mercredi 7 janvier 2009
Domaines de souveraineté
Bali De Yeimbérein

Est-ce propre aux écrivains? C’est en tous cas, depuis quatre décennies, entre 2 et 4 heures du matin que les meilleures idées germent en nous et qu’il faut rester éveillé au risque de les définitivement perdre, pour les consigner sinon en totalité, du moins dans les grandes lignes sur le pense-bête qui repose sur votre table de chevet.

 

En dépit de ce que le C. N. D. D. nous a donné des gages de bonne volonté, de bonnes intentions, de l’assurance d’une authentique TRANSITION, en dotant le nouveau P.M. de vrais et réels pouvoirs, de toutes les compétences, ce COMITE devrait, à mon humble avis, prendre une série de mesures que je qualifie de « MESURES DE SOUVERAINETE NATIONALE » :

 

1- Eriger la préfecture de DABOLA en Capitale Administrative.

 

2- Diligenter la réalisation du Port de BENTY tout en gelant concomitamment toute mesure d’extension du P.A.C. (Port Autonome de Conakry) et notamment du côté du G.H.I.-NOVOTEL…

 

3- S’entourer des meilleurs experts patriotes guinéens (et quelques étrangers sincèrement épris d’aide vraie à l’endroit de la Guinée) pour la réalisation des GRANDS TRAVAUX suivants:

a) -Aménagements spécifiquement liés à l’érection de DABOLA en Capitale Administrative (à toutes fins utiles, j’ai personnellement cogité sur la question depuis plusieurs dizaines d’années…) ;

b) -Confier, sur fond d’émulation, de compétition, la réalisation (selon les REGLES DE L’ART), des AUTOROUTES suivantes:

-Axe Dabola – N’Zérékoré via Kissidougou (Désenclavement Vers la Côte d’Ivoire)

-Axe Dabola – Mali via Labé (Désenclavement direction Sénégal)

-Axe Dabola – Siguiri via Dinguiraye (Désenclavement en direction de la République du Mali)

-Axe Dabola – Boké via Télimélé Fria (Désenclavement direction Bissau-Guinée)

-Axe Dabola – Mandiana via Kankan (Accès Nord ouest de la Côte d’Ivoire)

-Axe Conakry – Benty via Forécariah (Désenclavement direction Sierra Léone & Libéria

 

4- Octroyer – enfin – de vrais contrats (irrévocables sous peine de gros dédommagements de toute partie spoliée) à des Prestataires de Service pour la fourniture de:

-L’Eau

-L’Electricité

-Le téléphone

Pour argumenter ces mesures, avançons les raisons et les éléments suivants sur lesquels je demande, je conjure et invite toutes les guinéennes et tous les guinéens de méditer, réfléchir profondément.

Le président « DADIS » a eu un courage hors du commun, une honnêteté sans précédent, une grandeur d’âme inédite en avouant à la face de tous les guinéens et l’opinion internationale son (leur) IGNORANCE en matière de GOUVERNANCE…A ma connaissance, peu de Chefs d’Etat en ont eu la probité et le courage. C’est à priori, le signe de bonnes intentions, le gage de bonnes intentions…

Bien évidemment, des charognards, des hyènes, des chacals et autres prédateurs profiteront de ces ‘’faiblesses’’ pour compromettre pour longtemps des élans sincères de développement.

Comme partout dans le Monde, des personnes sans scrupules (commerce de Coltan (produit capital dans la composition des téléphones portables) alors que des centaines de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes meurent dans des conditions atroces en RDC pour ne citer que cet abominable exemple…), feront comme ces carnassiers que la moindre carcasse, que le moindre cadavre en putréfaction attire comme les mouches de la première saleté. Ce sera aux guinéens qui en ont la compétence, l’expertise et la connaissance de prévenir, anticiper et annihiler ces velléités de sabotage…

C’est bien sûr tout à l’honneur de « Dadis » et les siens! Ils viennent de nous administrer l’une des meilleures leçons de patriotisme. Cet acte historique (similaire au «NON» de 1958 et … SAUVETAGE -1- de 1984), doit impérativement être CONSOLIDE et lui conférer un caractère IRREVERSIBLE! Cela étant donc, revenons, si vous le voulez bien, aux argumentations qui sous tendent les ‘’conseils’’ ici avancés.

