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Le mardi 17 novembre, le ministre des Sports, F. Isto Keïra, a pris la décision de dissoudre le Syli national A ainsi que son staff technique. Une décision qui, de l’avis des observateurs avertis, n’est en réalité que l’arbre qui cache la forêt de confusion et d’improvisation dans laquelle le football guinéen n’a cessé de se prélasser...
En Guinée, comme dans la plupart des pays du monde, le football reste incontestablement le sport roi. C’est pourquoi les victoires de ses équipes nationales et celles de ses clubs de football sont toujours suivies de manifestations de joie aussi bien dans la capitale que dans les villes et villages de l’intérieur. Les défaites des formations guinéennes sont vécues par contre comme une humiliation à l’échelle nationale. Le Syli national A, le porte-étendard du football guinéen, vient de se faire éliminer de la CAN et du Mondial 2010, à la grosse déception de ses nombreux supporters. En mars 2009, à l’entame du troisième et dernier tour des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010, les Guinéens, dans la écrasante majorité, ont légitimement caressé l’espoir de voir leur onze national arracher au moins sa qualification pour la première compétition (CAN). Mais malheureusement, les choses ont plutôt mal tourné pour la bande à Pascal Feindouno. En six rencontres, le Syli national s’est incliné cinq fois et n’a pu remporter qu’une seule victoire. Le 14 novembre, au compte de la dernière journée des éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010, le duel des Eléphants a nettement tourné à l’avantage des Ivoiriens qui n’ont eu aucun mal à battre copieusement les Guinéens sur le score de 3 buts à 0 au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Comme conséquence, le Syli national de Guinée ne sera pas en Angola pour participer aux phases finales de la 27e édition de la coupe d’Afrique des nations. Sous d’autres cieux, les autorités en charge des Sports ne se poseraient pas trop de questions pour faire leur mea-culpa en acceptant sagement de rendre le tablier. Au lendemain de cette élimination du Syli national, Fovéa Iso Keïra, au lieu de prendre la courageuse décision de démissionner de son poste de ministre des Sports, a curieusement préféré dissoudre le Syli national A ainsi que son staff technique. De l’avis de bon nombre d’observateurs, cette dissolution du onze guinéen fait plutôt penser à l’histoire du « médecin après la mort ». Ces dernières années, l’on a constaté, avec beaucoup de regret, que rien ou presque n’a été entrepris concrètement et sérieusement pour tirer le football guinéen vers le haut. Le ministère des Sports et la Fédération guinéenne de football n’ont pas fait preuve d’efficacité ni d’innovation dans la gestion du football en général et celle du Syli national A en particulier. L’indiscipline et l’irresponsabilité de certains joueurs auront été également les maîtres mots au sein de l’équipe nationale. Sans oublier les changements fréquents au niveau de l’encadrement technique : trois entraîneurs en six rencontres (Robert Nazareth, Titi Camara, Mamadu Soirée). En prenant ses fonctions, le ministre Isto Keïra avait pourtant fait de la qualification du Syli pour la CAN angolaise l’une de ses priorités. Maintenant que ce rêve légitime s’est brisé au stade Félix Houphouët-Boigny, il aurait dû tirer, en toute responsabilité, les leçons qui s’imposent en pareille circonstance. Les joueurs du Syli national ne devraient pas être les seuls à faire les frais de ce qu’il convient d’appeler la gestion scandaleuse du football guinéen. La Fédération guinéenne de football et le ministère des Sports devraient eux aussi rendre des comptes. Au lieu de chercher désespérément des boucs émissaires dans cette affaire qui est loin d’honorer le football guinéen, la Féguifoot et l’autorité de tutelle feraient œuvre utile en se remettant en question dans l’intérêt des amoureux du cuir rond que compte la Guinée.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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