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Certains veulent nous faire comprendre que le camp BOIRO a été fait pour les peulhs seulement. Aucun malinké ou d'autres ethnies n'y ont perdu leur vie. C'est être taupe. Au temps de la Révolution, aucune ethnie n'a été épargnée, surtout les malinkés. Ils ont été « tués au camp BOIRO comme des mouches ». Ce terme, je l'ai eu du Colonel Facinet TOURE. A l'aube de l'indépendance, Kouroussa regorgeait de hauts cadres et d'officiers supérieurs: le Général Noumandian KEITA, Namory KEITA, Sangban KOUYATE et autres. Ils ont été décimés par la Révolution sous Sékou TOURE. Les Petit TOURE, Kaman DIABY, KABA Laye, Dabadou KARAMO, Gbéléma Djènè, Ibrahima Khalil MARA, KEITA Fayala, Mory SAGNO, Mathos, Tièkoura ZOUMANIGUI, Capitaine DOUMBOUYA, Lieutenant Ansoumane Bantou CONDE etc. etc. n'étaient pas des peulhs. Les pendus du pont Tombo étaient deux malinkés et deux peulhs: Moriba MAGASSOUBA dit Magass, Kara Souffiana KEITA, Ibrahima BARRY dit BARRY III et Ousmane BALDET (Paix à leur âme). Qui a voulu poignarder Sékou TOURE le 11 Juin 1968, au carrefour Constantin à Conakry, lors de la réception du président Zambien Kenneth KAUNDA ? C'est Tidjane KEITA de Kouroussa, préfecture natale du Prof Alpha CONDE et de CAMARA Laye, Enfant Noir, auteur de DRAMOUS. Les farouches opposants au régime de Sékou TOURE étaient surtout parmi les malinkés en Haute Guinée. Les faits de l'Histoire sont immuables. On ne peut pas les modifier. C'est çà le propre du Malinké. Cela fait partie de nos coutumes et de l'Histoire du Manding : lutter contre l'injustice, même si elle vient d'un parent. L'impartialité est Manding. Sékou TOURE était Manding, mais cela n’a pas empêché les Malinkés de combattre l’injustice sous la Révolution. Prof Alpha CONDE a été condamné à mort par contumace par la Révolution en 1970. Son nom est cité dans la ’’déposition’’ de Alpha Abdoulaye DIALLO Portos (ancien ministre de Sékou TOURE, il s’est vu avec Telli DIALLO au camp BOIRO). C'est ce Alpha CONDE que les anti-malinkés accusent aujourd’hui d'être admirateur du système de Sékou TOURE, parce qu'il est à la tête d’un puissant parti qui fait peur : le Rassemblement du Peuple Guinéen (RPG). En Juin 1991, Prof Alpha CONDE fait sortir un document indiquant l’implication de Hervé Vincent BANGOURA dans l’arrestation de Feu Boubacar Telli DIALLO. Hervé était alors, le puissant ministre de l’information du Général Lansana CONTE et porte-parole du gouvernement. D’après ce document, c’est Hervé V. BANGOURA qui a volé la mallette de M. Telli à Macenta pour l’apporter au Comité Révolutionnaire d’enquête. A l’époque c’était une révélation de taille dans « l’affaire Telli DIALLO ». Pour l’Histoire, le Président du RPG l’a fait et a promis de réparer l’erreur commise sous la première république, si toute fois, son parti le RPG gagnait les élections. Mamadou BA Alias « Banque Mondiale », actuel président d’honneur de l’UFDG ironisait que « B. Telli DIALLO fut un batoula de Sékou TOURE ». La famille Telli DIALLO est témoin de ces faits. BA Mamadou est tranquille, c’est Alpha CONDE qu’on attaque parce que, tout simplement, il n’est pas peulh. C’est trop flagrant de la part des anti-malinkés. Donc, comme je le disais, aucune ethnie n'a été épargnée dans l'affaire Camp BOIRO. C'est cela qui fait dire par beaucoup d'observateurs, que ce n'est pas l'affaire camp BOIRO qui a déchiré le tissu social en Guinée. Certes, l'unité nationale a été éprouvée, mais elle n'a pas été