Lors des obsèques de Mohamed Sylla dit « Socrates », notre reporter a pu recueillir les sentiments de Fodéba Isto Keira, ministre des Arts et de la Culture. A chaud…
Le Démocrate : Vous venez d’assister à l’enterrement de Mohamed Sylla « Socrates ». Quels sont les sentiments qui vous animent monsieur le ministre suite à cette disparition de l’ancien capitaine du Syli nationale ?
Fodéba Isto Keira : Il faut dire que c’est un sentiment d’émotion, de grande consternation, c’est une grande perte pour la Guinée. Parce que Mohamed Sylla ‘Socrates’ représentait une figure du foot- ball guinéen ces dix dernières années et il a été capitaine de l’équipe nationale. Je l’ai connu dans les clubs informels de Landréya. Le premier club dans lequel il a joué c’était le ‘’Rasta fari». Puis il a été à la sélection nationale cadette avec Chérif Souleymane qui l’a découvert. Il avait été découvert en première position par Aly Badara Camara alias Diass. Je profite de votre journal pour présenter mes condoléances à sa famille biologique et à sa famille professionnelle que représentent les footballeurs guinéens. Ce n’était pas une ambiance carnavalesque mais une ambiance à la dimension de l’événement c’est-à-dire la tristesse qui se lisait sur tous les visages. Vous avez vu la grande mobilisation du gouvernement à cette occasion. Le Premier ministre est venu à la morgue pour assister à la levée du corps et quatre ministres conduits par le ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères.
Il a commencé avec des jeunes comme Mohamed Soumah, son grand frère Fifi que j’ai vu hier était un éminent footballeur. Puis le jeune Aboubacar Fernandez, c’étaient des enfants qui faisaient un football champagne. Depuis, je le remarquais parce qu’il méritait le sobriquet qu’il portait « Socrates ». Vous savez « Socrates » a été un des brillants footballeurs Brésiliens des années ‘1980’. Mohamed Sylla « Socrates » a été découvert par Chérif Souleymane, il a fait partie du contingent guinéen pour la Coupe du Monde des Cadets en Chine avec les Titi Camara, Edgard Babara, Salam Sow…. Ensuite, il a été sélectionné au club Hafia et capitaine du Syli pendant plus de cinq ans. Enfin, il a opté pour une carrière professionnelle qui l’a mené au Gabon à l’UFM avec son président Boniface, c’était le tout puissant ministre gabonais à l’époque. Après le Gabon, il est allé en Hollande (Wilhem II) puis en France. Son dernier club a été un club tunisien. Finalement Mohamed Sylla s’est retrouvé entraîneur, c’est là qu’il est tombé malade.
Bientôt les éliminatoires la Coupe d’Afrique 2012. Pensez-vous que la Guinée aura la chance de retrouver ses marques dans cette compétition, après une longue traversée du désert ?
En tant que supporter de l’équipe nationale, je ne peux que donner un pronostic en faveur de la Guinée. Vous savez que j’ai été ministre des Sports et tout n’a pas été rose. Donc je souhaiterais que pour la nouvelle campagne des éliminatoires de la Coupe d’Afrique 2012 que notre équipe puisse briller de mille feux. Je souhaiterais aussi que l’entraîneur qui revient et qui connaît d’ailleurs notre football, Michel Dussuyer, soit rigoureux et responsable. Je crois que c’est un bon choix parce que vous n’êtes pas sans savoir que depuis 1994, la Guinée a été absente de la joute footballistique sur le plan international. Depuis plus de vingt ans elle n’avait pas participé à la CAN et il a fallu Michel Dussuyer, pour que notre équipe d’abord se qualifie et qu’elle puisse décrocher une place pour les quarts de finale. Après, Michel Dussuyer est parti et il avait de petits problèmes. Bon, il était à la recherche d’un diplôme d’entraîneur. Mais vous savez Michel Dussuyer connaît bien l’Afrique, il est prêt à vivre en Guinée. Notre problème, on avait des coachs qui n’étaient pas des sélectionneurs puisqu’ils venaient et repartaient dans le même avion avec les joueurs. Un sélectionneur est celui qui forme les joueurs, les jeunes, les encadreurs et qui vit la température du pays. Et lui, répond à ces critères, ce qui a peut -être prévalu à son choix. C’est moi qui avais pris la responsabilité historique de dissoudre l’équipe nationale suite aux cas d’indiscipline notoire. Des joueurs, qui souvent, venaient à l’internat avec de l’alcool et qui faisaient des trucs qui intriguaient des femmes dans les chambres d’hôtels. Une équipe pour moi est une école. Donc, il y avait cette indiscipline tant au niveau des encadreurs qu’au niveau des joueurs. Cette indiscipline est généralisée au département aussi, malheureusement j’ai quitté, sinon on devait continuer ce nettoyage. Le football guinéen a besoin d’un toilettage et d’ailleurs faire en sorte que les joueurs ne soient plus comme les enfants qu’on a dans la rue. Le foot s’apprend aujourd’hui, c’est une science.
Propos recueillis par Djibril Bah
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com