mardi 31 août 2010
Dr Thierno Maadjou Sow de l’OGDH : «…il y a des formes d’organisation de la sécurité qui permettent aux citoyens de vivre dans la paix»
Thierno Maadjou Sow

Le président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) Dr Thierno Maadjou Sow est l’un des pourfendeurs des velléités consistant à tripatouiller la constitution. Il le dit dans cet entretien, qu’il a accordé à votre semainier.

Le Démocrate : Que pensez-vous de la décision du Premier ministre Jean-Marie Doré d’engager la gestion commune du processus électoral entre la CENI et le MATAP qui a provoqué des remous dans certains milieux ?

Thierno Maadjou Sow : Vous savez, on a régi dans une déclaration qu’on vous a déposée. D’ailleurs, je crois qu’on a dit qu’on était entrain de travailler cette déclaration. Nous pensons que, comme la constitution - qui est la loi fondamentale, le fondement de droit en république de Guinée - stipule que c’est la CENI qui organise toutes les élections en Guinée ainsi que le referendum ; (le code électoral en son article 2 le dit) ; mais il est mentionné que la CENI doit avoir besoin de l’assistance technique du MATAP, (et il y a eu un document qui définissait le rôle du MATAP dans le processus électoral), donc on ne peut pas revenir sur le fait que ce soit la CENI qui gère entièrement les élections. L’assistance des autres départements, c’est un problème technique ; c’est-à-dire que pour la réalisation d’une tâche donnée, on a besoin de tels moyens ou de telles choses… assister techniquement la personne principale chargée des élections.

Avez-vous des inquiétudes quant au déroulement du scrutin du 19 septembre quand on sait que les 2 candidats ne sont pas sur la même longueur d’ondes ?

Vous savez, c’est tout à fait normal qu’ils ne soient pas sur la même longueur d’ondes ; puis que chacun cherche à accéder au pouvoir et que chacun cherche à disqualifier l’autre. C’est tout à fait normal ! Il ne faudrait pas s’attendre à autre chose ! Tout ce qu’on n’aimerait pas, c’est qu’il y ait des positions politiques, surtout des activités, des actions qui pourraient conduire à des dérapages ! Il ne faudrait pas qu’il ait des catastrophes. Le discours est très important en politique ; parce que c’est le discours qui trace le chemin de l’activité et indique les moyens à utiliser, comment utiliser ces moyens pour arriver au but fixé ; mais il faut que ce discours permette d’y aller en paix !

Quel message avez-vous à adresser aux candidats ?

Tout ce que j’aimerais, c’est leur dire que ces élections ont une importance capitale ; c’est la première fois en Guinée que nous pouvons avoir des élections justes , libres, transparentes. J’ai participé aux élections à l’époque coloniale, sous la première République, sous la deuxième et j’ai été responsable pendant ces périodes aussi, ici politiquement… et je sais que les Guinéens ont pris une habitude…. C’est extrêmement difficile de changer nos manières de concevoir ce qu’est le chef…, de concevoir l’action à mener pour accéder au pouvoir, c’est-à-dire dans le sens de la démocratie. C’est quelque chose que l’on doit apprendre ! Il faudrait que les gens soient très vigilants et qu’ils puissent être tolérants envers ce qui se passe.

Votre organisation a-t-elle des rapports avec le Haut conseil des nations unies pour les droits de l’homme qui a ouvert un bureau en Guinée ?

Oui en principe, on doit avoir des relations, par ce que nous sommes une organisation des droits de l’homme et en tant que membre de la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) nous avons un statut de conseil après le système des Nations-Unies, donc c’est normal qu’on ait des relations. Et c’est nous qui avions tout fait pour que ce bureau vienne s’installer ici.

Etant défenseur des droits humains, quel regard portez-vous sur les remaniements qu’effectue le président de la transition en cette phase du processus ? Ne croyez-vous pas que cela puisse entraîner des dérapages, voire saper la transition ?

 Je ne crois pas que ça soit grave, parce que l’autre jour, il y avait eu des problèmes avec le gouverneur de Conakry ; il avait même été, je crois, interpellé ; et le lundi, on lui dit de se présenter, je ne sais pas exactement quelle a été la raison de cela, je ne sais pas si c’est le même problème qui continue, mais je crois qu’on peut enlever un fonctionnaire de l’Etat pendant cette période. Maintenant, le gouvernement qui va venir, après l’installation du président de la république, ce gouvernement dépendra essentiellement de ce président. C’est à lui, en ce moment de désigner les gens aux postes indiqués.

Est-ce que ces derniers temps vous avez été saisi par des cas de violations des droits de l’homme en Guinée ?

