jeudi 5 mars 2009
Dr Nicolas Zoumanigui, médecin personnel de Ousmane Conté : « L’état de Ousmane Conté s’est nettement amélioré »
Ousmane Conté

Face aux rumeurs qui circulaient sur le décès du capitaine Ousmane Conté, depuis dimanche dernier dans la cité, Dr Nicolas Zoumanigui du CHU de Donka, son médecin que nous avons rencontré dans la journée du mardi, disait que l’état de son patient s’était nettement amélioré. Plus tard dans la soirée le fils du président Conté fera une apparition sur le petit écran au cours du JT de 20 heures, pour apporter un démenti cinglant à ces rumeurs qui le disaient mort.

 

Les rumeurs sur la mort du capitaine Ousmane Conté, fils aîné du général Lansana Conté se sont propagées en début de semaine dans la capitale. Les préfectures intérieures avaient eu aussi vent de cette nouvelle qui ne tardera pas à être relayée par des médias étrangers. Ce fut le cas notamment au Sénégal où un grand quotidien avait annoncé la mort d’Ousmane dans son édition du lundi. A Conakry, de nombreux citoyens se disaient surpris de l’indifférence de la presse guinéenne face à ces ragots qui courraient les rues. Aussi bien les journaux que les radios, aucun médium n’est tombé dans le piège du scoop. Il a fallu attendre mardi, au cours du journal télévisé de 20 heures, pour voir apparaître un Ousmane Conté, qui avait l’air plutôt requinqué, alors que les rumeurs sur son décès avaient fait le tour du monde. Le capitaine s’est saisi de cette occasion pour dire aux populations qu’il est bien vivant, et que s’il mourait un jour, ses proches porteront la nouvelle au public.

Ce démenti cinglant vient confirmer une fois encore que la Guinée n’en a pas fini avec ces fausses rumeurs, qui constituent l’un des lourds héritages que l’ancien régime nous a légué. C’est là l’une des conséquences de la malgouvernance, car sous l’ère Conté le pouvoir ne trouvait pas opportun de communiquer ces moindres faits et gestes comme il est de coutume dans les nations qui ont une culture démocratique. Dans le système Conté, en effet, les choses se passaient dans l’opacité la plus totale. Ce qui donnait libre court à toutes sortes de rumeurs, véhiculées généralement par l’entourage même du chef de l’Etat. Le défunt président lui-même avait fait une sortie musclée contre les colporteurs de ragots, qui en 2002 étaient allés jusqu’à annoncer sa mort. Conté n’avait pas alors apprécié ça, et s’en était sérieusement offusqué. Cela n’a pas empêché les gens de remettre ça, quelques jours avant la disparition de l’ancien président en décembre 2008, qui avaient été déclaré mort par des rumeurs qui circulaient dans la cité. Cette fois, c’est le gouvernement qui à travers son porte-parole, Tibou Kamara, alors ministre de la Communication et des nouvelles technologies de l’information (NTIC), qui allait démentir la nouvelle. Sans pour autant convaincre, les plus sceptiques, qui attendaient de voir le président soit sur le petit écran, soit dans les rues de Conakry qu’il aimait souvent arpenter en compagnie de sa garde rapprochée. Le chef de l’Etat n’était pas en réalité décédé, mais il était mal en point et était dans son lit de malade, au camp Samory Touré.

Pour revenir au cas Ousmane Conté, il faut dire que son médecin que nous avons rencontré au CHU de Donka, Dr Nicolas Zoumanigui, dans la journée du mardi, avant le démenti du capitaine, s’était dit choqué par ces fausses rumeurs qui donnaient son patient pour mort. « Mon malade se trouve mieux qu’avant, il se trouve au camp Alpha Yaya Diallo » a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que l’état du capitaine Ousmane Conté s’est beaucoup amélioré. Le cas OC déchaîne les passions depuis qu’il a fait son mea culpa devant les enquêteurs, sur son implication dans les réseaux de trafic de drogue qui se sont implantés en Guinée, sous le règne de son défunt père. Sa disparition prématurée allait compromettre la tâche des enquêteurs dans cette croisade contre les trafiquants. Le fils du président Conté qui a donné bonne impression lors de sa première audition, en ne niant pas son appartenance à ces réseaux mafieux, pourrait sans être d’une grande contribution dans le démantèlement de ces cartels de la drogue.


Mohamed Camara et Dian Baldé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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