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Dr Sékou Konaté est le secrétaire général du Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir). Notre reporter l’a rencontré pour parler des prochaines législatives, de ses rapports que l’on dit tendus avec le président de l’Assemblée nationale, Elhadj Aboubacar Somparé, et de la concertation initiée par les Forces vives de la nation pour la sortie de crise. L’Indépendant : Comment se porte le PUP à quelques mois de la tenue des législatives ? Dr Sékou Konaté : Le PUP se porte à merveille. La preuve en est que nous sommes en train de préparer un atelier à l’intention des femmes de notre parti sur un thème qui porte sur le processus électoral. Ladite formation sera financée par le Pnud dans le dessein de renforcer les capacités des militants des différents partis du pays. Il paraîtrait que le torchon brûle entre le président de l’Assemblée nationale, Elhadj Aboubacar Somparé, et le secrétaire général du PUP que vous êtes ? Moi, je ne vois pas ce torchon brûler. Ceux qui l’ont allumé sont ces gens qui voient le torchon en feu. Le président de l’Assemblée assiste à toutes les réunions du parti. Je vais souvent à son bureau et nous échangeons nos points de vue. Moi, je ne vois pas ce torchon brûler. Ceux qui l’ont allumé sont ces gens qui voient le torchon en feu. Le président de l’Assemblée assiste à toutes les réunions du parti. Je vais souvent à son bureau et nous échangeons nos points de vue. Quel commentaire faites-vous des travaux menés par les Forces vives de la Nation dans le dessein d’éviter une nouvelle crise sociale ? Nous souscrivons à toutes les démarches qui puissent éviter une nouvelle crise à notre pays. Nous sommes d’avis avec tous ceux qui oeuvrent pour la paix sociale et le bonheur pour ce pays. Mais nous fustigeons toutes les personnes qui font un double jeu, c’est-à-dire qui prennent part aux assises du comité de veille et qui, de l’autre côté, tirent les ficelles pour qu’il y ait grève. Notre position au PUP est très claire. Nous ne souhaitons pas du tout un quelconque trouble dans le pays. Pourquoi ne participez-vous pas aux travaux des Forces vives ? Nous ne participons pas à ces travaux des forces vives, parce que les énoncés sont différents de ce que nous connaissons. Donc nous, nous avons fait un dialogue avec tous les partis politiques. Les dialogues qui ont abouti au texte réglementaire. Nous avons pris part à la formation de la CENI, au financement des partis politiques, à la révision du code électoral. Donc nous sommes pour que le processus suive son court. Alors à mon avis le premier rôle des partis politiques est d’éduquer les militants. L’éducation civique des militants s’avère nécessaire pour qu’il n’y ait pas de destruction d’édifices publics, des atteintes à la dignité humaine. Voilà notre position par rapport à votre question. Les femmes, dans un mémorandum, réclament leur représentativité au sein des partis et surtout sur les listes électorales. Qu’en est-il au sein du PUP ? Au PUP, nous avons toujours donné des postes de responsabilité aux femmes et ce bien avant leur mémorandum. D’ailleurs ici nous avons une organisation spécifique pour les femmes. Nous avons un comité national des femmes. Nous avons des bureaux fédéraux et ensuite des comités fédéraux et des comités de base des femmes. Donc nous avons des structures spécifiques qui s’occupent des problèmes des femmes. Au niveau du comité de base, nous dirons que la présidente du comité de base devient immédiatement membre du comité de base. Au niveau du comité directeur, nous dirons que la présidente du bureau fédéral est directement membre du bureau fédéral. Au niveau des jeunes, deux ou trois jeunes filles sont aussi membres du bureau des jeunes. Au bureau politique national, nous avons des femmes qui ont été élues et qui partagent des responsabilités avec des hommes. Au sein du parlement, le PUP a le plus grand nombre de femmes. Quelle lecture faites-vous de la flambée des prix sur nos marchés ? Nous ressentons tous cette flambée des prix et qui inquiète d’ailleurs tout le monde. Pour une proposition de sortie de crise par rapport à cette flambée, il nous faut voir les commerçants et le gouvernement. C’est cette même situation qui nous a conduit aux événements de janvier et février. La cherté de la vie faisait partir des réclamations de la population. Mais les citoyens doivent tenir compte du contexte international avec la flambée du prix du carburant. Les prix des denrées de première nécessité ne font que monter. Il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur le gouvernement seulement. Il y a la responsabilité des populations. Dès que les rumeurs courent au sujet d’une augmentation du prix du carburant à la pompe, les citoyens payent le carburant et spéculent sur les prix à travers les bouteilles et les bidons. Et pendant ce temps-là, tout le monde devient commerçant des produits pétroliers. Donc nous avons aussi dit qu’il ne fallait pas du tout réexporter nos produits. Faites un peu d’analyse de la situation actuelle. Le riz que la Guinée importe est réexporté vers les pays voisins. Même nos propres productions sont l’objet de cette réexportation. C’est là que je pointe du doigt la population. Les forces vives de la nation doivent s’intéresser à la situation au lieu de s’intéresser au gouvernement. Tenez vous bien que les gouvernements vont changer éternellement et tant qu’on ne trouvera pas de solution à ces problèmes, les mêmes choses reviendront et les populations se plaindront toujours. Un an après, quel bilan vous de l’action gouvernementale ? Au niveau de l’équilibre macroéconomique, je vous dirai que ce gouvernement a réussi. Cette équipe nous a permis de renouer avec les bailleurs de fonds et nous avons un programme avec eux. Mais il a des difficultés au niveau du panier de la ménagère parce que les opérateurs économiques et la population n’ont pas suivi les efforts du Gouvernement. Si le gouvernement prend des mesures draconiennes, je pense bien que les gens doivent comprendre cela. Mais si on menace le même gouvernement de ne pas du tout augmenter les prix des produits pétroliers, cela est autre chose. Il faut comprendre qu’au niveau international, les prix sont augmentés. Donc si on ne réajuste pas, ce serait difficile pour le Gouvernement. Donc la responsabilité se trouve être partagée. A 4300Fg le titre d’essence, nous trouvons cela très coûteux. Si vous comparez ce prix avec certains pays non loin de nous, vous trouverez que la Guinée vend moins cher. Et pire, le même carburant que nous importons est réexporté vers d’autres pays. C’est cette affaire de cherté qui a fait chuter l’autre gouvernement. Et aujourd’hui, malgré tout ce qui a été fait par rapport à la monnaie nationale, les mêmes problèmes persistent Et une fois encore la responsabilité est partagée. Propos recueillis par Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeatu.com
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