|
L’Université Gamal Abdel Nasser, comme les autres Instituts supérieurs du pays, se trouve dans un besoin d’infrastructures et d’amélioration de cadre de vie. Dans un entretien avec notre reporter, Dr Alpha Mamadou Diallo, le Recteur de ladite Université, s’est exprimé sur la situation, quelques heures avant son départ pour Lagos. L’Indépendant : Comment s’est passée la rentrée universitaire 2007-2008 à l’Université Gamal Abdel Nasser ? Dr Alpha Mamadou Diallo : La rentrée universitaire est toujours une période difficile. Mais cette fois, l’Université Gamal Abdel Nasser a connu une rentrée plus ou moins apaisée. Il n’y a pas eu de problèmes majeurs. Le seul problème qui nous a un peu secoués a été les résultats de la Faculté de Médecine qui semblaient catastrophiques. Mais à l’heure où je vous parle tout est rentré dans l’ordre Et les cours se déroulent normalement. L’on constate avec regret que votre Université est toujours confrontée au récurrent problème de capacité d’accueil. Quelle explication pouvez-vous donner à cette situation ? C’est surtout en 2006 que l’Université a été inondée par un nombre très élevé d’étudiants. Et comme vous le savez, c’est dans le souci de résoudre ce problème que certaines Facultés ont été délocalisées pour l’Université de Sonfonia. Mais malgré cela, nous avons toujours un nombre élevé de près de quinze mille étudiants à Gamal puisque les vagues d’étudiants ne font qu’arriver ici. Le manque de places persiste. Et pour cela, les facultés procèdent donc à un système de roulement. Mais malgré tout, ce qui nous agace de plus c’est l’instauration du système LMD (Licence, Master, Doctorat). Avec le LMD, il n’y a plus de binaire. Donc il n’y a plus de Premier cycle. Puisque chaque matière constitue une option à part. Ce qui fait qu’on se retrouve dans un besoin criard de salles de classe. Mais en attendant de trouver la solution, les doyens et chefs de département s’arrangent à faire en sorte que chaque option puisse étudier en fonction d’un programme bien établi. Justement, pour pallier ce manque de places, l’Université avait obtenu un domaine 84 hectares à Dubréka où un projet d’extension de l’UGAN était prévu. Où en est-on avec ce dossier ? En fait, c’est depuis 2004 que l’Etat nous a octroyé un domaine de 84 hectares à Dubréka, au quartier Kenendé. Nous avons pris toutes les dispositions pour obtenir le titre foncier. Le domaine est sécurisé au compte de l’UGANC puisque les bornes ont été mises. Cette fois-ci, nous avons envoyé un entrepreneur pour faire le soubassement de la clôture qui s’étend sur un kilomètre deux cent de périmètre. Mais quand il est arrivé, il y a eu malheureusement de vives réactions de quelques citoyens du quartier. Nous cherchons donc à régler le problème avant de pouvoir débuter les travaux. Est-ce qu’au préalable vous aviez contacté des bailleurs de fonds pour la mise en chantier de ce domaine ? Oui, nous avions reçu une délégation de Turquie qui avait promis de nous aider à construire une polyclinique universitaire. Mais jusqu’ici cette délégation turque ne s’est pas manifestée. Mais nous comptons faire le plan de construction pour le présenter aux autres bailleurs de fonds. Sur qui comptez-vous exactement pour la mise en chantier de ce plan ? Lorsque le plan sera établi, nous allons le présenter d’abord à l’Etat qui, à son tour, pourra nous aider à contacter d’autres organismes internationaux et des ambassades pour demander de l’aide. L’année dernière, l’UGANC a connu des remous, notamment à la Faculté de Médecine au sujet de l’attribution des numéros matricules. Quelles dispositions avez-vous prises pour désormais éviter ces genres de crise ? Le problème est que les années précédentes, certains enseignants d’ici se permettaient d’installer des étudiants de façon clandestine. Notamment à la Faculté de Médecine. La situation a été démasquée et les auteurs ont été sanctionnés. Certains enseignants ont été suspendus puis affectés. Cette année, nous nous sommes résolus à n’accorder aucun transfert en Médecine. Dans toutes les universités au monde, la Faculté de Médecine n’admet pas des grands effectifs. La Médecine est généralement gérée par un système qu’on appelle ‘’numerus clausus» c’est-à-dire qu’on ne doit pas y mettre beaucoup d’étudiants. Alors quiconque tenterait cette fois d’installer clandestinement des étudiants en Médecine sera sévèrement sanctionné. Malgré ces dispositions, est-ce qu’il n’y pas d’étudiants clandestins à la Faculté de Médecine à l’UGANC ? A notre connaissance, non ! Et s’il y a éventuellement des clandestins, nous le saurons et les auteurs seront punis. Vous parliez tantôt du système LMD (Licence, Master, Doctorat). Quels sont les moyens techniques et matériels mis à votre actif pour la bonne application de ce nouveau système ? Le système LMD est un régime pédagogique auquel l’Education guinéenne a souscrit. Il y a un comité national de passage au LMD qui a été installé il n’y a deux ans. L’Université du Québec à Montréal a été choisie pour accompagner la Guinée dans ce nouveau système. A nos jours, cette structure fonctionne normalement. A notre niveau, nous avons un comité institutionnel de passage au LMD. Le règlement des études du Premier cycle a été élaboré et signé, les comités de programme sont mis en place, les dispositions ont été prises au niveau de la scolarité. Ce qui fait qu’au moment où je vous parle, l’Université Gamal Abdel Nasser est déjà dans le LMD. Quelles sont vos ambitions pour l’Université Gamal Abdel Nasser ? Mes ambitions pour Gamal, c’est de voir le cadre de vie s’améliorer, d’accroître les capacités d’accueil, de continuer à améliorer la qualité de la formation à l’image des grandes universités du monde. Une autre ambition me tient à cœur, c’est de pouvoir construire un Rectorat pour l’Université de Conakry. Parce que depuis 1962, l’Université n’a pas de Rectorat. Cette salle qui abrite le bureau du Recteur est une salle de classe. Les autres services sont dispersés dans les quatre coins de l’enceinte. J’aimerais voir un jour le Rectorat construit pour que tous les services soient au même endroit. Puisque Gamal Abdel Nasser est l’Université-mère du pays. Alors, il lui faut un Rectorat digne de ce nom. Propos recueillis par Tonguino Faya Bernard L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
|