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Le président de l’OGDH dresse un bilan en matière des droits humains des premiers pas du régime Alpha. Pas reluisant…
L’indépendant : Depuis l’avènement de la troisième république est-ce que vous n’avez pas enregistré des violations des droits de l’homme dans le pays ?
Docteur Thierno Madjou Sow : Il y a beaucoup de violations des droits de l’homme. On peut dire que c’est quelque chose de continu. Vous savez le changement, ça ne se fait pas en un jour. C’est un processus très difficile surtout en Guinée. Parce que tous les secteurs ont été dégradés. On peut dire que dans chaque secteur, c’est le délibérément aussi bien physique ou moral. Les habitudes ont été prises depuis la première république et ce sont les mêmes hommes qui sont encore là et qui agissent. Ceux qui dirigent, ce sont les mêmes jusqu’à présent. On peut dire qu’il n’y a pas eu d’abord de changement, les arrestations arbitraires continuent jusqu’à présent et les mauvais traitements continuent encore - que ce soit parmi les civils ou parmi les militaires - donc ce n’est pas quelque chose qui va changer brusquement. Nous aurions aimé d’ailleurs que le chef de l’Etat fasse une déclaration disant qu’avec le changement, les procédures anciennes doivent changer. S’il faut que maintenant qu’on tienne compte des normes reconnues pour l’arrestation, pour la détention des hommes et surtout les traitements quand ils sont arrêtés ; ou bien que le ministre de la Justice ou le ministre de la Sécurité fasse cette déclaration et mettre les gens en garde. Que ceux qui ont commis des crimes ou des délits dans ce domaine soient sanctionnés et que ce soit porté devant l’opinion nationale et même internationale, cela est nécessaire.
Les personnes qui avaient été arrêtées suite aux violences postélectorales ont-elles été libérées ?
Je crois que oui. Je n’ai pas la situation exacte. Il y a beaucoup de militaires qui avaient été arrêtés avant et qui ont été libérés ces derniers temps. Mais d’autres restent en prison. On m’a même appelé l’autre nuit pour me parler des gens qui ont beaucoup souffert au Camp Alpha Yaya qui sont encore détenus et nous espérons que le gouvernement actuel va voir le cas de ces personnes pour pouvoir examiner leur situation réellement. Ce qui est de Nzérékoré, ils ont été libérés.
Les femmes qui étaient internées dans une maison inconnue à Labé, quel a été leur sort ?
Il y a un groupe de femmes qui étaient internées, quatre d’entre elles ont pu sortir de la maison. Mais comme elles étaient droguées, elles ne savaient pas où se situait cette maison. Il y avait d’autres femmes avec elles mais jusqu’à présent, on n’a pas pu savoir où sont ces femmes, où on les a emmenées. Je crois que c’est des femmes violées, comme on nous l’a dit mais celles-là nous avons pu les envoyer au Sénégal pour des soins. Il y a une autre aussi qui a été violée à Mali tout près. Je crois dans la résidence du préfet, il parait que c’est des gens de la FOSSEPEL qui ont violé cette écolière, durant presque 24 heures. Elle aussi on l’a amenée au Sénégal pour des soins. Les autres qui étaient internées, à l’instant on n’a pu savoir ce qu’elles sont devenues.
La section l’OGDH de Labé réclame un congrès ; certains membres de votre organisation s’en prennent à votre personne en vous traitant de tous les noms d’oiseaux. Pouvez-vous nous dire réellement ce qui se passe ?
Oui quand on est allé à un séminaire à Labé, c’était une rencontre nationale pour la paix et la sécurité en Guinée. Je me suis fait informer auprès des gens de Labé ; il s’est trouvé que le bureau ne fonctionnait pas. Alors ils se sont réunis, ils ont décidé de mettre sur pied un bureau. Celui qui était le premier responsable était responsable également d’un bureau exécutif d’un parti politique. Or nous à l’OGDH, on ne peut pas être responsable à ce niveau d’un parti politique et être responsable de l’OGDH. C’est une organisation qui ne peut pas soutenir un parti politique ou assister à un niveau supérieur de la gestion d’un parti politique. Les membres de l’OGDH peuvent être membres d’un parti politique mais dès que ces gens sont à une responsabilité supérieure, ils ne peuvent pas militer pour un parti politique. C’est interdit. Alors les gens qui étaient là comme le Monsieur qui était le président est présent. Ils se sont retrouvés et ont décidé. Moi je ne connais pas ces gens. C’est ceux de Labé qui ont décidé, ils ont choisi un bureau. C’est ce qui s’est passé. Il se peut que j’aille à Labé parce qu’on me demande là-bas, je vais rencontrer le bureau exécutif, on décidera ensemble de ce qu’il faut faire, parce que c’est eux à la base qui savent ce qu’il faut.
Propos recueillis par Boubacar Bagnan Diallo L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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