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Le général Sékouba Konaté, président par intérim et le chef de la junte Moussa Dadis Camara viennent de porter leur choix sur le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), M. Jean Marie Doré, pour le poste de Premier ministre, chef de gouvernement de transition. Cette nomination devra être entérinée par un décret dès le retour au pays de Konaté, probablement ce mardi.
Le général Sékouba Konaté n’a pas eu besoin de quitter la capitale burkinabé pour départager hadja Rabiatou Sérah Diallo et Jean Marie Doré, les deux candidats engagés dans la course pour le poste de Premier ministre, chef de gouvernement.
C’est finalement le Secrétaire général de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) qui a raflé la mise. Jean Marie Doré devra donc jouer dorénavant un rôle crucial dans l’avenir de la Guinée qui a besoin de sortir de cette mêlasse. L’homme est un vieux renard de la politique guinéenne, originaire de la région forestière. Ce septuagénaire né à Bossou, localité de la préfecture de Lola, au pied du mont Nimba est un prince Mano, une minorité ethnique qui se trouve à cheval entre la Guinée et le Liberia.
Sa formation universitaire, avec un diplôme en Droit constitutionnel décroché en France et un doctorat en Sciences politiques ainsi que son expérience en tant qu’un ancien haut fonctionnaire du BIT, lui seront d’un atout considérable dans ses nouvelles fonctions.
Le choix porté sur Jean Marie Doré sonne comme une récompense des dures années de labeur, passées au sein de l’opposition. Le leader de l’UPG qui malgré ses positions parfois controversées, ayant été de tous les combats pour l’avènement d’une démocratie en Guinée, ce, depuis la deuxième République. Même ses détracteurs lui reconnaissent son intelligence et sa grande culture.
Jean Marie Doré devra composer un gouvernement d’union nationale de 30 membres le plus tôt que possible, où la junte aura 10 postes.
Hadja Rabiatou Sérah Diallo qui n’a pas démérité, doit cependant se contenter d’un poste de premier vice-premier ministre. Le deuxième poste de vice-premier ministre revenant de facto au CNDD, qui a préféré y mettre le général Mamadouba Toto Camara. Cet officier qui a eu du mal à trouver ses marques depuis l’avènement de la junte au pouvoir.
Payant ainsi la rançon de la fracture générationnelle qui sévissait entre la vieille garde et la jeune génération au sein de l’armée vers la fin de l’ère Conté.
La désignation de ce triumvirat répond sans doute à un souci d’équilibre régionaliste, car chacune des 4 régions naturelles aura ainsi un de ses fils à un poste clé au sommet de l’Etat.
Les décrets de nomination de toutes ces personnalités devront être signés certainement ce mardi, avec l’arrivée attendue à Conakry du général Sékouba Konaté. Après près d’une semaine passée à Ouaga auprès de Moussa Dadis Camara, où les deux leaders de la junte ont signé un accord permettant à Konaté d’assurer l’intérim, pendant que Dadis va poursuivre sa convalescence au pays des hommes intègres.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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