Oui, il y a des cas de violations surtout au niveau de Conakry et même à l’intérieur du pays… il y a même des crimes très graves ! Par exemple dans la région de Labé, on constate qu’il y a des crimes, des gens tuent des propriétaires de motos pour les prendre et les vendre au Sénégal. Il faut que des mesures soient prises. On avait organisé un séminaire là-bas : un des responsables de la sécurité au niveau de la région nous a fait un compte rendu de ce qui s’était passé ce jour à Pita. Mais ici (dans la capitale) aussi ça continue, l’insécurité est un des problèmes actuellement ! Il faudrait que ce problème soit résolu et qu’on trouve les moyens pour que la sécurité des citoyens soit assurée ! Vous savez dans beaucoup de pays, il y a des bandits ; mais, il y a des formes d’organisation de la sécurité qui permettent aux citoyens de vivre dans la paix et en sécurité. Mais il faudrait un personnel extrêmement important bien formé, bien éduqué et que se soit des gens qui ont l’esprit citoyen.

Avez-vous appris l’évacuation de la présidente du CNT pour causes de maladie ?

Oui je l’ai appris parce qu’hier (24 août 2010) j’avais appris qu’elle était malade. Je ne l’ai pas vue depuis un moment, depuis le décès de sa sœur ; par après j’aurais appris qu’elle est partie au Canada, je n’ai pas su juqu’à présent quelle est la maladie et le niveau de gravité, si le président de la CENI est malade, la présidente du CNT aussi et le président de la Transition n’est pas bien portant, tout ça c’est des problèmes.

Votre mot de la fin ?

Je pense que tous les Guinéens, pendant cette période, doivent se donner la main, s’orienter dans le même sens pour qu’il y ait des élections acceptables par la majorité de la population. Il faudrait, qu’après les élections, il y ait un gouvernement qui soit respecté par l’ensemble des citoyens guinéens ! C’est le souhait, parce que j’ai vu des comptes rendus sur l’enseignement, sur la santé ou l’administration… tout est catastrophique ! Il faudrait donc permettre aux nouveaux mandants d’avoir les moyens humains, logistiques et même financiers et surtout l’engagement et la volonté pour que l’on puisse changer la situation ! Parce que la volonté au sommet est la base de la volonté générale.


Interview réalisée par Bah Boubacar et Kadiatou Barry
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Mory Diakité, mercredi 1 septembre 2010
Au temps du général Conté baffouait la constitution, vous étiez muet. Aujourd`hui, on vous entend sur des rumeurs de changements de la constitution. Dillemme quand tu nous tiens....
SINANI, mercredi 1 septembre 2010
Ha je comprends, c`est plutôt Guinéeactu qui n`a que cette photo de lui ou ne prefère que celle là. Mr Coulibaly ne confondons pas les bourreaux et les victimes. Ce n`est pas en posant les vraies questions qu`on devient ethno. C`est dans le silence que s`est propagé l`ethnocentrisme qui se profile actuellement à l`horizon. Ce qui est claire, vous ne reussirez jamais incha Allah et vous passerez toute votre vie à vous lamenter
hisrine, mardi 31 août 2010
Cette coiffure dont vous et porte DR SOW,est un bonnet que tout PEULH,qui à l`age de ce monsieur,porte pour incarner la la sagesse et le respect.Ce bonnet est crcheté à la main depuis 1000ans!,je dis bien mille ans!Alors arreter de dire n`importe quoi!
Seydou Coulibaly, mardi 31 août 2010
Sinani: Toute la haine que vous ne cessez de demontrer est une preuve que vous ferez mieux de contacter un docteur pour votre sante` mentale. Je ne me moque point de vous! C`est plutot un conseil de frere.
Mick mack camara, mardi 31 août 2010
Ce monsieur n`a plus rien à faire dans la vie active, il doit prendre sa retraite une fois pour toute avant de commettre l`irréparable. Par ailleurs il faut qu`il sache qu`au delà de la personne c`est l`institution qui compte.La maladie est le lot quotidien de l`homme et nul n`est à l`abri. Une autre chose qu`il doit savoir c`est que nul n`est irremplaçable. C`est dommage mais c`est la vérité.SINANI a raison essayez de ménager un peu le vieux.
Abdoul.H, mardi 31 août 2010
SINANI, a la date du 22 aout 2010, la meme photo avait ete afichée sur une declaration de l`OGDH. Regarde juste a gauche dans les articles passés.
Abdoul.H, mardi 31 août 2010
SINANI, regarde un peu en bas de tes commentaires et a gauche, dans les articles passés, tu retrouveras la meme photo, pour une seconde fois au moins. Cette fois, ce n`est pas sur une Interview d`un Barry ou Bah, mais sur une Declaration de TM SOW.
SINANI, mardi 31 août 2010
Ce monsieur a toujours été respectable. N`essayez pas de le compromettre avec vos question et le choix de cette photo. Je ne peux pas comprendre que Mr Madjou Sow soit distingué par son "pothouro" en cette periode de tension ethnique alors que je ne l`ai jamais vu coiffé d`une quelconque coiffure avant. L`interview s`est passé en poular ou quoi? Je ne peut pas comprendre no plus qu`il faut un SOW et une Barry pour aller l`interviewer ...Heureusement qu`il n`est pas tombé dans le piège.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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