déchirée comme avec le régime du Général Lansana CONTE. Pour preuve à la mort du Responsable Suprême de la Révolution, le 26 Mars 1984, nos militaires n'ont eu aucune peine pour se mettre d'accord et mettre sur pied le CMRN pour diriger le pays à partir du 3 Avril 1984. L'affaire "32 escaliers" ou Evènement de 4 Juillet 1985 D'abord il faut dire que Diarra TRAORE n'était pas du cœur des malinkés. C'est CONTE qui a fait de Diarra un martyr, parce qu'il a ethnisé ce présumé complot. Il pouvait arrêter Diarra et les quelques officiers qui l'entouraient, ils sont tous militaires, ils se connaissent, et il les exécute. Cela n'aurait pas affecté l'unité nationale. Avec sa célèbre phrase "WO FATARA", il en a profité pour faire une épuration ethnique au sein de l'armée. Il a profité aussi pour exécuter sélectivement les anciens dignitaires qui attendaient d'être jugés. Sur le lieu d'exécution au pied du Mont Gangan à Kindia, les victimes parlaient une seule langue : la langue claire de la Savane arborée : N'KO de Soundiata KEITA. Capitaine Fodé Komoya CAMARA, le chef tortionnaire disait : « Vous les malinkés, vous allez voir cette fois-ci ». Commandant Alhousséni FOFANA, Chef de la Commission d’enquête : « Nous allons exterminer l’ethnie malinké, nous irons chercher la semence au Mali si le besoin se fait sentir ». Colonel Facinet TOURE, l’épine dorsale du CMRN, alors ministre résidant à Nzérékoré : « Nous avons tué les mauvais malinkés pour construire la Guinée avec les bons malinkés ». Mais le Général Lansana CONTE est un excellent manipulateur. Il s'est arrangé à ce qu'aucun officier soussou ne soit de la partie. Les officiers d'exécutions sont : Capitaine Mamadou BALDET, à l'époque ministre de l'intérieur, Commandant Ousmane SOW ministre de la Défense, et Capitaine Ibrahima Sory DIALLO, Commandant de la zone militaire de Kindia. Ils étaient tous animés d’un esprit de vengeance. Voilà encore un point de départ du malheur guinéen, de discorde de l'unité nationale. CONTE a su opposer les deux principales ethnies de la Guinée, peulh et malinké. Diviser pour régner. Ces trois officiers supérieurs Mamadou BALDET, Ousmane SOW et Ibrahima Sory DIALLO, naïfs et irresponsables qu’ils sont, ont accepté de jouer ce rôle destructeur de l’unité nationale. Ceux qui veulent les défendre parce qu'ils sont leurs parents, n'ont qu'à s'en prendre à leur sottise. Ils ont été irréfléchis. Chaque fois qu'on parlera de l'affaire Diarra TRAORE, ils seront sinistrement cités, car ils ont agi hypocritement, en acceptant d’exécuter un rôle aussi inculte. Si les anciens dignitaires étaient jugés publiquement, nous allions tous connaître aujourd’hui, les réalités sur la répression sous la Révolution, à la satisfaction certaine des parents et amis des victimes. Mieux, leur acte a divisé l’armée. Pour preuve aujourd'hui c'est que l'armée guinéenne est incapable de se mettre d'accord pour déposer le mourant de Wawa, à l'instar des autres armées de la sous-région, elle est plus que divisée. Quand le vin est tiré, il faut le boire. C'est ce qui est arrivé aux Guinéens. Il nous revient, nous les guinéens, de gérer cette douloureuse situation que nos deux présidents, Sékou TOURE et Lansana CONTE, nous ont léguée. Au lieu de continuer à accuser les autres, à nous entredéchirer, à nous insulter. Cela ne nous enverra nulle part, sauf à la guerre civile qui ne profitera à personne de nous. Ibrahima Khalilula Diakite dit « Angbansandé »
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