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La journée internationale de la liberté de la Presse a été célébrée en Guinée, sous le thème : « Presse libre et responsable ». C’est le Novotel qui servira de cadre à la cérémonie organisée, à cet effet, par le Conseil National de la Communication ( C.NC ). C’était le 2 Mai dernier. La cérémonie a réuni des journalistes de la Presse nationale et d’autres invités de marque dont le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de L’Information, Issa Condé. Après le discours de Monsieur le président du CNC, Tibou Kamara, qui campera l’événement dans son contexte historique, non sans définir ce que sera son programme d’activités durant son mandat, des interventions seront faites, notamment par Boubacar Bah du CNC qui fera l’historique de l’institution et invoquera les difficultés auxquelles celle-ci a été confrontée - au cours des années précédentes - dans la conduite de sa mission. Le problème logistique y tient une place préoccupante. Suivra l’exposé du chargé de Communication de l’ambassade des USA, sur la liberté de la Presse dans le pays de l’oncle Sam. Bien d’autres interventions soumises aux débats suivront. Le clou de la cérémonie sera la remise de satisfecit aux pionniers de la Presse libre, ceux qui sont impliqués pour que l’espace d’expression libre soit une réalité sous le régime actuel et qui y sont parvenus, aux prix de mille efforts. Au nombre des récipiendaires, figure Monsieur Aboubacar Sylla, le fondateur du Groupe de Presse l’Indépendant dont l’apport à l’épanouissement des médias autant publics que privés se passe de commentaire. En revenant sur le thème du jour : « Presse libre et responsable » un éclairage s’impose, d’autant que bien des dérapages, tant du côté des autorités que des journalistes, suscitent des interrogations sur cette liberté parfois sujette à polémiques. Une presse libre n’étant pas forcément une presse débridée, il y a lieu de comprendre que la liberté dont il s’agit est bien relative. Faudrait-il en déduire que le premier garde-fou contre tout « excès de presse » est la responsabilité du journaliste dans le traitement de l’information ? A ce niveau, la perception que l’on a d’un événement d’actualité doit être mue moins par la recherche du sensationnel que par la vertu de la responsabilité, sans laquelle l’exercice du métier perd tout son sens. Une presse qui ne dérange pas est médiocre, celle qui dérange trop est ennuyeuse. L’objectif visé étant de rester dans le cadre de l’objectivité. Le ridicule, c’est de se mettre au service d’une cause. La tâche y devient d’autant une corvée de reconnaissance à l’endroit de la cause, que même si l’absurdité de celle-ci devenait manifeste, l’on ne pourrait en dire que du bien. Ce genre de journalisme qui a fini par ternir l’image de la Presse guinéenne est, malheureusement, celle qui ouvre tous les râteliers aux parasites de la plume. La Guinée a autant besoin d’une presse libre et responsable que de journalistes formés. Bien des errements dans le traitement de l’information étant aussi bien imputable à l’ignorance du métier qu’aux harcèlements des diables de la survie. Il faut bien s’accrocher à toutes les opportunités pour éviter le chômage. Encore, faudrait-il avoir un bon niveau pour tirer son épingle du jeu ? Bien des journalistes en Afrique sont devenus, par la force des choses, de véritables guignols au service des causes perdues, fréquents sur tous lieux pour ramasser des expédients. De quoi ternir l’image de la profession. Ceux qui convoitent leurs services ne sont pas moins médiocres. Les hommes politiques, en difficulté, sont des cibles privilégiées. La plupart de ces poisseux s’encombrent de charlatans et de plumes bon marché. Quand la compétence n’est pas au rendez-vous, l’on ne ménage rien pour sauver ses pédales. Le destin est très généreux en Guinée, il a toujours fait du produit local de la dernière fabrique, une ressource humaine de premier rang. La médiocrité à l’honneur ! Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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