lundi 18 mai 2009
Diatribes présidentielles : Après les partis politiques, le tour des syndicats
Syndicalistes

Le mouvement syndical guinéen  a été quasiment pris à partie par le Capitaine Moussa Dadis Camara lors de son premier tête-à-tête avec les médias guinéens. Le chef de l’Etat guinéen n’entend pas leur donner l’occasion que son prédécesseur leur a donnée.

Le président guinéen Capitaine Moussa Dadis Camara a mis à profit sa conférence de presse du 10 mai dernier pour égratigner le mouvement syndical guinéen. «Sous l’ancien régime, le syndicat avait fini par absorber l’Etat. », a-t-il affirmé à la RTG Koloma devant un parterre de journalistes tout yeux tout oreilles.

Aujourd’hui, il estime « qu’il ne faut pas donner trop de kilos au syndicat qui est d’ailleurs membre de la Société civile », ajoute le chef de l’Etat qui réagissait ainsi à la proposition des  « Forces vives » en général et des partis politiques en particulier, d’accorder 20 sièges au mouvement syndical au sein du Conseil national de la Transition (CNT). Ce qui pourrait préfigurer une bataille sans merci entre le CNDD et les « Forces vices » pour le contrôle des 115 sièges de l’organe législatif de la transition.

Le Capitaine Moussa Dadis Camara a d’ailleurs enfoncé le clou en prévenant « qu’il n’y aura plus de grève ». Il précise à l’attention des syndicats désireux de déclencher une grève que le « Gouvernement leur montrera le tableau de bord de l’économie guinéenne». Histoire de les amener à jauger les moyens de l’Etat par rapport à leurs revendications. « Le précédent régime a donné l’occasion aux syndicats », a conclu le chef de la junte militaire guinéenne.

En effet, le capitaine Moussa Dadis Camara a encore en mémoire les deux grèves générales organisées par l’inter-centrale CNTG-USTG élargie à l’ONSLG et à l’UDTG, respectivement en juin 2006 et janvier-février 2007. La réaction de l’armée et de la police, qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants ayant déferlé par milliers dans les rues du pays, avait fait des centaines de morts et plus d’un millier de blessés graves.

Les victimes et leurs familles attendent toujours l’enquête sur ces événements populaires qui avaient fortement ébranlé le régime de feu général Lansana Conté, décrit jusque-là comme une forteresse imprenable. Le Capitaine Moussa Dadis Camara n’ignore donc pas la capacité de mobilisation ou de ‘’nuisance», c’est selon, des syndicats. Par conséquent, il n’entend pas se laisser surprendre par le rouleau compresseur du mouvement syndical guinéen.

Soixante douze (72) heures après, les propos du président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) suscitent une polémique sur fond d’inquiétude. Déjà à couteau tiré avec les leaders politiques qu’il accuse de déstabiliser son régime auprès de la Communauté internationale, le Capitaine Camara ouvre le feu contre le mouvement syndical.

Les risques d’un dialogue de sourds…

Selon certains critiques, l’objectif visé par le chef de l’Etat est d’amener syndicats et partis politiques à « mettre de l’eau dans leur vin » par rapport à la durée de la transition. Pendant que ces deux entités veulent les élections présidentielles en décembre 2009, le chef de l’Etat et le CNDD semblent voir rester plus longtemps pour disent-ils nettoyer la maison.  

L’ouverture par le chef de l’Etat de ces deux fronts n’est pas de nature à apaiser une transition qui requiert la compréhension mutuelle entre tous les acteurs politiques et sociaux de la Guinée. On se rappelle que les évènements tragiques de janvier-février 2007 sont la résultante du dialogue de sourds entre la classe syndicale et le régime du général Lansana Conté.

A l’époque, l’Etat avait misé sur sa force répressive alors que la gravité du moment invitait plutôt  à la retenue et à la pondération. De nombreux observateurs de la scène nationale pensent que l’actuel président devrait cultiver ces vertus pour mener à bon port sa mission. Encore que le peuple de Guinée s’est pris à lui faire confiance dès son avènement au pouvoir le 23 décembre dernier.   Déjà, la Communauté internationale pour ne pas dire le monde entier observe la Guinée qui ne doit pas manquer cet autre rendez-vous avec l’Histoire. Le défi majeur étant à cours terme la réussite de la transition engagée sous les auspices du CNDD suite à la mort du général Lansana Conté le 21 décembre dernier après près de 25 ans de règne sans partage.

