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VII CONCLUSIONS
Quoique l’élection présidentielle du 27 Juin, 2010, ne fût pas quitte d’accusations de fraude, le procédé a témoigné d’un climat général de paix et d’ordre. Le second tour de l’élection présidentielle programmé pour le 19 Septembre 2010, a été reporté sine die. En analysant le contenu des média locaux, des internautes sur la Guinée, et les discussions de campagne de l’UFDG de Cellou Dalein et du RPG d’Alpha Condé, des risques restent encore que les résultats du second tour de vote ne soient pas immédiatement acceptés par les militants et activistes du parti perdant. Les deux concurrents Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, ont récemment signé un contrat à Ouagadougou pour un second tour apaisé, pour le respect mutuel et pour la bonne conduite. Ils se sont également engagés «à recourir exclusivement aux moyens de droit pour toute réclamation qu’ils viendraient à formuler à la suite de la prolongation provisoire des résultats».
Pour parer à toute éventualité, l’administration de transition dirigée par Général Sékouba Konaté et le Premier Ministre Jean-Marie Doré, doit scrupuleusement prendre toutes les dispositions afin d’aboutir aux résultats du second tour justes, impartiaux et équitables du scrutin par la CENI et la Cour Suprême. Le Général Sékouba Konaté a certainement souscrit sa promesse de céder le pouvoir à un président civil élu. La situation du pays est encore très fragile. Le remède de la fragilité politique a été adressé par les voyages entrepris en Guinée par des dirigeants des pays voisins dont le facilitateur de la crise guinéenne, le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, le sage homme d’état du Sénégal, le Président Abdoulaye Wade. Ont aussi visité la Guinée les chefs d’état de l’Union du Fleuve Mano, le Chairman de l’Union Africaine, Jean Ping, et récemment les membres du Groupe de Contact International pour la Guinée. Tous ces hommes d’état ont voyagé en Guinée pour conseiller la voie de la sagesse aux candidats présidentiels et à leurs associés, la modération et la retenue dans leurs propos de campagne électorale et surtout pour éviter des slogans ethnocentriques, haineux et inflammatoires, et des écarts de langage.
L’ethnocentrisme est proprement réduit par l’urbanisation, le retour de beaucoup de Guinéens exilés, certains étant de fervents défenseurs du libéralisme, et le fait que des pourcentages élevés de jeunes grandissent dans des villes. Par-dessus tout, les débats de campagne devraient être dirigés sur des questions telles que comment dispenser des services de base aux coûts abordables pour les populations, en particulier dans les milieux ruraux, aux femmes, aux enfants et aux groupes vulnérables. Puis les questions de campagne devraient être recentrées sur des sujets tels que comment promouvoir la meilleure gouvernance et moderniser les structures existantes. Et finalement les débats de la campagne électorale ont besoin de répondre aux questions telles que comment résoudre le problème rampant de l’impunité.
Chacun des deux candidats finalistes, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, aura plus à offrir à la Guinée de la deuxième décade du vingt-et-unième siècle que les trois précédents dictateurs. Chacun d’eux devrait utiliser plus de modération, de discrétion et de retenue dans les mots, les discours et les conférences de presse, pour apaiser les militants et les activistes surexcités de leurs partis, et les exhorter à s’efforcer de considérer les membres d’autres partis politiques comme des opposants et non des ennemis.
