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Le Directeur national des Douanes Alpha Yaya Diallo a été interpellé jeudi dernier puis écroué au quartier général de la junte. La restructuration opérée au sein de la boîte par la Direction n’aurait pas été du goût du capitaine Moussa Dadis Camara.
Décidément, l’idylle entre le chef de la junte le capitaine Moussa Dadis Camara et les différents directeurs généraux qui se succèdent à la tête de la Douane guinéenne ne dure jamais longtemps.
Après Mamady Touré, qui fut limogé de façon spectaculaire au Palais du peuple en mai dernier, lors d’une réunion entre la junte et les Forces vives, son successeur Alpha Yaya Diallo file en ce moment du mauvais coton. Pour avoir révoqué certains cadres de la Direction nationale des Douanes, il a été interpellé puis écroué au camp Alpha Yaya de Conakry le 31 juillet dernier.
Mamady Touré lui, avait été évincé pour avoir plaidé en faveur de l’institution d’un Statut particulier pour les gardiens de l’Economie nationale.
C’est le remplacement d’une certaine Hadja Saran Kaba, qui assumait jusque là les fonctions de vérificatrice générale des douanes à son poste qui aurait surtout attiré des ennuis au Directeur général des Douanes. Le chef de l’Etat mis au parfum de la nouvelle aurait convoqué M. Alpha Yaya Diallo pour lui demander de revenir sur sa décision. Celui-ci aurait affiché un niet catégorique en menaçant de rendre le tablier face aux injonctions de Moussa Dadis Camara. Cette réaction du Directeur général des Douanes perçue comme un affront voire un crime de lèse-majesté par la Présidence a valu à Alpha Yaya Diallo de se retrouver en cellule. Il sera libéré le 1er août sans que cet incident ne lui coûte pour le moment son poste.
Dans un pays où même des décrets présidentiels ont été rapportés aussi bien sous la deuxième République que depuis l’avènement de la junte au pouvoir en décembre 2008, le fait d’avoir demandé des comptes au Directeur national des Douanes pour un simple remue-ménage survenu au sein de la structure n’a rien de surprenant. Dadis qui semble accorder trop de soucis pour son image aux yeux de l’opinion nationale et internationale n’hésite pas à revenir sur certaines décisions présidentielles dès qu’elles sont jugées impopulaires. Ce fut le cas avec les prix de la taxe unique sur les véhicules (TUV) que le chef de la junte avait réduits considérablement, passant de 300 mille francs guinéens à 100 mille francs guinéens, pour répondre à la doléance des chauffeurs.
Pour revenir au cas du Directeur national des Douanes, il conviendrait de noter qu’il fait partie du cercle des intimes de Dadis. Les deux auraient fréquenté la faculté de l’Economie de l’université de Conakry ensemble.
Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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