Pour toute démarche à caractère administratif, moi citoyen de Conakry ou, dans une moindre mesure, des préfectures avoisinantes, j’ai très peu de désagréments par rapport à un autre de mes compatriotes résidant, par exemple, à Siguiri ou Beyla. Tous les guinéens étant égaux en droits et devoirs, ce ne serait que justice…administrative de permettre donc à tous de bénéficier équitablement, de manière juste, de toutes les prestations de l’Etat.

Rapprocher de manière quasiment équidistante ledit Etat de tous ses administrés doit demeurer une priorité nationale.

Mais contrairement aux villes d’Abuja pour le Nigeria ou Brasilia pour le Brésil, nous disposons ici d’une préfecture centrale pour le pays, qu’il faudra doter des infrastructures, des structures et des domaines de compétence spécifiques à une capitale. Il ne s’agira donc pas de sortir de terre une ville nouvelle dont le coût faramineux sera complètement ubuesque au regard du contexte mondial actuel. Toutefois, notre chance inouïe, notre rare et incomparable situation unique c’est de disposer de…monnaies d’échange dans la réalisation de ce plan: des potentialités hors du commun, sans commune mesure du pays :

-Bauxite ; Fer ; Or ; Diamant ; Pyrite ; Granite ; Uranium ; Cobalt (traces) ; Platine (traces) ; et depuis peu, Pétrole…, pour le sous-sol guinéen.

-Un sol qui se prête, comme à nul autre pareil, aux plus prometteuses potentialités agricoles…

Si nos experts (de vrais patriotes tournés vers les ressorts qui permettent de tirer la quintessence des réserves du pays), mettent à la disposition de la Guinée ce qu’ils ont de meilleur, de plus compétent et professionnel ; Alors notre pays pourra poser les jalons, les bases d’un Etat de DROIT, d’une nation tout court. Et la Guinée aussi pourra suivre les traces d’un certain…MALI qui semble parti sur de bonnes bases.

 

Ainsi, la promotion de Dabola en Capitale administrative, laissera toute latitude à Conakry pour jouir de son statut incontestable et incontesté de capitale ECONOMIQUE.

Mais surtout, de vrais architectes, d’authentiques URBANISTES, des acteurs visionnaires se pencheront sur cette cité qui, naguère, portait le si enviable surnom de «Perle d’ l’Afrique». Un meilleur aménagement, une gestion responsable et des actions réfléchies feront, dans un avenir pas si lointain, de cette ville un pôle très compétitif dans la sous région.

 

Dans un manuscrit que j’avais proposé à mon éditeur (mais qui ne fut hélas pas retenu : « DESSINE-MOI LA GUINEE »), j’avais même imaginé des barrières titanesques de retenue de part et d’autre de l’actuelle agglomération de Conakry pour:

-1- assécher dans un premier temps la mangrove qui borde de part et d’autre la ville.

-2- aménager la fabuleuse corniche que nous envient bien des capitales à travers le Monde, afin d’en faire une référence comme sur:

-la Lagune d’Abidjan

-Le site hors du commun de Venise

-Les Fronts de mer de villes comme Miami Beach, Nassau, Nice…

 

Permettre, par l’aménagement du Port en eau profonde de Benty, de désengorger celui de Conakry, pour acheminer et évacuer les futurs minerais, exploités aux quatre coins du pays.

Par l’exécution de grands axes routiers quadrillant le territoire de la Guinée, le plus important résultat de ces réalisations, sera le DESENCLAVEMENT des provinces par rapport à la région

« Cul-de-sac » de Conakry.

