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Ce titre n'est pas de moi. Enfin presque. Je me suis contenté d'ajouter certains à ce titre courageusement signé "AUTEUR: Copyright Guinéevision 2008-08-09 22:58:03". Article paru sur kababachir.com. L'introduction vaut son pesant d'or d'affirmations gratuites, je vous en donne un premier exemple : "L’esprit de concorde qui a animé les Guinéens de l’année de l’indépendance en 1958 à la mort du président Sékou Touré le 26 mars 1984 s’est effrité après l’avènement du régime militaire le 4 avril 1984". Selon nos courageux auteurs, la discorde n'est apparue qu'après la mort du très démocrate "président" régulièrement réélu à 99,99%, de l'indépendance à sa mort. Et ne serait due qu'aux officiers de l'armée guinéenne. Comme raccourci historique, c'est absolument osé. Cette "vérité" posée, nos auteurs, sans prendre la hauteur qui sied en pareil cas, nous entrainent à suspecter, si nous ne prenions garde, un fait historique que personne ne conteste : la politique d'ostracisme à l'égard de nos compatriotes de la Haute-Guinée, après l'exécution sans jugement d'officiers et de soldats de l'armée guinéenne, fait dénoncé par tous les Guinéens responsables. Des actes de cette nature, que rien ni personne ne saurait justifier, sont tristement connus dans notre histoire. Mais nos écrivains, tout à leur rage, n'en font aucun cas. Ils se focalisent sur un seul fait et une seule ethnie, dont ils seraient les seuls défenseurs, "oubliant" les autres crimes commis tout le long de nos deux républiques, et qui sont l'affaire de tous les Guinéens, et donc d'une justice rendue dans un cadre légal. Faut-il leur rappeler que tous les crimes sont... des crimes (excusez la lapalissade), quels qu'en soient le ou les auteurs, et doivent être jugés comme tels ? Il y a décidément des personnes imperméables aux évidences. Nous ne serons donc pas surpris par la logique de nos "visionnistes", citation : "C’est dans ce nouveau contexte que l’esprit de village l’emporta rapidement sur celui de la solidarité nationale". Comme quoi, la solidarité clanique PDGiste était une pure vue de l'esprit. Et tous les "complots contre-révolutionnaires" de simples vaudevilles à la sauce guinéenne. Nos auteurs en viennent à l'argumentaire dit de régionalisme et trahison. La lutte entre différentes factions d'anciens PDGistes pour le pouvoir, est habilement détournée en lutte entre une ethnie et le reste des Guinéens. L'accepter, c'est avaliser un trait de fracture arbitrairement tracé par nos auteurs de contre-vérités. Comme ils se définissent malgré eux, "La science de la déformation des vérités fait partie des outillages des cadres et des intellectuels". Je préciserai, de certains intellectuels. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils le font sans modération. Nous arrivons au point nodal de leur arguments, citation : "Le contraste entre les attitudes des cadres mandingues vis à vis de Sékou Touré après 1965 et celles des autres cadres (comprenez Peuhls et Soussous) vis-à-vis du pouvoir présent en place est frappant. Le PDG ne tolérait pas la dilapidation des biens publics ni la corruption. Les cadres en place alors se conformaient à la discipline et à la morale du parti". Nous apprenons ainsi que : - Les "cadres mandingues" auraient eu une attitude avant, et une autre après 1965. Guineevision se garde bien de dire lesquelles. Nous ne savions pas qu'il devrait y avoir une attitude monolithique, politique ou autre, des cadres de la Haute-Guinée. Pas plus que pour les autres parties de notre pays d'ailleurs.
- Si le PDG ne tolérait ni dilapidation ni corruption (ils sont décidemment les seuls à le savoir), pourquoi "ces cadres mandingues" (qu'il ne faut pas confondre avec les cadres de la Haute-Guinée) auraient-ils changé d'attitude, en se mettant pour ou contre un régime aussi démocratique et soucieux des "droits de l'homme et des peuples" selon la phraséologie consacrée de l'époque ?
- Les "cadres mandingues" seraient de fait les seuls cadres ayant le droit de critiquer ou non le régime PDG. Les autres devant s'occuper des travers des dirigeants de leur ethnie. Effectivement, vue sous cet angle, l'unité nationale a fort à faire.
- Mettre en exergue la "morale" d'un parti responsable de crimes non encore jugés, contre tous les Guinéens, est révélateur d'un singulier sens de la morale tout court. C'est cela qui est, comme l'affirme par ailleurs Guineevision, très frappant. Et même assommant.
