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Dans un article intitulé : « Tête à l’évent ? » et diffusé sur le site Guineeactu.com le jeudi, 12. mars 2009, Monsieur Jacques Kourouma, réagissait à une mise au point de Benn Pepito (le CNDD traîne la CENI), qui faisait référence aux propos de Dr. Thierno Madjou Sow, président de l'OGDH, pour mettre en garde contre la politique des "deux poids, deux mesures", dans le traitement des crimes (économiques et politiques) commis dans notre pays. Un article qui m'aurait laissé totalement indifférent, s'il n'avait ce relent diffamatoire, calomnieux, voire ethnocentriste.
En effet, dans son article, M. Jacques Kourouma soutient, à propos de Dr. Sow, je cite : " Voici un homme qui se dit défenseur des droits de l’Homme, mais qui n’a pas hésité de trafiquer des médicaments qu’une ONG allemande lui avait expédiés, pour des soins gratuits aux Guinéens confrontés aux dégâts des journées de grève de janvier et février 2007. Il a reçu une tonne de médicaments dans un premier temps et 19 cartons pour toutes les quatre régions, dans un second. Monsieur « droit de l’homme » s’est mué, à partir de ce moment, en marchand de médicaments. Seul l’hôpital de Lola, ma région, avait eu un seul carton."
Pour ne pas laisser régner la confusion des esprits dans une affaire qui, au demeurant n'en soufre point, je me vois malheureusement dans l'obligation de réagir à cet article dont le but, il faut le dire, n'est ni plus, ni moins, que de jeter un discrédit gratuit sur notre Président, le Dr. Thierno Madjou Sow, et de façon plus large, sur notre Organisation.
De quoi s'agit-il ?
Il vous souviendra, chers compatriotes que la crise sanitaire engendrée par les incidents entre forces de l'ordre et manifestants lors de la grève déclenchée par l'intersyndicale CNTG-USTG en janvier février 2007, avait entraîné un afflux massif et sans précédent de blessés dans toutes les formations sanitaires de notre pays. Une situation qui souleva l'indignation générale et mobilisa tout naturellement, des dons de partout à travers le monde. Parmi ces dons, je citerai ceux accordés par l'ONG Allemande "ACTION MEDEOR". Mon propos se limitera donc à ceux-ci. J'en parle, pour la raison évidente que Madame Ursula Reimer, membre de l'Organisation Allemande des Droits de l'Homme IGFM, qui servit de relais entre Medeor et le partenaire sur le terrain en l'occurrence l'OGDH, m'avait transmis des documents format PDF et échanges de mails sur le déroulement de l'ensemble des opérations de réception, de transport et de distribution des dits Médicaments. Il ressort des explications de Mme U. Reimer, ainsi que des documents qu'elle m'a fournis, que les opérations de réception et distribution des médicaments s'étaient déroulés en toute transparence et en deux temps:
- Dans un premier temps, la période allant du 05 au 7 février 2007, un important lot de médicament de 800 Kg, destiné à toutes les régions naturelles de la Guinée, arriva à Conakry par le vol régulier du Royal-Air Maroc AT527 à 2:50 du matin. Après de nombreuses tracasseries administratives et douanières, l'OGDH réussira, à ses frais, à dédouaner et à transporter le colis à son siège. Dans un e-mail en date du Mercredi 21 Février 2007 12h15mn 51s, adressé à Mme Reimer, M.Karll Prinz, Ambassadeur de la Rep. Fed. d'Allemagne en Guinée, informait avoir effectué une visite au siège de l'OGDH, où le colis envoyé en début février restait toujours immobilisé dans les locaux de l'organisation. Il expliquait que compte tenu des difficultés de distribution liées à la paralysie totale du secteur des transports consécutive à l'état de siège décrété par les autorités, le colis n'a pu être distribué. Il précisait par ailleurs, que tous les frais étaient supportés par l'OGDH, avant de proposer que Mme Reimer et Action Medeor mettent des moyens financiers à la disposition de l'OGDH, pour les frais supplémentaires qui grèvent déjà le maigre budget de l'organisation...