Cette aisance d’accès, ces facilités de déplacements auront comme première incidence l’incitation et l’encouragement de tout guinéen à avoir tendance à aller s’installer dans une région, ou une autre du pays. Il est clair que l’on est alors encouragé et motivé par le fait incontestable, de:

-mettre 6 heures pour couvrir les 900km séparant Conakry et N’Zérékoré, là où actuellement on met, dans le meilleur des cas, une journée, voire pire.

-faire 3 heures pour joindre Labé depuis l’actuelle capitale.

-et ainsi de suite

 

C’est une honte, et la pire des humiliations, et le signe du pire échec des responsables guinéens qui, depuis 1969, se sont succédé aux affaires du pays sans réussir à offrir aux guinéens la moindre goutte d’eau, le moindre électron ou encore cette possibilité de téléphoner comme partout dans le monde…

 

Rappelons, pour mémoire, qu’en 1969 en effet, lors de la visite d’Ould Dada de Mauritanie, Senghor du Sénégal et Moussa Traoré le tout nouveau chef de la junte qui venait de renverser Modibo Keita au Mali, pour un Sommet de l’OMVS (fleuve Sénégal), une intempestive et inopportune coupure d’eau avait conduit à l’éviction du Directeur des Eaux de Guinée de l’époque. Un an après, un choléra, qui allait devenir récurrent, s’installera pour de bon en Guinée où elle sévit tous les hivernages depuis quatre décennies…

 

Mettons aussi le doigt sur une tare guinéenne et informons-en «Dadis »: à cause d’un épidermique rejet de la France et pour des intérêts vénaux, les guinéens qui sont aux postes de décision sont prêts à accepter des situations ubuesques et iniques que l’on ne voit qu’en Guinée.

-La Malaisie (Télécom Malaisia) par exemple va demander à la France (France télécom via ses satellites) de les aider…à aider Sotelgui à se développer !

-Des Guinéens vont accepter qu’Orange Sénégal vienne offrir ses services aux Guinéens alors que c’est de notoriété qu’Orange du pays de Senghor n’est qu’une émanation d’Orange France…

Les exemples ne manquent évidemment pas où ces intermédiaires ne seraient jamais acceptés ailleurs eu monde. Voilà donc des exemples emblématiques du complet manque de pragmatisme de nos compatriotes uniquement motivés il est vrai par des intérêts vénaux et personnels…

 

Insistons sur la réalisation technique des voies de communications citées plus haut. Il est hors de question qu’un prestataire de service livre à la Guinée des routes telles que:

-la Route ‘’LePrince’’, une voie de communication réalisée en dépit de tout bon sens (affaiblie évidemment par les nombreux détournements qui jalonnent sa réalisation).

-L’axe Aviation – Matoto dont il vaut mieux éviter de parler tant il est surréaliste de faiblesses et malfaçons. Aucune voie d’accès, encore moins une quelconque bretelle de sortie…

Bref, lorsqu’on a connu l’Occident et ses voies de communication, lorsqu’on a vu les logistiques qui sont déployées à longueur d’années en France par exemple par les DDE (Directions Départementales de l’Equipement), lorsqu’on découvre les prouesses techniques ici ou là (quelques viaducs qui surplombent la commune de Montreux en Suisse), on est mortifié et désabusé devant les «autoroutes» qu’on nous présente dans certaines régions d’Afrique…

Il est donc temps de laisser les choses se faire, les réalisations promises, mises en chantier, les plans de développement esquissés, certaines promesses électorales voir le jour, des actions se poursuivre jusqu’à leurs termes et des fonds être utilisés à bon escient au profit des citoyens guinéens.

On n’imagine pas les dizaines de milliers d’emplois directs (centaines de milliers par induction ou incidence) créés par ces initiatives dans la mesure bien entendu où une transparence exemplaire, une probité de tous les instants et une conscience professionnelle, accompagnent ces dispositifs.

