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24h avant la publication officielle des résultats provisoires par la CENI, la « communauté internationale » par la voix du président du groupe de contact international tente de convaincre la coalition véritablement gagnante d’accepter un résultat qui n’est pas encore proclamé ne serait-ce que de façon provisoire.
Au lendemain de la publication de ces résultats provisoires par la CENI, c’est au tour de cette même « communauté internationale » de se fendre de communiqués signés d’Abdou Diouf président de l’OIF et de Ban Ki-moon secrétaire général des Nations Unies pour se féliciter de l’issue heureuse de ces élections et d’exhorter le candidat Cellou Dalein Diallo d’accepter ce qui n’est que des résultats provisoires sur lesquels pendent des réclamations objectives.
Cette même communauté internationale demande en quelque sorte à celui que le cœur des Guinéens a majoritairement choisi de féliciter celui qui s’est autoproclamé président de la république 10h avant la publication des résultats provisoires par la CENI.
Non, c’est trop demander à celui dont on a usurpé la victoire au premier tour et qui est arrivé victorieux au second tour avec pas moins de 54% des vrais résultats. C’est trop demander au candidat qui tout au long de son discours de campagne a mis en avant la Guinée et les Guinéens contrairement au candidat dont l’essentiel du discours a consisté à attiser les haines ethniques. Non c’est trop demander à celui qui tout au long de sa vie s’est consacré au service de la Guinée et des Guinéens. Non c’est trop demander à ce candidat qui respecte la Guinée et les Guinéens et a fait du service public son sacerdoce. Non c’est tout simplement top demander au gagnant de renier sa victoire juste pour une logique d’intérêt d’une certaine « communauté internationale », de certains lobbies ou de certains groupes d’intérêts qui sont contre le progrès de ce pays qui a évolué jusque-là aux marges du progrès social et démocratique.
Comme on le dit, la diplomatie, plus qu’une affaire d’Etats et d’institutions, c’est une affaire d’hommes, d’affinités. Les relations personnelles déjà anciennes entre le président Diouf et Alpha Condé, et leur commune appartenance à l’internationale socialiste ont-elles joué dans le choix de cette institution de privilégier dans ses choix le candidat du RPG ? La proximité ethno-politique et l’appartenance à une même coalition d’intérêt entre le président Compaoré et Alpha Condé ont-elles influé véritablement sur le choix de ce résultat et l’empressement de cette « communauté internationale » à reconnaitre ce qui n’est que provisoire et inachevé ? Les relations amicales anciennes entre Kouchner, que le président Sarkozy a bien fait de remercier, et le « professeur » ont certainement joué. Bernard Kouchner n’a-t-il pas écrit un livre intitulé « des affaires pas si étrangères que ça » pour expliquer l’imbrication entre certaines affaires internationales notamment africaines et les intérêts de la France.
C’est vrai que dans un contexte régulier et régalien, le gentleman agreement aurait voulu que le perdant félicite le gagnant comme ce fut le cas en 2000 de ce même président Abdou Diouf qui a félicité le président Wade à l’issue du second des élections. Dans un tel contexte, le verdict était clair et sans appel. Dans ce contexte, le Sénégal venait de réussir l’organisation d’une élection presque parfaite. Dans un tel contexte, c’est l’organisateur même de l’élection qui avait perdu sur la base d’une règle qu’il avait lui-même contribué à ériger.
Nous sommes dans un contexte différent en Guinée:
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Les résultats ne sont que provisoires,
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Les élections sont entachées de fraudes flagrantes dont les preuves matérielles existent,
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Le contexte de violence lié à l’organisation des élections est visible et en appelle à de la finesse plutôt qu’à cette brutalité militaire que diplomatique.
Dans un tel contexte, par respect pour le peuple de Guinée, par respect pour la démocratie, et par souci d’une paix et d’une stabilité durable dans le pays, ces messieurs de la « communauté internationale » auraient dû aller plus loin dans leur action en soutenant l’instauration d’une vraie démocratie dans le pays comme ils l’ont fait ailleurs au Liberia, en Sierra Leone ou en Bosnie.
Bademba
www.guineeactu.com
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