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 | Djamila Néné Khaly Camara |
En cette phase cruciale de l’histoire de notre pays, le Comité national de réconciliation (CNR) s’active pour la paix et la quiétude sociale en Guinée. Notre reporter a rencontré sa présidente qui évoque ses projets et surtout la journée de la paix et de l’unité nationale placée sous la présidence du président de la Transition et du ministère des Affaires étrangères.
L’Indépendant : Parlez-nous du Comité national de réconciliation ?
Djamila Néné Khaly Camara : C’est une structure à but social qui se charge de la sensibilisation du grand public quant à l’apaisement, à l’unité et au dialogue. Donc tous les facteurs qui sont utiles pour le bon fonctionnement de la nation et de la vie citoyenne. La paix qui constitue le facteur de tout développement est notre créneau.
En prélude à la tenue du second tour, la tension est perceptible dans les deux camps des deux finalistes. Votre analyse de la situation ?
A ce niveau, nous ne cesserons de donner à nos concitoyens les mêmes conseils que nous leur donnons depuis des mois. Il y a plus de huit mois que nous sommes sur le terrain, à Conakry et à l’intérieur du pays avec des affiches qui prônent la paix et la sécurité nationale.
A mon sens, je pense que le message passe très bien au niveau de la population guinéenne. Fort est de constater que depuis que nous sommes engagés dans cette voie d’apaisement, je ne pense pas qu’il y ait eu de troubles qui aient fait que nous soyons amenés à reprendre tout à zéro. Je pense que nos messages sont très bien compris par nos compatriotes. Et comme on le dit ‘’penser et penser», il faut continuer à faire véhiculer le message. Donc nous appelons une fois encore les Guinéens à beaucoup de fair-play et de retenue. Et surtout à la préservation de la paix, à l’entente nationale pour que tout doucement, nous allions non seulement vers les élections. Ce qui est moins important, ce sont les résultats. Que tout le monde accepte le vainqueur et que le vaincu aussi soit proclamé comme étant un citoyen de bien et de valable. Nous pensons qu’avec l’esprit de fair-play, le vaincu doit être décoré par l’Ordre national du mérité. Il n’est pas facile d’accepter un résultat. Mais si on accepte tout en reconnaissant qu’on a perdu, je crois que la personne qui le fait mérite un encouragement. Le vaincu aussi est un gagnant, à partir du moment où, il arrive à contenir ses militants. Donc je pense que le message c’est plus qu’au niveau de ces candidats qu’au niveau de leurs militants. Peut- être que quelque part, on fait de trop avec les messages de paix, je ne le sais pas. Le peuple guinéen est un peuple qui est bien. Ici on est très pieux, très religieux. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans d’autres pays et je l’ai toujours dit qu’il m’étonnerait qu’un jour, ces mêmes choses se produisent en Guinée. En Guinée, nous sommes un peuple mûr.
Quels sont vos partenaires sur le terrain en Guinée, à partir du moment où vous-même vous résidez à l’étranger ?
La structure se trouve implantée en Guinée. Nous avons aussi des bureaux sur place. Nous avons un bureau ici à Conakry et un autre bureau qui se trouve à Bruxelles. Tous les deux bureaux sont composés de personnes issues de différentes classes sociales. Nous nous battons en ce moment sur le terrain en Guinée. L’idée vient de la Belgique. Mais tout ce que nous avons entamé comme action sur le terrain se fait ici en Guinée. Donc nous ne sommes pas très loin du pays. Nous effectuons régulièrement des visites à Conakry, comme vous le savez. Nos messages passent régulièrement à la télévision que les gens regardent et apprécient et quelque part nous pourrons dire que nous faisons partie de la scène sociale de la Guinée. Nous participons aussi à notre manière pour que tout se passe bien dans notre pays. Nous en sommes vraiment très fiers même si nous sommes loin de la Guinée.
Parlez-nous de la journée de la paix et de l’unité que vous comptez organiser à Bruxelles ?
En fait cette journée de la paix et de l’unité nationale ne se passera pas le jour de la fête de l’indépendance de la Guinée. Le jour de la fête le 2 octobre nous organisons une journée récréative. C’est plutôt le 16 octobre qu’aura lieu la journée de la paix et de l’unité nationale.
Pour cette journée là nous avons adopté comme thème « la paix et l’unité nationale ». Nous avons invité de très grands conférenciers qui ce jour là, seront là pour expliquer aux Guinéens du Benelux en général, leurs visions de la paix, de l’unité nationale et de la réconciliation. A partir de ce moment, je pense que nous Guinéens habitants en Europe, nous saurons saisir le sens du message que les conférenciers nous donneront ce jour là. A cet événement grandiose, nous avons associé le chef de l’Etat président de la Transition, le Général Sékouba Konaté. Il (le chef de l’Etat), sera le président de la cérémonie. Cette journée nous est très chère parce que cela fait huit mois que nous travaillons sur le terrain pour consolider la paix et l’unité nationale entre tous les Guinéens.
A cette journée, se trouvent être impliquées certaines autorités du pays et celles belges. L’occasion pour moi de remercier toutes ces autorités et surtout le ministère des Affaires étrangères de la Guinée qui nous appuyés dans les préparatifs et pour la réussite de la dite journée. Nous espérons aussi, que de manière générale, beaucoup de personnes s’intéresseront à cette journée inédite. Beaucoup de ministres guinéens sont invités à prendre part à la journée. Pour la soirée du 2 octobre, nous aurons un spectacle géant doublé d’un dîner avec la participation de certains de nos artistes confirmés et le lieu du spectacle sera Eden Park à Bruxelles.
Avez-vous un message d’espoir pour la sortie de crise en Guinée en cette période de transition ?
Qu’on ne doit pas fléchir ! On doit rester unis, on doit rester solidaires contre tout comme par le passé, faire preuve - comme je le dis toujours- de maturité, de sagesse, qu’on soit confiant en l’avenir alors tout se passera bien. Le dernier message que j’ai à faire passer qui n’est pas destiné aux Guinéens en général, mais plutôt aux politiciens, aux autorités qui sont concernés : ce serait éventuellement de décorer donc celui qui serait vaincu à l’issue du vote du 19 septembre 2010. Ce candidat perdant doit être décoré de la médaille de l’Ordre national du mérite.
Si le vaincu arrive à reconnaître sa défaite, ça sera une très bonne chose. Je pense que ce dernier est vraiment méritant. Si toutefois le vaincu arrive à maîtriser ses militants contre toute attaque ou pagaille et bien nous appelons de tous nos vœux la chancellerie de l’Ordre national du mérite à décorer ce candidat pacifique. Il y a beaucoup de gens ici qui sont décorés et qui certainement ne méritent pas leur médaille. Si le candidat vaincu ne pose rien comme acte qui puisse troubler la paix et la quiétude sociale, je pense bien qu’il mérité d’être décoré.
Propos recueillis par Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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