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Le Démocrate : Bonjour Monsieur le président de la Cour d’assises de Conakry.
Doura : Bonjour ?
N’êtes-vous pas dans l’impasse, en ce moment ?
Vous voulez dire les travaux de la Cour d’assisses ? Alors, oui, nous sommes dans une situation très difficile ; des questions de procédure, des faits et des actes posés font que nous sommes dans cette situation mais pas insurmontable. Parce que, en procédure, on peut réussir tout. Donc, nous pensons qu’il s’agit simplement d’appliquer, de faire les choses comme la loi le veut, pour sortir de cet imbroglio. Voilà !
Comment ?
C’est de poursuivre nos travaux, la seule façon pour nous, c’est de poursuivre nos travaux. Je ne sais pas ce que vous, vous appelez impasse, peut-être que si vous m’expliquez un peu ce que vous appelez impasse...
Je pense par impasse, Monsieur le président, la production des arrêts, des différents arrêts qui ont été sujets houleux de ce débat aujourd’hui : La défense prétend que les arrêts ont été produits par la Cour suprême mais elle ne sait pas le contenu et elle n’a pas de copie, mais elle tient mordicus que ça existe et que si la cour ne l’a pas reçu, ce n’est pas à la défense d’aller chercher ça pour la cour. Et pour la partie civile, ces arrêts n’existent pas parce que personne n’a vu une copie de cet arrêt-là. Or, M. le président, la partie civile dit que si la Cour suprême a cassé l’arrêt de la chambre de mise en accusation, le prisonnier, l’accusé ou le prévenu doit revenir à la case de départ pour réexamen mais cette fois-ci l’arrêt est revenu à la chambre de mise en accusation « autrement constituée », que comprendre ?
(Rire …) Vous voulez parler de quel accusé ?
Naturellement, il n’a été question que de OC aujourd’hui, Ousmane Conté. Voilà, ce problème est très simple. D’abord ce n’est pas Ousmane Conté seulement qui intéresse la cour, Ousmane Conté est poursuivi en même temps que plusieurs personnes. Je crois, ils sont 4 ou 5 sur le même dossier, si mes souvenirs sont exacts. Il y avait un pourvoi dans l’affaire Ousmane Conté contre l’arrêt de la Chambre de mise en accusation. Ousmane Conté était en prison au moment où ce dossier a été envoyé devant la Cour suprême qui est la juridiction compétente pour examiner cette voie de recours. La Cour suprême a cassé l’arrêt de renvoi de la Chambre d’accusation et a renvoyé le même dossier devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel autrement composée. Ça veut dire quoi ? Selon ce qui nous est rapporté, parce que moi, je n’ai pas encore vu cet arrêt. Donc, cela veut dire que le dossier devait revenir à la Chambre d’accusation, puisque la Cour suprême ne juge qu’en droit, la Cour suprême ne peut pas extraire Ousmane Conté, et l’amener dans sa juridiction à la Camayenne et ordonner sa mise en liberté. Je n’ai pas vu l’arrêt de la Cour suprême mais je parie que la Cour suprême ne peut pas rendre pareille décision. Je le confirme, la Cour suprême ne peut pas rendre pareille décision, ce n’est pas possible.
La rumeur court dans tout Conakry qu’Ousmane Conté a été libéré et qu’il a été élevé en grade, qu’il serait actuellement colonel, si je ne me trompe. Ça se dit dans tous les milieux. Qu’en est-il, au fait ?
Ecoutez-moi, je ne suis pas le président de la république qui donne les grades, c’est un problème qui ne relève pas de la compétence de la justice. Vraiment, qu’il soit colonel ou quel que soit le poste qu’il peut occuper, ce n’est pas ça qui est important pour nous, ce n’est pas ça qui est le sujet pour nous, le sujet c’est qu’un accusé a été libéré et nous, nous ne savons pas comment, alors que nous sommes en train de juger son dossier. Voilà !
Monsieur le président c’est cette confusion-là qui est dans la tête de tout le monde, que vous, Doura Chérif, vous avez fait libérer 106 prisonniers qui étaient à la maison centrale. Il n’en reste que 7. Et Mamady Kalo s’en est bien plaint lamentablement, et tout le monde a vu la justesse de sa raison de se plaindre. On parle maintenant clairement d’une justice à 2 vitesses. En quoi eux ils sont là tandis que les autres sont libérés ? Est-ce vous ou bien pas vous qui aviez ordonné cette libération massive ?
Je dis encore une fois que ce n’est pas la cour qui a libéré, la cour n’a libéré personne !
Donc, ce n’est pas vous ?
Ce n’est pas nous, ce n’est pas nous ; ce n’est pas en tout cas le siège de la Cour d’assises.
Et vous ne savez pas qui a fait ça ?
Je ne peux dire qui a fait, moi je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas, euh ! Voilà !
Je crois que c’est clair.
Non, il faut être clair : ce n’est pas nous qui l’avons libéré. En fait, c’était le seul objet de notre rencontre avec vous, parce qu’il fallait que nous sortions de cette Cour d’assisses la tête bien tranquille autour de ce qui se dit en ville.
Comme vous avez été assez clair, Je vous remercie, monsieur le président.
Merci
Propos recueillis par Moise Sidibé, Youssouf Bah et Saidou Hady Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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