Cela étant, en dépit de toutes les difficultés de transport et de distribution que l'on connaît en Guinée (surtout en période d'émeute), l'Ogdh avait réussi à faire parvenir aux populations nécessiteuses, le lot de 800 Kg de médicament. Une précision de taille cependant : étant sur le terrain, il a été laissé à l'OGDH, le soin d'identifier les localités les plus touchées et de procéder à la distribution. Ce qu'elle fit avec succès. Un rapport détaillé avait été fourni à Mme Reimer à cet effet dont je détiens une copie.
- Dan un second temps, précisément la période allant du 15 au 18 Mars 2007, il était question d'un lot de Médicament de 151 Paquets, soit 2.373,00 kg, 11,49 m³ qui arriva à Conakry par le vol régulier du Royal Air Maroc AT572 Air Waybill Nr. 147-8491 8794 le 18.03.2007 à 19:30. La correspondance électronique de Mme Gaby Klopsch de Action Medeor, en date du Mardi 13 Mars 2007 13h42mn 52s, adressée à Mme Reimer à cet effet, en fait foi.
Le Mercredi 28 Mars 2007 à 13h00mn 13s, le Dr. Mohamed Diané du RPG confirmait via une correspondance électronique, la réception du Lot de Médicament tel que libellé dans la facture pro format avec la mention: Hilfslieferung an A.G.E.M.L.I.S., Dr. Naman Keita, Conakry - Ref.-Nr. 2-56-0010. Dans cette correspondance, le Dr. Diané ajoutais que, je le cite"... Hier, un important lot est parti en Haute Guinée. Dr. Naman passera aujourd'hui au Ministère de la Santé, pour voir avec le représentant de l'ONG Allemande, pour avoir un véhicule pour le transport du reste des médicaments en Forêt et en Haute Guinée..." Le rôle joué par l'OGDH pour la sortie de ces produits a été déterminant et fut d'ailleurs vivement salué par M. L'Ambassadeur de l'Allemagne en personne, les Dr. Diané et Keita, ainsi que Mme Reimer de l'IGFM.
Comme vous pouvez le voir chers compatriotes, c'est dans un esprit de transparence totale que l'OGDH, fidèle à ses principes, s'est mise au service de nos compatriotes durant ces graves événements qui ont secoué notre pays. C'est donc surpris et indignés que nous avons lu cet article calomnieux de notre compatriote M. Jacques Kourouma. Ce, d'autant plus que, comme il le dit lui même :" je ne connais pas personnellement Dr. Sow".
Qu'à cela ne tiennes, M. Kourouma! je m'élève en faux contre vos déclarations et vous défie d'apporter la moindre preuve de vos allégations qui, au demeurant restent mensongères et indignes de tout compatriote qui se respecte. Notez de passage que j'ai révélée la source des références ci- dessus mentionnées. Je vous demande d'en faire autant!
Pour aggraver votre manque de crédibilité, vous avez le toupet de dire, je vous cite "Que votre référencié docteur de l’OGDH dise aujourd’hui, par exemple, aux jeunes étudiants de 1990, de l’université de Conakry, le rôle qu’il a joué en 1990. (...) Il eut le génie de ne faire partir que des jeunes de son ethnie. Cinq d’entre eux, étaient arrivés en Allemagne, le 2 septembre 1992. Parmi ceux-là son propre neveu, avec sa copine (à son neveu). Cette dernière n’avait absolument rien à voir avec le mouvement estudiantin." (...) C’est ce sieur Sow qui ose parler, aujourd’hui, de justice ? Ne trompons pas les Guinéens ! De telles forfaitures à l’actif de votre Président OGDH sont nombreuses. J’en ai mon pain cuit."