 

Pourquoi alors accepter des hérésies, des réalisations insupportables chez nous que les occidentaux n’auraient même pas imaginées chez eux? D’où l’impérieuse nécessité de se doter de tous les verrous qui assurent la meilleure réussite possible des objectifs que le pays s’assigne…

 

Dans un contexte mondial plus que difficile, dans une Afrique à la merci des pilleurs de ses richesses, nous serions inspirés de saisir, pour le meilleur de la Guinée, les opportunités qui surviennent et ne rien gaspiller, au risque de se mordre les doigts plus tard de remords, et de ressentiments !

 

A titre d’exemple, des experts guinéens chevronnés, rompus aux arcanes des négociations les plus ardues et inextricables, signent avec la Chine demanderesse de matières premières le contrat suivant:

-La Guinée lui cède une partie du plateau des gisements de Bauxite de Dabola pour un montant de 7 milliards de dollars US.

-La Chine réalise une usine et une raffinerie d’ALUMINIUM sur place, un barrage hydroélectrique à proximité du site et une ligne de chemin de fer pour l’évacuation du produit fini…

-La Guinée, forte de cette importante manne, passe contrat avec, ici aussi mettons, cinq constructeurs d’autoroutes mondialement connus pour réaliser les axes routiers promis sous le contrôle rigoureux d’ingénieurs guinéens (il y en a).

 

Ces suggestions pourraient soulever des polémiques dans la mesure où l’on se demande si ce ne sera pas de la responsabilité des futures autorités élues au suffrage universel (et dans la transparence). Le débat est ouvert. Il est juste demandé au lecteur de ne tenir compte que du total désintérêt de l’auteur.

Pour ne pas être taxé d’un quelconque opportunisme, je rappelle avoir déjà écrit la quasi-totalité de ces lignes en…1991 dans un ouvrage («GUINEE: derrière le rideau de…cocotiers / La troisième Opportunité»).

 

Dernier détail qui, pour moi, a son importance: originaire de Yeimbérein dans la préfecture de Mali, c’est seulement ce 2 Janvier 2009 que j’ai vu, pour la première fois de ma vie, la ville de DABOLA à travers un reportage sur une campagne arachidière… Ce n’est donc qu’une et une seule chose qui me motive dans la volonté de participer à l’émergence d’une GUINEE la meilleure du monde, la plus prospère et baignée de croissance possible.

Bonne lecture et méditation !

 

Bali De Yeimbérein, écrivain
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
IBRAHIMA DIALLO, vendredi 16 janvier 2009
merci de ces bonnes intentions . DADIS ne peut pas s`occuper de cela pour le moment . Qu`il pose les jallons d`une bonne demogratie apres nous ferons le reste . Vouloir realiser ces projets ,le CNDD restera au pouvoir pour 30 ans. Soyons realiste que le CNDD remette le pouvoir aux civils.
Tabouna, jeudi 15 janvier 2009
La capitale politique de la Guinée dans Dabola, pas à Dabola-ville, mais dans une vaste zone nue et neutre, où personne ne pensera venir revendiquer la paillote de son arrière grand-père. Hoouuu, là !!! Quel beau rêve, avec des autoroutes vers le Fouta, la Guinée forestière, la Basse Guinée et vers Tambacounda et Bamako. Et Conakry qu`on laisse avec ses problèmes domaniaux ! Faisons de ce rêve une réalité, et le plus tôt serait le mieux, bon sang! Abuja n`est pas descendu du ciel.Il suffit de le décider et...
Ibrahima Diallo, mercredi 7 janvier 2009
D`accord pour une capitale à Dabola ou a la rigueur dans la région de Dabola. Il est nécessaire de décongestionner Conakry et cela poussera et forcera le développement vers l`intérieur du pays. Et cette zone entre Fouta et Haute Guinée est bien située stratégiquement.
BOCAR BAILA LY, mercredi 7 janvier 2009
DABOLA CAPITALE!!Excellente idée!Dans tous les cas il faut envisager de demenager la capitale de conakry.Tres bonne idée.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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