vendredi 16 avril 2010
Discours liminaire d'Almamy Ibrahima Barry sur l'évolution du processus électoral

« Chers amis de la presse nationale,

Chers amis de la presse internationale,

Chers invités,

L’heure du réveil a sonné. 52 ans de souffrance et de misère, c’en est assez pour le peuple de Guinée !

Les Guinéens veulent le changement, et le vrai changement. Mais il faudrait aller plus loin, la Guinée a besoin d’une rupture avec le passé : une rupture dans la manière de penser, et une rupture dans la manière de gouverner.

La prochaine élection présidentielle sera l’occasion donnée à tous les Guinéens, de porter à la magistrature suprême celui qui, à leurs yeux, pourra instaurer cette rupture. Cette élection sera inédite et s’inscrira dans notre histoire comme la première élection démocratique depuis l’accession de la Guinée à l’indépendance. Elle doit tourner une nouvelle page de l’histoire de notre pays et consacrer la souveraineté du peuple et de ses aspirations les plus profondes.

Mais, pourtant, à dix semaines seulement du premier tour de l’élection présidentielle, nous constatons, avec amertume, que le processus de révision du fichier électoral est loin de répondre aux attentes des populations.

Le recensement des Guinéens de l’intérieur comme de l’extérieur présente, en effet, des insuffisances alarmantes.

Les Guinéens recensés à l’extérieur ne comptent pas plus de 5% de leur potentiel électoral, pendant qu’un grand nombre de Guinéens de l’intérieur réclament encore leur enrôlement. On constate, par ailleurs, de graves irrégularités en tout genre depuis la publication des listes électorales provisoires.

Aujourd’hui, il apparait très clairement que la composition et le mode de fonctionnement de la CENI présentent des limites qui menacent dangereusement la réussite du processus électoral.

Pour cette raison, il est important de procéder, sans délai, à une restructuration de l’institution qui permettra d’en assurer un meilleur contrôle et de garantir son efficacité.

Ce n’est qu’ainsi, que nous pourrons aller vers des élections libres, crédibles, transparentes et donc acceptées de tous. Cette restructuration sera l’occasion, par ailleurs, de donner à la CENI une meilleure représentativité de la classe politique dans un contexte pluraliste et démocratique.

Ce bilan ne contribue pas à instaurer un climat de confiance et à garantir plus de transparence autour d’une élection qui se veut historique. Nous voulons écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays ; nous devons donc, pour cela, éviter d’entrer, dans cette nouvelle ère, avec les mauvaises habitudes du passé qui risquent de menacer la paix sociale.

Je partage profondément la volonté affichée du Président de la transition d’aller rapidement vers des élections.

Je partage profondément la volonté de tout un peuple de vouloir installer un Président de la République démocratiquement élu et dans les meilleurs délais.

Je salue le soutien sans faille de la communauté internationale dans la conduite de ce processus électoral.

Mais, nous devons tous prendre conscience que les conditions nécessaires à la tenue d’une élection libre, crédible, et transparente ne sont pas aujourd’hui réunies.

La priorité doit être mise sur l’établissement d’un fichier électoral sécurisé et sans exclusive.

Le prochain Président de la République doit être choisi par tous les Guinéens pour être le Président de tous les Guinéens.

Oui, j’émets de sérieuses réserves sur la tenue de l’élection présidentielle le 27 juin 2010,

Oui, je considère que nous nous acheminons à grands pas vers un report de cette élection,

Oui, je me prononce en faveur du report de l’élection présidentielle.

Seule une annonce officielle de ce report, dans les meilleurs délais, permettra de dégager rapidement des mesures radicales et un chronogramme réaliste pour répondre aux revendications des populations et garantir la tenue d’une élection avant la fin de l’année 2010.

C’est pourquoi, j’en appelle solennellement au Président de la transition, au Chef du gouvernement et à la Présidente du Conseil National de la Transition, pour prendre les dispositions qui s’imposent afin de garantir une meilleure participation des Guinéens.

Chers compatriotes, en marge de cette prise de position sur le processus électoral, je voudrais vous annoncer le soutien spontané et officiel à ma candidature de deux formations politiques, présentes ici à mes côtés : le Parti Guinéen du Travail représenté par Monsieur Camara et l’Union des Forces Nouvelles de Guinée représentée par Monsieur Bangoura.

Le ralliement de ces deux structures politiques jette les jalons d’une coalition en formation autour de ma candidature.

Cette coalition fera appel à toutes les forces du pays qui aspirent à la rupture dans la manière de gouverner notre beau et cher pays.

Une Nouvelle Guinée va bientôt voir le jour. Cette Guinée doit se construire avec l’apport de tous les fils et de toutes les filles de ce pays, de l’intérieur comme de l’extérieur, quelles que soient leurs croyances religieuses, leur appartenance ethnique ou politique.

Chers compatriotes, l’heure du réveil de la Guinée a sonné.

Levons-nous, l’implication de tous et de chacun est vitale.

Que Dieu bénisse notre cher pays. »


Almamy Ibrahima Barry


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
balawora, samedi 17 avril 2010
Seul ton bonnet dit qui tu est, et de ce que tu deviendra si tu est president de la guinee car deja c`est la trahison des le depart alors les guineens en ont assez et tu sait a partir de maintenant comment le peuple de guinee te prends,et si quelqu`un trahi de ce qu`il est il ne va pas manquer a trahir les autres.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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