Arrêtez donc de raconter des contre-vérités à nos compatriotes! Témoin et acteur des douloureux événements qui avaient secouées nos Institutions d'enseignements supérieur dans les années 90, je suis mieux placé pour dénoncer et démentir ces allégations à la limite ethnocentristes et régionalistes. Dans ces moments difficiles, notre mouvement estudiantin n'avait aucune coloration ethnique. Le seul objectif qui nous animait tous, c'était l'amélioration de nos conditions de vie et d'étude. Des partis politiques ethnorégionaliste avaient tenté à l'époque de récupérer notre mouvement, sans succès. Nous étions tout simplement de toutes les régions de la Guinée. Tout le monde s'est battu. Mais, le hasard a simplement voulu que "les cinq," qui vinrent en Allemagne, soient ceux dont les vies furent les plus menacées. Ils subirent la pire des atrocités. Trois d'entre eux faillirent d'y perdre leurs vies.
Il est vrai par ailleurs que la copine de celui que vous qualifiez de propre neveu de Dr. Sow, n'était pas membre de Comité de Coordination de l'Université comme beaucoup de victimes de la répression de Kissi Camara. Mais le rôle qu'elle joua dans les mouvements estudiantins à l'époque était si important que la concession familiale située dans le quartier de Cig-Madina failli être saccagée par des loubards que Charles Pascal Tolno avaient lâchés à nos trousses. Il n'était en effet, un secret pour personne que la concession familiale de cette dame, de par sa position stratégique par rapport à l'Université Gamal Abdel Nasser, était pratiquement devenu le quartier Général du Comité de Coordination ( C.C). Le président du CC y sera d'ailleurs arrêté et cette "Copine" sera recherchée pour délit "d'Association de malfaiteur". Si donc vous estimez qu'en dépit de tout cela "cette dernière n’avait absolument rien à voir avec le mouvement estudiantin", cela n'engage que vous. Ce qui est sûr, c'est que le hasard a voulu aussi que ces cinq étudiants soient tous des peuls!
Vous dites par ailleurs, je vous cite " je n'ai pas voulu adjoindre le nom des complices" de Dr. Sow dans sa géniale idée "de ne faire partir que des jeunes de son ethnie". Doit-on comprendre par là, que par égard pour ces soi-disant "complice", vous vous gardez de révéler leurs noms ? Ne vous moquez pas de nos compatriotes, s'il-vous plait! La seule explication à votre "pudeur" retrouvée, c'est que vous préférerez plutôt éviter que cet acte hautement patriotique qui a consisté à sauver la vie d'étudiants dont le seul crime fut de se battre pour de meilleurs conditions de vie et d'étude, soit mis à l'actif d'un adversaire politique, surtout de par les temps qui courent. Car c'est le lieu de rendre hommage à M. Bah Oury pour le soutien moral et matériel qu'il apporta à tous ces étudiants victime de répressions policières dans les années 90.
Qualifier par ailleurs, le Dr. Thierno Maadjou Sow d'ethnocentriste est tout simplement révoltant et insupportable! Et pour cause, pour votre information une deuxième vague d'étudiants au nombre de 10 (dont moi-même),sera radiée de l'Université en 1994. Sans cet homme que vous jetez aujourd'hui aux gémonies , sans le connaître, beaucoup d'entre eux auraient perdu la vie et quatre d'entre eux n'auraient pas eu la possibilité de quitter le pays pour poursuivre leurs études dans les pays occidentaux. Et n'allez surtout pas jusqu' à croire que c'était tous des peuls! Car ce serait faux! Nous étions de toutes les ethnies et d'ailleurs majoritairement Malinké. Les étudiants de Kankan, proches du RPG qui furent également radiés à la même époque et qui trouvèrent en l'OGDH leur ultime recours ne diront certainement pas le contraire.
C'est dire que si je puis saluer votre engagement dans le débat politique dans notre pays, j'avoue ne pas bien en saisir les motivations profondes. Pour terminer cependant, permettez-moi, en guise d'exhortation, d'emprunter cette phrase de vous: " J’ai toujours cru que la dignité humaine est inspiratrice de la pratique de la vérité." Pour le grand bien de notre patrie à tous, je vous prie de bien vouloir respectez cela !
Fraternellement.
Ismaël Souaré, OGDH – Allemagne
pour www.guineeactu.com
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