 


Talibé Barry  
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
goerges konate, mardi 19 mai 2009
J`aborde dans le meme sens que M. Kamara que je respecte beaucoup, si nous voulons une transition apaisée toutes les bonnes volontés sont les bien venues au sein du CNT( parole d`un president lucide). En tout cas, il ne faudrait pas creer des astuces, pour accuser n`importe qui, un gouvernement regionaliste ne pourra decrocher rien au pres de la communuaté Internationale. Nous guineens on se connait a suffisance, nous avons tous frequenter ensemble, les bancs, l`armée, la police, la gendarmerie,nous connaissons la merite de tout un chacun de nous. Le CNDD doit favoriser le respect des droits des citoyens, l`orgainisation des elections transparentes, c`est seulement ca que nous voulons pas d`autres choses. Le CNDD doit arreter cette justice parallele au camp Alpha Yaya.
OUAMOUNO DAVID, mardi 19 mai 2009
Il ya du vrai dans ce que Daddis dit. les syndicats, leur role devrait se limiter à la defense des droits des travailleurs. Mais aller jusque sur le terrain politique, cela est une violation de leurs attributions. ou bien tout le peuple de Guinée est travailleur? c`est vrai qu`à un moment donné, les partis politiques avaient baissés les bras et le peuple avait besoin de leaderships pour mener le combat. Mais aujourd`hui, les partis politiques ont refait surface, il appartient aux syndicats de quitter le terrain politique, si réellement nous envions un etat de Droit. a bon entendeur....!
batemady, lundi 18 mai 2009
Dadis cecherche des boucs emissaire pour faire volte face. Il a certes prmis de quiter mais il ne veux et il ne peux pas. Car ce n`est pas lui qui decide en definitive la cession ou non du pouvoir. Il n`est que le symbole de ce pouvoir. Les vrais detenteurs ( example Claude PIVI) sont dans l`ombre. Dadis cherche un moyen pour assujetir la socite civile. GUineen , Syndicat, societe civile et partie politique. Dadis ne veut pas rendre le pouvoir en tout cas pas de gré Il faut le lui arracher
kamara, lundi 18 mai 2009
Il ne peut que s`attaquer a des gens pareils pour masquer ou trouver un bouc emissaire. Il (DADIS) n`a jamais consulter ces gens (policicens et syndics) pour former son gouvernement ,il n y a pas de honte a reconnaitre son erreur et d`ailleurs reconnaitre ses tares sont des qualites et non des defauts a ce que je sache,donc il ne pourra pas trouver d`aide au pres des gens qu`il accuse a tort d`etre a la base de ses deboires. Le gouvernemnt qu`il a refuser a son Pm aurait peut tre mieux servi que d`avoir des gens occupes des positions qui n`ont rien a avoir avec leur back ground,un gouvernement de crise se forme avec des gens aux carnets d`addresse bien fournies et non des gens n`ayant pas de carnet de plus de deux numeros de telephones directs. On utilise des gens qui savent faire obtenir quelque chose et non des copains incapables. je vois tres mal lle couple banque et finance par exemple decrocher quelque chose de serieux au pres la BM ou FMI il fuat quand etre serieux dans ces choix et surtout tenir compte des moments. Les politiciens qui aspirent a quelque chose dans ce pays ne pourront pas s`associer pour la simple et bonne raison qu`ils peuvent etre humilier a tout moment alors pour quoi s`immoler vif pour un poste. Si le comportement d`une personne est a la base de ses malheurs il trouvera difficilement solution a ses malheurs. Les syndicalistes qui ont braves le president CONTE ne pourront jamais etre reduits a rien dans pays quand meme. L`heroisme qu`ils ont fait montre demontre a suffisance leur valeurs et pendant ce temps aucun porteur de fusil n`avait ose immiter la temerite des syndicalistes. Le discours irresponsable sur l`EQUILIBRE ethnique est aussi un autre goulot pour DADIS ,si par bonheur la sortie de l`orniere de la guinee doit etre le fait d`une centaine de guineens tous venant du meme village et parlant la meme langue eth ben que cela arrive parce que le bonheur qu`ils creeront ne sera pas l`exclusivite de leur village . Il faut tout simplement etre lucide monsieur le PRESIDENT.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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