, celui d’imposer au chef de l’Etat ses hommes qui ne sont malheureusement que les mêmes qui, depuis toujours ont élu domicile dans les ressources publiques. L’on ne saurait prétendre opérer un changement en maintenant à leurs postes, ceux qui ont détruit le pays. Les hommes décriés sont revenus en force. Le pouvoir ne s’en plaint pas, sauf qu’avec le président Conté rien n’est définitif. Souaré semble être suffisamment servi, selon son entendement. Comme par enchantement, les décrets continuent de tomber. Il est seulement à craindre qu’un jour Souaré n’en reçoive un, pour, enfin, se convaincre du fait que le chef de l’Etat n’a pas qu’un tour dans son sac, surtout quand il s’agit de rappeler à l’ordre. C’est un début de carnaval. Le gouvernement fait la pluie et le beau temps. Le chef de l’Etat signe tous les décrets qui lui sont soumis, malgré son programme, que nous estimons, trop chargé. Mais puisqu’on veut abuser de son temps précieux en l’invitant à signer des décrets, rien que des décrets, tout est possible dans le pays des Crapauds vivipares. Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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