Tout le reste du texte est rigoureusement de la même eau, et relève tout simplement du négationnisme ou révisionnisme (remise en question de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, tendant à nier ou à minimiser le génocide des Juifs). Dans notre cas c'est la négation de la période noire du PDG. Nos confusionnistes ne désarment pas, et continuent, en écrivant : "l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté qui a fait les frais du régionalisme...". Pas un mot de sa gestion calamiteuse de la feuille de route. Mais on s'étend sur une supposée "organisation secrète dont la mission consiste à drainer les projets de développement vers le Fouta Djallon". Ils nous apprennent donc que "ce régionalisme explique pourquoi la Guinée maritime et le Fouta bénéficient des projets d’investissement et des actions des ONG plus que la Haute-Guinée et la région forestière". Si bien lancés, nos "guinéevisionnistes", en fait aveugles, abattent leur dernière carte, citation : "Pour une raison ou l’autre, les cadres malinkés et forestiers ne tissent pas des liens de solidarité agissante au sein de la bureaucratie de l’État et des banques. Par ailleurs, le silence des cadres mandingues encouragerait-il la presse peule à ignorer les torts que la communauté mandingue a subis sous l’ancien régime et sous le commandement des officiers peuls après le 4 juillet 1985". Faites attention à la formulation, sans oublier le terme réducteur de "Forestiers" : tisser des liens de solidarité agissante contre les peuhls et soussous. C'est juste cela la définition de l'incitation à la haine ethnique et raciale, punie partout ailleurs. Sauf, pour le moment, en Guinée. La ficelle, à ce stade, est vraiment trop grosse. De même, l'appel du pied à une sainte coalition contre, je cite, "L’arrivée du gouvernement Souaré (qui) confirme la force de la logique ethnique et la tuméfaction multiforme qui ronge les organes de l’État". Que dire, sinon merci docteur, pour votre très brillant diagnostic ? La "tuméfaction multiforme" cérébrale existe aussi, si vous comprenez… Ainsi donc leur logique n'aurait rien de partiale, et pas du tout ethnique. C'est pourtant la même, développée à l'égard du peuple juif, qui a valu à l'Allemagne la "nuit de cristal" et les camps de concentration. La même, diffusée par la radio mille collines, juste avant le génocide rwandais, mena le pays au bord du gouffre. La même, enfin qui mena à la purification ethnique en ex-Yougoslavie. En conclusion Les PDGistes, Kouyateistes et leurs affidés ne désarment pas, et se montrent de plus en plus agressifs, voire arrogants. Selon la logique de nos impartiaux visionnaires, la complicité et la trahison seraient le fait et le lot de cadres autres que mandingues, A défaut de convaincre, ils jouent du mensonge, de la confusion et de la division, mettant ainsi en doute l'intelligence et la détermination des guinéens. L'objectif évident étant de mettre le feu au tissu social guinéen, convaincus qu'ils sont de la perte progressive de tous leurs moyens et repères. Surtout la peur du jugement de tous les crimes commis, de la première république à nos jours. Inutile de leur faire comprendre que Sékou est une personnalité guinéenne, bien que très singulière. Tous ceux qui ont trempé dans son système inique sont responsables de leurs actes. Ils ne pourraient en aucun cas être les représentants d'une ethnie. Ils le savent, mais n'en ont cure, convaincus qu'ils sont d'être bien "cachés". Mais le jour du jugement, dans le respect de la loi, obligatoirement, viendra. Simplement, mais sûrement. Pour finir, je vous invite tous à lire et méditer la citation suivante, de notre frère le Professeur Ansoumane DORE: "J`ai écrit dans plusieurs articles ce que je pense du régime du PDG et de son chef. J`ai même écrit que tout en étant Malinké, je ne me suis en aucune façon senti lié à ce régime. J`avais même dit que cela paraissait trop réducteur de faire du pouvoir familial, clanique et féodal du Responsable suprême de la Révolution, un "pouvoir malinké". Ce pouvoir a été consolidé, entretenu et servi par les Guinéens de toutes nos régions et toutes en ont souffert atrocement avec tout de même un pic collectif qui a été de désigner collectivement une de nos ethnies en 1976 comme ennemie, les Peuls. Si vous apparteniez à cette ethnie, quel aurait été votre comportement vis-à-vis de ce chef d`Etat qui se disait par ailleurs panafricaniste et qui a ainsi créé la zizanie dans son propre pays ? Il y a beaucoup à dire sur cette question, c`est pourquoi ; je ne comprends pas ceux qui affichent une solidarité. Ce qui est curieux, c`est qu`un nombre de ces solidaires qui sont très souvent loin d`être des parents proches du tyran dont personne ne peut montrer en Guinée une réalisation de taille, vivent à l`étranger. Lansana Conté qui est une créature du PDG ne pouvait semer et entretenir que "le virus de la stérilité" qui était en gestation sous le Parti-Etat. Un certain nombre d`entre les thuriféraires ne vivent même pas sur la terre de leurs ancêtres à cause de la situation créée par le PDG et ses prolongements par la suite. Voilà les aberrations dans lesquelles nagent les Guinéens". C'est dit. Et très bien dit. Thierno A. DIALLO, médecin
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