Chacun des deux candidats semble être bien entouré par des dirigeants d’élite de l’arène politique, du monde des affaires et des marchands. Chacun d’eux est supporté par de célèbres pandits politiques aussi bien que d’anciens «prédateurs» de l’économie Guinéenne. Parce qu’ils se partagent l’élite politique, commerciale, et mercantile, les deux devraient démontrer plus de modération et de retenue pour influencer de manière constructive leur suite d’activistes et de militants, en insistant pas trop sur l’issue de «prédateurs» en tant qu’issue centrale de la campagne électorale, ou encore moins mettre l’accent sur l’esprit revanchard contre les «anciens prédateurs». (Une Commission bipartisane et impartiale mise sur pied par l’Assemblée Nationale pourrait examiner cette issue de «prédateurs» après les élections). Nous espérons qu’une victoire claire et nette au second tour du scrutin des urnes contribuerait à créer un gouvernement plus inclusif qui pourrait renforcer l’unité nationale. L’émergence de deux mouvements de coalitions et peut-être leur consolidation en deux grands partis politiques contribuerait à la création d’une politique bipartisane en Guinée qui pourrait assurer la stabilité politique et la voie de l’alternance sécurisante dans l’avenir.
Les attentes des populations du nouveau gouvernement démocratiquement élu sont énormes. Le nouveau gouvernement a besoin de réengager le dialogue avec les partenaires internationaux, pour résoudre la crise économique endémique de la Guinée, pour établir une politique fiscale dans un contexte de programme d’aide humanitaire gelée, pour limiter les insuffisances de revenus, et écarter les craintes que les contrats existants avec les compagnies minières et d’autres investisseurs ne seront pas respectés. Sous la junte militaire, l’adjudication, la confirmation, la révision et même la finalisation d’engagements contractuels étaient devenus très arbitraires, avec des menaces de s’emparer des projets miniers et cela était souvent motivé par des relations personnelles. Finalement il n’est pas clair quel impact, aurait-il sur la politique économique du pays, un récent accord portant sur une affaire de plusieurs milliards de dollars Américains, signé entre la junte militaire et une compagnie Chinoise et Angolaise? Le nouveau gouvernement devrait revoir tous ces contrats pendants, pour renégocier les termes.
Etant donné la disponibilité limitée des devises étrangères, (à présent équivalentes à la couverture des importations à moins d’un mois) et la baisse attendue de l’entrée des devises étrangères, le nouveau gouvernement pourrait être tenté d’imposer des restrictions encore une fois comme l’avait fait la junte militaire. Ce ne serait point une bonne décision parce qu’elle serait restrictive des affaires.
L’instabilité politique, la mauvaise gouvernance, la réduction d’aide des partenaires en développement, et l’effet négatif du ralentissement économique global sur l’industrie de la bauxite et les exportations d’alumina, ont tous contribué à créer un environnement économique difficile. Quoique l’instabilité politique ait été réduite pour le moment où il ya eu un gouvernement d’union nationale et de transition, l’histoire de volatilité et d’inconsistance gouvernementale continuera à influer sur les évènements et les perspectives économiques du pays. Le pire serait si la Guinée devait faire l’expérience d’une indécision prolongée résultant de la polarisation des deux candidats ou d’autres manœuvres, la confusion subséquente pourrait aussi bien entraîner une autre intervention militaire, sous l’apparence ou le masque de restaurer la stabilité politique et un gouvernement fort qui brutalise, frappe, emprisonne, et tue les citoyens et citoyennes. La Guinée serait malheureusement retournée encore à une période de mauvaise administration et d’état voyou, accompagnée par l’isolation régionale et internationale. Pour éviter cet aboutissement, d’une part, la CENI et par dessus tout Général Sékouba Konaté, le Chef d’Etat par intérim et son gouvernement dirigé par Premier Ministre Jean-Marie Doré, ont besoin d’éviter les irrégularités de telle sorte que d’importantes foules de l’électorat loyal soit à l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, soit au RPG d’Alpha Condé, n’aient pas à s’en prendre à la rue. De l’autre côté, nos deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, ont également besoin d’exercer beaucoup de retenue et de modération dans leurs discours de campagne électorale et dans les conférences de presse pour apaiser leurs audiences de militants et d’activistes, en plaidant leur cause avec beaucoup d’humanisme à l’Africaine.
Aguibou Mouké Yansané, Berkeley, USA
www.guineeactu.com
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